« Nous allons participer à cette élection et nous allons gagner », a déclaré M. Navalny, ovationné par ses partisans, juste après être descendu avec sa femme Ioulia du train de nuit arrivé de Kirov, à 900 km à l’est de Moscou. Figure emblématique de l’opposition, M. Navalny avait été jugé dans cette ville pour détournement présumé de millions de roubles et condamné jeudi à cinq ans de camp, au terme d’un procès vivement dénoncé par l’Occident et que l’opposant lui-même qualifie de politiquement motivé et visant à le faire taire. Orateur efficace contre le président russe Vladimir Poutine, M. Navalny a été arrêté dans la salle même du tribunal, mais a bénéficié d’une libération surprise quelques heures plus tard en attendant l’examen de son appel.
Samedi soir, lors de sa première interview accordée à la chaîne de télévision indépendante Dojd, M. Navalny a appelé à l’aider dans la « bataille » pour ce scrutin. « Notre état-major s’agrandit, nous avons plus de volontaires et j’appelle tout le monde à venir et nous aider à participer à la politique réelle, à une bataille réelle pour les voix des gens aux élections », a-t-il ainsi déclaré. « Si vous avez peur du loup, n’allez pas dans la forêt », a encore dit l’opposant qui doit affronter, lors du scrutin le 8 septembre prochain, le maire sortant Sergueï Sobianine, un proche du président Vladimir Poutine nommé par décret en 2010. « Je pourrais être arrêté avant les élections, après les élections... Mais si on y pense tout le temps, on ne pourra jamais rien atteindre », a-t-il ajouté.
Cependant, même si M. Navalny promet à ses partisans de remporter la mairie de Moscou, les analystes restent sceptiques sur ses chances de victoire. Ainsi, M. Navalny devrait obtenir 8 % des voix à ces élections municipales, alors que M. Sobianine est crédité de 78 % des suffrages, selon un récent sondage du centre indépendant Levada. En outre, alors qu’il a aussi affiché son intention de briguer la présidence du pays en 2018, toute condamnation, si elle est confirmée en appel, rendra M. Navalny inéligible.
Par ailleurs, la police de Moscou a annoncé samedi avoir ouvert une enquête criminelle pour vandalisme après l’apparition sur les murs du Parlement de graffitis « insultants » visant M. Poutine. « Poutine est un voleur » et « Poutine est un gay » ont été écrits sur les murs et les fenêtres du rez-de-chaussée de la Douma, et des dizaines d’étiquettes rouges portant le nom de M. Navalny y ont été collées.
(Source : AFP)


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