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Liban

La sécurité des députés désormais amputée de plusieurs éléments

Je.J.

La décision de retirer « les éléments subsidiaires des FSI » chargés d’assurer la protection des personnalités politiques a eu l’effet d’une bombe hier sur les députés du 14 Mars, qui n’ont pas attendu pour réagir. Dans un communiqué, les leaders du 14 Mars ont vivement critiqué cette mesure, accusant le gouvernement de chercher « à encourager les criminels et les commanditaires des assassinats politiques ».
Prise à l’unanimité des membres du Conseil central de sécurité présidé par le ministre de l’Intérieur, la décision, qui avait également touché il y a quelque temps un certain nombre de magistrats, a été justifiée par le bureau de presse du ministre Marwan Charbel par le fait qu’« elle est, d’une part, contraire au décret numéro 2512 relatif à l’organisation et à la protection de certaines personnalités, et d’autre part, elle est motivée par le besoin de renflouer les gendarmeries en effectifs et d’envoyer certains éléments en formation professionnelle ». Le ministre précise que conformément aux textes, « la protection des personnalités est assurée par les éléments de la Sûreté de l’État uniquement ».
Il faut rappeler à ce propos que les députés bénéficient au départ d’un nombre d’éléments de la Sûreté de l’État (cinq en moyenne pour chaque député) en plus de plusieurs éléments des FSI qui leur ont été affectés par la suite pour veiller à leur protection sur leur lieu de résidence, lors de leur déplacement, et sur le lieu de travail.
Le communiqué du ministère de l’Intérieur précise toutefois que les membres du Conseil central de sécurité ont convenu de demander à la direction des FSI une liste des personnalités politiques qui ont effectivement besoin de maintenir cette protection, et ce en coordination avec la direction de la Sûreté de l’État, et de soumettre des propositions en ce sens au Conseil central lors de sa prochaine réunion.
Sitôt la décision prise, les responsables du 14 Mars ont demandé dans un communiqué au Conseil central de « revenir immédiatement » sur sa décision et de restituer aux députés les gardes qui leur étaient affectés.
« À défaut, précise le communiqué, c’est l’ensemble des membres du Conseil central de sécurité et le ministre de l’Intérieur personnellement qui assumeront la responsabilité de tout préjudice ou malheur que subirait un député ou n’importe quelle autre personnalité du 14 Mars. » Et d’ajouter que « cette décision est en contradiction totale avec le climat sécuritaire dangereux qui prévaut dans le pays de l’aveu même du ministre de l’Intérieur ».
Les forces du 14 Mars se demandent par ailleurs « quelles sont les mesures alternatives que le ministère de l’Intérieur a décidé de prendre pour protéger les forces politiques démocratiques qui n’ont foi que dans les armes légales ».

Ahmad Fatfat
et Nadim Gemayel
Premier à dénoncer cette décision, le député et ancien ministre de l’Intérieur, Ahmad Fatfat, a confié à L’Orient-Le Jour que ce n’est qu’après avoir tenu une conférence de presse que la décision le concernant a été revue et rectifiée, le ministre de l’Intérieur l’ayant personnellement contacté pour lui préciser qu’elle ne s’applique pas à lui, puisqu’ « en sa qualité d’ancien ministre qui était chargé de dossiers sécuritaires sensibles, les nouvelles mesures ne s’appliquent pas à lui ».
M. Fatfat pourra ainsi continuer à bénéficier de la présence de six éléments des FSI et de cinq autres relevant de la Sûreté de l’État, chargés, dans le cadre d’un système de rotation, d’assurer sa sécurité et celle de sa famille.
L’exception dont pourra bénéficier le député ne va toutefois pas l’empêcher de continuer à dénoncer cette initiative, « par solidarité avec ses collègues politiques », confie Ahmad Fatfat à L’Orient-Le Jour.
« Si un député ne peut pas s’offrir une sécurité privée, devrait-il risquer la mort pour autant ? » s’est interrogé M. Fatfat, qui affirme que les députés « n’ont pas les moyens financiers de se permettre de s’autoprotéger, surtout que leurs salaires n’ont pas été augmentés depuis très longtemps », les parlementaires « n’ayant même par perçu l’augmentation de la cherté de vie ».
Plus virulent dans sa réaction, le député Antoine Zahra s’est demandé, en ironisant, « à quoi vont donc servir les éléments (des FSI) qui nous ont été ôtés ? À faire plus de contraventions ? » .
Rappelant le danger qui plane sur les personnalités du 14 Mars « dont plusieurs ont été la cible d’une série d’assassinats politiques », le député s’est encore interrogé : « Que veulent-ils exactement, que nous nous transformions en milices pour assurer notre protection ? »
Prié de dire pourquoi, selon lui, les députés du Hezbollah, qui semblent aujourd’hui tout autant menacés, comme l’ont montré les dernières explosions qui ont visé des convois du parti, n’ont pas contesté cette décision, M. Zahra répond sur un ton offusqué : « Mais le Hezbollah a une armée entière pour le protéger ! »
Le député des Forces libanaises assure par ailleurs qu’il n’a personnellement pas les moyens de se permettre les frais d’une garde privée, soulignant qu’il est même endetté, avant de rétorquer : « Il ne faut pas généraliser les accusations de corruption ! »
C’est avec la même indignation que les députés Élie Marouni, Sami Gemayel et Nadim Gemayel ont contesté la suppression de quelques éléments de la garde qui leur était affectée.
Pour Nadim Gemayel, cette décision est l’équivalent d’un message à travers lequel « le ministre s’engage lui-même à assurer la sécurité des députés. Il a choisi le contexte le plus difficile pour le faire, au moment où le pays se trouve dans un chaos sécuritaire, avec le retour des assassinats politiques et des charges explosives », a déclaré le député Nadim Gemayel.
Je.J.La décision de retirer « les éléments subsidiaires des FSI » chargés d’assurer la protection des personnalités politiques a eu l’effet d’une bombe hier sur les députés du 14 Mars, qui n’ont pas attendu pour réagir. Dans un communiqué, les leaders du 14 Mars ont vivement critiqué cette mesure, accusant le gouvernement de chercher « à encourager les criminels et les commanditaires des assassinats politiques ».Prise à l’unanimité des membres du Conseil central de sécurité présidé par le ministre de l’Intérieur, la décision, qui avait également touché il y a quelque temps un certain nombre de magistrats, a été justifiée par le bureau de presse du ministre Marwan Charbel par le fait qu’« elle est, d’une part, contraire au décret numéro 2512 relatif à l’organisation et à la...
commentaires (3)

Députés et amputés ..ca fait trop de pûtés pour un seul gendarme ...

M.V.

13 h 06, le 20 juillet 2013

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Commentaires (3)

  • Députés et amputés ..ca fait trop de pûtés pour un seul gendarme ...

    M.V.

    13 h 06, le 20 juillet 2013

  • La politique de L'Enfant gatee doit prendre fin, la nation a besoin de la mobilization de toutes ses forces face aux dangers qui la menacent et ne pas seulement etre au service des privilegies qui en profitent grave, comme par exemple saad qui est absent depuis 2 ans et qui mobilisent une garde rapprochee

    Jaber Kamel

    20 h 10, le 19 juillet 2013

  • Le Député Zahra est celui qui a le mieux répondu car en effet le résultat sera plus d'homme de mains et comme certains d'entre eux n'ont pas les moyens, les partis se transformerons en milice a nouveau et alors que Dieu nous vienne en aide!

    Pierre Hadjigeorgiou

    15 h 32, le 19 juillet 2013

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