Des policiers antiémeute repoussent violemment des partisans du président destitué Mohammad Morsi, qui manifestaient hier au Caire. Marwan Naamani/AFP
Cette nouvelle mobilisation organisée par les Frères musulmans a fait suite à la prestation de serment, mardi soir au palais présidentiel, des 33 ministres du gouvernement de transition. La confrérie et le parti al-Nour, autre organisation islamiste, sont les grands absents de ce cabinet chargé d’assurer l’intérim jusqu’à la tenue d’élections présidentielle et parlementaires dans un délai probable de six mois.
Ashton au Caire
La crise égyptienne inquiète les alliés du Caire ainsi que les pays de la région. Après l’émissaire américain William Burns, qui a reçu un accueil plutôt frais en début de semaine, Catherine Ashton, haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, était hier dans la capitale égyptienne. Avant son départ pour l’Égypte, Mme Ashton avait indiqué qu’elle entendait expliquer à ses interlocuteurs la nécessité d’un processus politique incluant toutes les organisations respectueuses de la démocratie. Elle a rencontré pendant trois quarts d’heure plusieurs responsables des Frères musulmans, dont l’ancien chef du gouvernement Hicham Kandil et l’ancien ministre Amr Darrag. À l’issue de la réunion, prié de dire s’il était déçu, M. Darrag a répondu : « Nous n’attendons le soutien de personne, nous ne comptons que sur nous. » Il a ajouté que l’UE n’avait, selon lui, avancé aucune proposition susceptible de résoudre la crise politique en Égypte. Pour sa part, Mme Ashton a indiqué qu’elle aurait souhaité rencontrer M. Morsi. « Je pense qu’il devrait être libéré, mais on m’a assuré qu’il allait bien », a-t-elle déclaré au terme de sa visite. Elle a par ailleurs souligné « l’importance d’un processus (de transition) très ouvert ». Mme Ashton a confirmé avoir rencontré en outre le président par intérim Adly Mansour, le Premier ministre Hazem Beblawi, mais aussi celui qui apparaît comme le nouvel homme fort du pays, le chef de l’armée, vice-Premier ministre et ministre de la Défense, le général Abdel Fattah al-Sissi. Elle s’est également entretenue avec des responsables du mouvement Tamarrod.
Par ailleurs, depuis Amman, le secrétaire d’État américain John Kerry a affirmé que « l’ordre, de façon très claire, doit être restauré, la stabilité doit être restaurée, les droits doivent être protégés (...) et le pays doit être capable de reprendre le cours normal des choses ». Tout en se disant « inquiet des arrestations politiques », M. Kerry a souligné qu’il était « beaucoup trop tôt pour faire des déclarations ou juger dans quelle direction (l’Égypte) va aller », appelant à juger les nouvelles autorités sur leurs actes. Washington continuera à faire pression pour un gouvernement égyptien incluant toutes les tendances, a-t-il ajouté, refusant de dire si les États-Unis estimaient que le renversement de M. Morsi constituait un coup d’État militaire.
(Sources : agences)

