L’ambassadeur de Roumanie, Daniel Tanase, valorisant la place de la langue française sur « le terrain de rencontre » qu’est la culture, après avoir recu de l’ambassadeur de France Patrice Paoli les insignes de chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres.
Gage de reconnaissance pour l’engagement de Daniel Tanase en faveur de la francophonie, cette décoration symbolise la coopération entre pays francophones, en l’occurrence le Liban, la Roumanie et la France, au service des multiples significations de la francophonie : celle d’« une culture commune », profondément humaniste ; « de valeurs partagées, de tolérance et de respect d’autrui » ; mais aussi celle du « travail d’équipe, de rencontre, d’échanges », tissant « un espace d’avenir », selon les propos de l’ambassadeur roumain. « Diplomate curieux, cultivé, ouvert et sympathique, toujours partant pour des projets susceptibles de promouvoir la francophonie au Liban », comme le décrit l’ambassadeur Paoli, Daniel Tanase a rempli activement, durant ses cinq ans de mission au Liban, le rôle de véhiculer la culture roumaine, imprégnée profondément de la culture francophone, et porteuse à la fois de facettes restées jusque-là inexplorées par le public libanais.
Résonance des « grandes voix roumaines »
Ayant tout de suite intégré « cet environnement fertile (qu’est le Liban) », l’ambassadeur de Roumanie a « imaginé de nombreux projets culturels », devenant « un acteur essentiel du rayonnement culturel de la Roumanie », a souligné Patrice Paoli. Il a ainsi « œuvré avec les autres centres culturels à la reconnaissance de la culture roumaine, classique et savante, qui fait revivre les traditions balkaniques, latines et byzantines, mais aussi celles qui célèbrent les tendances actuelles de la jeune génération de cinéastes roumains ». Il a également « permis aux grandes voix roumaines de résonner dans les festivals internationaux libanais », a ajouté l’ambassadeur de France, revenant également sur l’aménagement d’un stand permanent pour la culture roumaine au Salon du livre de Beyrouth, ainsi qu’une section du livre roumain à l’Université américaine du Liban et à l’Académie libanaise des beaux-arts. Il a également lancé depuis deux ans les Journées culturelles roumaines.
Insistant sur « la grande proximité culturelle, mais aussi professionnelle et personnelle de Daniel Tanase avec la France », Patrice Paoli a valorisé la grande « capacité d’adaptation » du diplomate roumain, une capacité « portant sur le domaine linguistique » et liée à sa maîtrise du roumain, de l’anglais, de l’espagnol, de l’allemand et du français. « Cette compétence plurilingue » reflète la diversité de son parcours diplomatique et académique.
« Engagé très jeune au ministère des Affaires étrangères », il a suivi un master en relations internationales de l’académie diplomatique de Madrid, avant de devenir représentant permanent adjoint de la Roumanie auprès du Conseil de l’Europe à Strasbourg. De retour en Roumanie en 2007, où il s’investit dans la direction des Affaires du Moyen-Orient et d’Afrique au sein du ministère des Affaires étrangères, il sera assigné ambassadeur au Liban en 2008.
« Une francophonie
de l’ouverture »
« La promotion d’une langue passe par la promotion des autres langues », insiste Patrice Paoli, déclarant, à l’adresse de Daniel Tanase, que « la francophonie dans laquelle tu t’es tant investi reste ouverte et accueillante, non pas une île assiégée ». Une ouverture que l’ambassadeur aura frayée dans ces terrains où fermente la culture francophone, et les cultures qui s’en nourrissent, comme le Salon du livre, les Instituts culturels français de Beyrouth, mais aussi de Zahlé, l’Unesco... ainsi que les manifestations culturelles chroniques (fête de la Musique, le Mois de la francophonie- mois de mars), où « la Roumanie a acquis une importance croissante », par la participation de nombreux artistes, musiciens, intellectuels et écrivains de ce pays de l’Europe de l’Est.
Saluant les efforts de Daniel Tanase pour renforcer « la coopération, l’amitié et le respect mutuel » avec la France, Patrice Paoli a également mis l’accent sur l’identité européenne à laquelle le diplomate roumain, auteur de l’ouvrage « La Roumanie et l’Europe » (2001), accorde beaucoup d’importance. Le qualifiant d’« Européen fidèle et convaincu », Patrice Paoli a salué « son action vitale dans l’animation du réseau culturel Eunic, dont la Roumanie a assuré la présidence jusqu’en février dernier ». Il a également rappelé le lancement de la Journée européenne des langues, avec l’étroite collaboration du Centre culturel roumain. « Ces chemins de traverse » porteraient, au final, « une heureuse coincidence que ton implication, cher Daniel, n’aura pas rendu fortuite », a conclu l’ambassadeur de France.
« La langue francaise, modalité de concertation et de dialogue »
De son côté, Daniel Tanase a insisté sur le « symbole particulier » de cette décoration qui lui est décernée par l’ambassade de France au Liban. Pour lui, en effet, la langue française représente une « modalité importante de concertation et de dialogue, et un instrument d’action utile, capable de mobiliser des forces et des acteurs, et d’engendrer des visions communes ». La culture, « en tant qu’espace de rencontre », est donc le terrain privilégié de la langue française, dont la Roumanie ne s’est d’ailleurs jamais dissociée. « La Roumanie œuvre pour les valeurs de la francophonie, à savoir la diversité culturelle, le respect des droits de l’homme, la paix et le développement durable », a veillé à souligner Daniel Tanase, ajoutant que son pays « participe activement au rayonnement de la francophonie au Moyen-Orient ». Revenant par ailleurs sur les partenariats qu’il a réussi à établir entre les universités roumaines et libanaises, grâce à l’Agence universitaire de la francophonie, il a valorisé le rôle de la jeunesse libanaise, « censée porter le flambeau de la francophonie ». Ce flambeau, Daniel Tanase le portera certainement dans la suite de son parcours. Ses prochaines fonctions seront celles de directeur des affaires roumaines au Moyen-Orient et en Afrique, auprès du ministère des Affaires étrangères.


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