« Comme on pouvait s’y attendre, Snowden a accepté la proposition d’asile politique de (Nicolas) Maduro », a écrit le président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre basse (Douma) du Parlement, Alexeï Pouchkov, sur son compte Twitter. Interrogé sur la signification du message du parlementaire, le porte-parole du président russe Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, s’est refusé à tout commentaire, renvoyant vers M. Pouchkov. Dans un autre tweet publié ensuite, M. Pouchkov a affirmé n’avoir fait que reprendre une information de la chaîne de télévision publique d’informations Vesti 24, qui rappelle que ce pays d’Amérique latine avait reçu une demande officielle d’asile politique. De son côté, la porte-parole de la compagnie aérienne russe Aeroflot, Irina Danenberg, a indiqué ne pas savoir si M. Snowden était dans l’avion qui a quitté Moscou hier en direction de La Havane.
Edward Snowden est recherché pour espionnage par les États-Unis après la révélation d’informations fracassantes sur un programme américain secret de surveillance des communications mondiales. M. Snowden est resté invisible depuis son arrivée le 23 juin dans l’aéroport moscovite, en provenance de Hong Kong où il s’était rendu après avoir quitté les États-Unis. La Russie, qui n’a pas d’accord d’extradition avec les États-Unis, avait fait savoir qu’Edward Snowden n’avait pas officiellement franchi sa frontière, c’est-à-dire le contrôle des passeports, et qu’elle n’avait rien à lui reprocher. De nombreuses incertitudes planent cependant sur la manière dont cet informaticien, qui a vu son passeport annulé par Washington, pourrait quitter l’aéroport de Cheremetievo pour se rendre dans un pays d’accueil sans être intercepté par les Américains. Outre le Venezuela, la Bolivie et le Nicaragua ont proposé ces derniers jours l’asile politique à M. Snowden qui a fait plus d’une vingtaine de demandes et essuyé de nombreux refus.
La prudence de Cuba
De son côté, le président cubain, Raul Castro, a soutenu dimanche le droit de ces pays d’Amérique Latine à offrir l’asile politique à ceux qui sont « persécutés pour leur idéal ou en raison de leur lutte pour les droits démocratiques ». Ce soutien est important, notamment en l’absence de vol commercial direct à partir de Moscou vers l’un des trois pays latino-américains, ce qui l’obligerait théoriquement à faire escale à La Havane. Toutefois, Cuba se garde bien d’aller plus loin afin de ne pas compromettre une amélioration de sa relation avec Washington, estiment divers analystes. La Havane « a déjà bien assez de problèmes comme ça avec Washington, sans en ajouter un nouveau, et de taille », a estimé Michael Shifter, président du groupe de réflexion américain
Interamerican Dialogue. « Même permettre à Snowden d’utiliser La Havane comme point de transit serait risqué », juge l’analyste en notant que la position minimale était, comme l’a fait dimanche le président cubain Raul Castro, d’« exprimer sa solidarité » avec les pays qui ont offert un éventuel asile au jeune Américain. « Je ne pense pas qu’on verra de sitôt Edward Snowden à La Havane », renchérit Anya Landau French, éditrice du blog The Havana Note et spécialiste des relations entre le régime communiste cubain et son puissant voisin du Nord. Avant d’en finir peut-être un jour avec le sévère embargo que les États-Unis imposent à Cuba depuis 1962, La Havane espère en effet d’abord sortir de la « liste noire » du département d’État des pays soutenant le terrorisme, dans laquelle elle figure aux côtés de l’Iran, du Soudan et de la Syrie. Une sortie de Cuba de cette liste, sur laquelle elle figure depuis 1982, permettrait notamment à La Havane un recours à diverses institutions financières internationales, ballon d’oxygène pour une économie vacillante.
(Source : AFP)

