L’ambassadeur de France au Liban Patrice Paoli et le président du RDCL Fouad Zmokhol.
La rencontre a porté sur plusieurs projets déjà entamés, notamment : le projet sur l’assurance-vieillesse, la révision du code de commerce, le budget étatique pour l’année 2013, le projet des actions préférentielles du secteur privé, le projet de loi sur les sociétés par action simplifiée (SAS) , ainsi que les résultats des tables rondes avec la CGTL, la Banque mondiale, la Banque du Liban, le Fonds monétaire international (FMI), l’Escwa, L’Association des banques libanaises (ABL), L’Union européenne, etc.
La réunion a également porté sur les derniers développements concernant la publication par le gouvernement français de la nouvelle liste noire des paradis fiscaux dans laquelle figure le Liban. À ce sujet, M. Zmokhol a insisté sur « la transparence et le professionnalisme du secteur privé libanais, pilier central de notre économie locale ». Il a notamment tenu à rappeler que les entreprises s’exportent dans le monde conformément aux lois internationales, et cherchent continuellement à « croître et se développer. Les chefs d’entreprise libanais sont engagés dans la lutte contre le blanchiment d’argent et contre toute pratique financière frauduleuse et il est de leur devoir de respecter toutes les sanctions internationales et d’assurer le meilleur contrôle possible à tous les niveaux afin de maintenir et d’augmenter les échanges commerciaux à travers le monde », a-t-il indiqué. Il a réitéré à l’instar de plusieurs responsables du secteur privé que « le Liban n’est pas et ne sera jamais un paradis fiscal. Nous avons besoin du support des pays amis du Liban comme la France et non de pressions supplémentaires », a-t-il opiné.
Le président du RDCL a par la suite insisté sur le rôle du RDCL de défendre le secteur privé libanais tout en le gardant loin et indépendant de toutes les tensions politiques qui enveniment l’environnement des affaires. Il a rappelé l’importance et les opportunités de la reconstruction des infrastructures libanaises (électricité, eau, transport public...) avec l’aide notamment des entreprises françaises, européennes et internationales sous forme de Partenariat public-privé (PPP) qui est « la seule issue possible et réalisable pour le Liban. »
D’autre part, avec la multiplication du nombre de déplacés syriens au Liban et dans la perspective de l’arrivée d’un nouveau flot avec l’intensification des batailles, les membres de la délégation du RDCL ont insisté sur l’urgence de bâtir une stratégie et un plan de secours national. « Face à la gravité de la situation, une organisation œuvrant à un recensement méticuleux devrait être mise en place, dotée d’un support régional et international. Il est crucial d’internationaliser ce dossier et de le transférer au Conseil de sécurité en vue d’organiser un congrès consacré à cette crise humanitaire », ont-ils souligné.
De son côté, l’ambassadeur de France a remercié le président et les membres présents du conseil pour leur visite et les a félicités pour leur dynamisme au service du secteur privé libanais. Il a insisté sur le fait que le Liban n’a pas encore été listé ni inscrit sur la liste des États et territoires on coopératifs (ETNC) mais il en est menacé. « Il y a eu une proposition de décision qui n’a pas encore été entérinée ni finalisée. » Tout ne va pas bien... mais tout ne va pas mal ! a insisté Paoli. « En effet, il existe un débat houleux entre les différents acteurs judiciaires en France pour créer un mécanisme judiciaire et administratif entre nos deux pays. Il est crucial que le Liban soit vigilant et fasse un réel effort de transparence et de coopération pour être conforme aux critères internationaux. Il y a plusieurs conventions à signer et de multiples garanties à donner au plus tôt », a jouté M. Paoli. Il existe un problème contractuel avec le Liban et il est impensable selon l’ambassadeur d’annuler des accords déjà signés en se « cachant » derrière la loi sur le secret bancaire. L’ambassadeur a conclu qu’il fallait « agir vite et efficacement » en mettant toutefois en exergue le fait que le plus grand problème est « l’absence d’un plan sérieux, de mécanisme réel établi et de gouvernement officiel en mesure de signer de nouveaux accords de coopération ».
Les participants ont conclu unanimement et se sont mis d’accord d’organiser au plus tôt une table ronde avec l’ambassadeur de France et tous les acteurs économiques libanais concernés afin de discuter ouvertement et constructivement du problème mais surtout de mettre un plan de travail en vigueur dans l’attente de la nomination d’un nouveau gouvernement.

