Jean-François Copé (gauche), Nicolas Sarkozy et Nadine Morano hier devant le siège de l’UMP. Philippe Wojazer/Reuters
Dès l’annonce du Conseil constitutionnel, Nicolas Sarkozy a indiqué qu’il ne siégerait plus dans cette instance dont il est membre de droit en tant qu’ancien président, « afin de retrouver sa liberté de parole ». Cette information, et l’annonce qu’il se rendrait à la réunion extraordinaire à huis clos du bureau de l’UMP, avait été interprétée par les médias comme une étape vers le retour en politique de l’ancien président. Mais l’ancien ministre Brice Hortefeux, un proche parmi les proches, avait assuré que la démarche de M. Sarkozy devait « être comprise comme un témoignage de solidarité », et « en aucun cas un retour à la vie politique ». « Le jour où je voudrai (revenir), je vous préviendrai », a d’ailleurs lancé hier M. Sarkozy, selon ses propos retransmis sur son compte Twitter. Il a également affirmé vouloir continuer son « chemin avec le souci du recul, de la réflexion, de l’écoute, de la paix » dont il affirme avoir « besoin après tant d’années d’exposition », avant de distiller quelques réflexions sur la « crise des idées politiques », mettant au rang de ses priorités la préservation de « l’idéal européen ». Évoquant le discours sur l’Europe que devrait tenir son parti à l’approche des élections européennes de juin 2014, l’ancien chef de l’État a été clair : « Il ne faudra pas hésiter à ce que l’Union européenne rende des compétences », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par des membres du parti. « Elle exerce trop de compétences dans trop de domaines où elle n’a rien à faire, rien à dire, rien à apporter. L’Europe qui s’élargit doit réduire ses compétences (...). S’agissant de l’Europe des 17, bientôt ou 18 demain sur l’euro, ça ne marchera pas, ça ne marchera plus si le leadership franco-allemand n’est pas décidé à exercer, non pas son droit, mais son devoir à la tête de l’euro », a affirmé M. Sarkozy. Avant de faire sa rentrée politique en bonne et due forme, l’ex-président attend aussi probablement d’y voir plus clair sur son horizon judiciaire.
Dans l’affaire Bettencourt, le parquet a requis un non-lieu alors qu’il était soupçonné par les juges d’avoir commis un abus de faiblesse sur l’héritière des cosmétiques L’Oréal pour financer sa campagne de 2007. Mais d’autres dossiers restent menaçants, au moins politiquement. L’enquête sur la décision de l’État de recourir à un arbitrage dans l’affaire opposant Bernard Tapie au Crédit Lyonnais (qui a abouti à l’octroi de 400 millions d’euros à l’homme d’affaires) se rapproche de ses plus proches collaborateurs après plusieurs mises en examen pour « escroquerie en bande organisée ». D’autres juges enquêtent sur des accusations de financement libyen de sa campagne de 2007 ou sur la régularité de nombreux sondages commandés sous sa présidence.
(Sources : agences)


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