« J’ai lu des biographies qui m’ont convaincue que je pouvais y arriver. Comme celle d’Hermann Maier. Redevenir champion du monde après avoir failli perdre une jambe (dans un accident de moto), j’ai trouvé ça incroyable », raconte l’Allemande de 23 ans.
Lisicki n’a certes pas vécu une expérience aussi traumatisante que celle d’« Herminator », mais une blessure à la cheville au tournoi d’Indian Wells, en mars 2010, avait tout de même stoppé brutalement l’ascension d’un des espoirs les plus prometteurs du circuit, dont le talent avait éclaté au grand jour à Wimbledon l’année précédente. Âgée de 19 ans, elle avait atteint les quarts de finale.
Animée d’une solide foi en elle-même, Lisicki ne s’est jamais laissé aller au désespoir. « Je me souviens du jour où le médecin m’a dit que j’allais devoir prendre des béquilles pendant six semaines. La première chose que j’ai répondue a été : et quand est-ce que je vais pouvoir revenir (sur le circuit) ? Cette période m’a rendue plus forte en tant que personne et joueuse. Depuis que j’ai dû réapprendre à marcher, je sais que tout est possible », dit la 24e mondiale.
Amoureuse de Wimbledon
Écartée des courts pendant cinq mois, l’Allemande a mis du temps à retrouver son meilleur niveau. C’est seulement à l’été 2011 qu’elle a de nouveau fait parler d’elle, à Wimbledon naturellement. Dotée d’une « wild card » après être sortie du top 100, elle s’y était hissée pour la première fois dans le dernier carré d’un grand chelem en battant en quarts de finale... Marion Bartoli. C’était la quatrième rencontre entre les deux jeunes femmes (3-1 pour l’Allemande) et la dernière en date.
La renaissance de Lisicki ne pouvait avoir lieu ailleurs qu’au All England Club, un stade dont elle est « tombée amoureuse » quand elle était petite. À cette époque, alors que son père, un professeur de sport polonais, l’entraînait déjà jusqu’à dix heures du soir et la conduisait en voiture aux quatre coins de l’Europe pour disputer des tournois, la fillette avait reçu le merveilleux cadeau d’une visite au temple du tennis. « Je ne me rappelle plus la date exacte, mais ce dont je me souviens, c’est de l’ambiance si particulière », dit la joueuse, qui s’est gagné le soutien du public grâce à son sourire. Lisicki n’a pas changé d’avis, d’autant moins que l’herbe convient parfaitement à son style de jeu, fondé avant tout sur un formidable service, l’un des plus puissants du circuit féminin. Même si, ironiquement, elle est obligée de suivre un traitement pour un rhume des foins favorisé par le gazon, c’est à Londres qu’elle a réussi les plus belles performances de sa carrière, dont celle d’avoir battu à quatre reprises la championne en titre de Roland-Garros : Svetlana Kuznetsova, Li Na, Maria Sharapova et surtout Serena Williams lundi dernier, son plus grand exploit à ce jour. « Il n’y a pas de meilleur endroit qu’ici pour jouer ma première finale en grand chelem. Gagner, ce serait un rêve qui deviendrait réalité », a dit la première joueuse Allemand en finale de Wimbledon et d’un grand chelem depuis Steffi Graf en 1999.

