Après 3 h 27 min de jeu, Andy Murray dispose de Fernando Verdasco et se hisse en demi-finale de Wimbledon, sa cinquième consécutive. Adrian Dennis/AFP
Une élimination de l’Écossais Andy Murray aurait constitué une surprise plus énorme encore que celles de Federer ou Nadal car le n° 2 mondial avait été tellement solide jusque-là que seul Novak Djokovic, souverain face à Tomas Berdych mercredi (7-6, 6-4, 6-3), était censé pouvoir l’inquiéter.
C’était sans compter sur la fougue de Verdasco, seulement 54e mondial après des mois d’errance mais qui a retrouvé lors de ce tournoi le niveau qui en avait fait un 7e mondial et un demi-finaliste à l’Open d’Australie en 2009.
Servant le feu, l’Espagnol a fait avaler de travers leurs fraises à la crème aux vieilles dames du central, longtemps sous le choc avant que Murray n’appelle à la révolte pour revenir de deux sets à zéro pour la septième fois de sa carrière et s’imposer 4-6, 3-6, 6-1, 6-4, 7-5.
« Il a joué extrêmement bien. Mais j’ai réussi à garder mes nerfs. Sur la fin, j’ai pris mon temps, je ne me suis pas précipité et j’ai fini par y arriver. Mais que ce fut dur ! » a-t-il commenté après sa seizième victoire de suite sur gazon sous les yeux de sir Alex Ferguson, son compatriote écossais.
Murray disputera demain sa cinquième demi-finale consécutive à Wimbledon où aucun Britannique ne s’est plus imposé depuis Fred Perry en 1936.
Finaliste malheureux face à Federer l’année dernière, le n° 2 mondial partira favori face à Jerzy Janowicz, devenu le premier Polonais à se hisser en demi-finales en grand chelem après sa victoire 7-5, 6-4, 6-4 sur son compatriote Lucasz Kubot dans « un des matches les plus difficiles » de sa vie.
Les larmes de Janowicz
« JJ » n’a pas pu retenir ses larmes après avoir échangé les maillots avec Kubot dans un geste de franche camaraderie empreint d’émotion.
« Je suis la personne la plus heureuse au monde. C’est plus fort que ma finale à Bercy l’année dernière », a déclaré « JJ », surgi de nulle part en novembre dernier à Paris où il était allé jusqu’en finale en battant Murray au passage.
À 22 ans, ce géant de 2,03 m, doté d’un énorme service (30 aces mercredi), est l’un des meilleurs espoirs du circuit et deviendra lundi le deuxième Polonais après Wojtek Fibak dans les années 1970 à monter dans le top 20.
L’autre demi-finale opposera le n° 1 mondial Novak Djokovic à Juan Martin Del Potro pour un remake du match pour le bronze au tournoi olympique disputé à Wimbledon l’an dernier et remporté par l’Argentin.
« Je sais que la pression sera différente cette fois-ci », a estimé Del Potro après sa victoire 6-2, 6-4, 7-6 sur l’Espagnol David Ferrer, malgré une énorme frayeur en début de match lorsqu’il s’est de nouveau tordu le genou gauche, déjà amoché, sur une chute dès le cinquième point du match.
« J’étais très près de l’abandon, j’avais très mal mais le docteur m’a donné une pilule magique et j’ai joué mon meilleur tennis », a rapporté la « Tour de Tandil », deuxième Argentin en demi-finale de Wimbledon après David Nalbandian.
Djokovic n’a, comme Del Potro, pas encore perdu le moindre set du tournoi, en route pour atteindre sa treizième demi-finale de suite en grand chelem, soit la deuxième meilleure série de tous les temps derrière Roger Federer.
Il vise mieux : une deuxième finale à Wimbledon après celle gagnée en 2011 face à Nadal. « Je joue mon meilleur tennis en ce moment sur la surface qui n’est pas ma préférée, a-t-il dit. Avoir déjà gagné ici va m’aider pour la suite. »
(Sources : agences)
Les résultats
Simple messieurs (quarts de finale) :
Novak Djokovic (Srb/n° 1) bat Tomas Berdych (Tch/n° 7) 7-6 (7/5), 6-4, 6-3
Juan Martín Del Potro (Arg/n° 8) bat David Ferrer (Esp/n° 4) 6-2, 6-4, 7-6 (7/5)
Jerzy Janowicz (Pol/n° 24) bat Lukasz Kubot (Pol) 7-5, 6-4, 6-4
Andy Murray (G-B/n° 2) bat Fernando Verdasco (Esp) 4-6, 3-6, 6-1, 6-4, 7-5.

