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Nos lecteurs ont la parole

Mike au pays des merveilles

Par Claude ASSAF
Ce n’est pas du tourisme que la semaine dernière ce jeune Britannique, marié à une de nos concitoyennes, était venu faire au Liban, la saison estivale ayant d’ailleurs été sapée par les derniers affrontements et violences. C’est juste pour pouvoir assister aux funérailles d’un membre de sa famille libanaise que Mike avait pris le courage de s’aventurer dans ce pays des merveilles, ce pays du tout est possible – tout, surtout les exactions. Bien mal lui en prit, car arrivé au poste de contrôle des passeports, cet avocat anglais apprend, abasourdi, qu’il avait soi-disant commis une prétendue infraction relative à son droit de séjour lors de son dernier passage au pays du Cèdre. Incrédule, le jeune étranger indique que les tampons appliqués sur son passeport révèlent indéniablement la conformité entre les dates de ses dernières entrée et sortie et la date de son visa. D’accord, approuve l’agent de service, mais le système de l’ordinateur a défailli et il faut suivre l’erreur. Ainsi, la technologie censée faciliter la vie des individus devient source énorme d’aberration: voilà notre visiteur conduit vers les bureaux de la Sûreté générale situés dans l’enceinte de l’aéroport, laissant malgré lui sur le carreau son épouse désemparée qui portait leur bébé âgé tout juste de quelques semaines. Sous le choc, Mike se voit aussitôt confisquer son passeport ainsi que son téléphone portable à partir duquel il s’imaginait, le naïf, pouvoir appeler l’ambassade de son pays. Sonné encore par ce qui lui arrive, il est ensuite entraîné vers la sortie de l’aéroport et forcé de monter à bord d’un fourgon destiné au transport des prévenus. C’est que, sur ordre de Mme la procureure générale, le jeune juriste en chemise blanche venait d’être arrêté! Ahuri, il tente de résister, de négocier tout au moins une place à côté du chauffeur, mais rien n’y fait ; contraint d’embarquer comme un vulgaire malfrat dans la cage arrière du van, il se retrouve quelques minutes plus tard devant une minuscule salle bondée de tout genre de malfaiteurs. Terrorisé mais résigné, il se prépare à y passer la nuit, quand soudain et heureusement, son cauchemar s’arrête court : l’avocat rapidement sollicité par sa famille libanaise était enfin parvenu à faire intervenir une très haute instance judiciaire pour le libérer.
Tout autre voyageur, victime d’un tel abus mais n’ayant pas la chance de bénéficier de connaissances et contacts locaux, aurait croupi au moins 48 heures dans cette prison, attendant que les investigations prennent et suivent leur cours, selon une procédure lente et compliquée.
Comment peut-on aussi légèrement se permettre d’arrêter un individu dont la malchance est que les données sur ordinateur contredisent les pages correctement tamponnées de son passeport? Certes, l’enquête était nécessaire, mais elle aurait dû se confiner à l’intérieur de l’aéroport et dans le respect, car la présomption d’innocence est sacrée. Nul besoin n’était donc de conduire le malheureux à ce poste d’arrêt malfamé. On n’arrête pas les gens, on ne dispose pas de leur liberté à cause d’erreurs de l’administration. Un dysfonctionnement technologique ne doit pas entraîner un dysfonctionement de la justice, et si par malheur cela arrive, la victime est en droit de recevoir des excuses. Une justice responsable, capable de reconnaître et réparer les dommages qu’elle a pu faire subir, contribue à bâtir une justice juste, élément fondamental et partie intrinsèque des droits de l’homme...
Ce n’est pas du tourisme que la semaine dernière ce jeune Britannique, marié à une de nos concitoyennes, était venu faire au Liban, la saison estivale ayant d’ailleurs été sapée par les derniers affrontements et violences. C’est juste pour pouvoir assister aux funérailles d’un membre de sa famille libanaise que Mike avait pris le courage de s’aventurer dans ce pays des merveilles, ce pays du tout est possible – tout, surtout les exactions. Bien mal lui en prit, car arrivé au poste de contrôle des passeports, cet avocat anglais apprend, abasourdi, qu’il avait soi-disant commis une prétendue infraction relative à son droit de séjour lors de son dernier passage au pays du Cèdre. Incrédule, le jeune étranger indique que les tampons appliqués sur son passeport révèlent indéniablement la conformité entre les...
commentaires (1)

C'est un Britannique, Chrétien et ressortissant d'un pays suppôt de Satan aux dire de Nasrallah et compagnie. Vous oubliez qui gère la sûreté générale de l’aéroport? Le maître n’était-il pas la cause de 57 tués lors d'un fameux mois de Mai? Pas besoin d'y réfléchir plus.

Pierre Hadjigeorgiou

11 h 24, le 03 juillet 2013

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Commentaires (1)

  • C'est un Britannique, Chrétien et ressortissant d'un pays suppôt de Satan aux dire de Nasrallah et compagnie. Vous oubliez qui gère la sûreté générale de l’aéroport? Le maître n’était-il pas la cause de 57 tués lors d'un fameux mois de Mai? Pas besoin d'y réfléchir plus.

    Pierre Hadjigeorgiou

    11 h 24, le 03 juillet 2013

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