À Dar es-Salaam, une foule attendait l’arrivée de Barack Obmama. Emmanuel Herman/Reuters
Accueilli à l’aéroport de Dar es-Salaam par son homologue tanzanien Jakaya Kikwete et salué par 21 coups de canon, au son d’une fanfare militaire et des chants de danseurs traditionnels, M. Obama a ensuite directement rejoint le palais présidentiel pour des entretiens avec le président tanzanien. « Je l’ai dit à travers l’Afrique, nous envisageons un nouveau modèle qui ne soit plus seulement basé sur l’aide et l’assistance, mais aussi sur le commerce et le partenariat », a déclaré M. Obama lors d’une conférence de presse. « Le but ultime est que les Africains construisent l’Afrique, pour les Africains. Notre travail est d’être un partenaire dans ce processus, et la Tanzanie a été un de nos meilleurs partenaires », a-t-il ajouté. Le président Kikwete a de son côté « remercié » les États-Unis tout en se demandant « s’ils en font assez ». « Les États-Unis ont fait beaucoup, mais si je dis qu’ils ont fait assez, le président américain n’écoutera pas mes prochaines requêtes », a-t-il estimé.
Depuis qu’il est devenu, en 2008, le premier président afro-américain de l’histoire des États-Unis, ce n’est que la seconde fois que M. Obama se rend en Afrique subsaharienne. Et il s’agit de sa première grande tournée sur un continent dont la population avait placé de nombreux espoirs en son arrivée au pouvoir. Il avait débuté cette tournée au Sénégal (pour l’Afrique de l’Ouest) et l’a poursuivie en Afrique du Sud (pour l’Afrique australe). Enfin, la Tanzanie a été préférée au Kenya, pays du père de M. Obama, pour être l’étape est-africaine. La Tanzanie confirme ainsi son poids croissant dans la région, profitant d’une économie dynamique et de la position diplomatique délicate dans laquelle se trouve le Kenya depuis que le pays a élu à sa tête, en mars, un président, Uhuru Kenyatta, et un vice-président, William Ruto, poursuivis par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité. Samedi à Pretoria, M. Obama avait fait allusion à ces poursuites en estimant que « ce n’était pas le bon moment » pour se rendre au Kenya, dont les habitants espèrent pourtant depuis 2008 voir « l’enfant du pays » revenir sur la terre de ses ancêtres en tant que président américain.
Bénéficiant d’un meilleur bilan démocratique que les autres poids lourds de la région, l’Ouganda et l’Éthiopie, la Tanzanie apparaît aussi plus stable actuellement que ses voisins et bénéficiant d’un des marchés les plus porteurs, avec un PIB par habitant inférieur à celui du Kenya, mais une croissance plus rapide, grâce notamment à de nombreuses ressources naturelles.
Le président Kikwete fut le premier chef d’État africain reçu à la Maison-Blanche après l’élection de M. Obama en 2008. Et en mars, le président chinois Xi Jinping avait lui aussi choisi la Tanzanie pour y prononcer le discours majeur de sa tournée africaine sur la politique de Pékin vis-à vis de l’Afrique.
Au cours de sa visite d’un peu moins de 24 heures en Tanzanie, M. Obama visitera notamment la centrale électrique d’Ubungo, près de la capitale économique. Dimanche en Afrique du Sud, il avait annoncé un plan de 7 milliards de dollars sur cinq ans destiné à « doubler l’accès à l’électricité en Afrique subsaharienne », dont, a-t-il rappelé, plus des deux tiers de la population y vit sans électricité.
Accompagné de son prédécesseur George W. Bush, dont l’épouse préside à Dar es-Salaam un forum des Premières dames auquel participera Michelle Obama, le président américain déposera ce matin une gerbe au mémorial des victimes de l’attentat contre l’ambassade américaine en Tanzanie, le 7 août 1998, qui avait tué 11 passants et en avait blessé 70. Quasi simultanément, un camion piégé avait explosé dans l’ambassade américaine à Nairobi, faisant 213 morts et plus de 5 000 blessés.
Après avoir salué à Dakar la démocratie sénégalaise, M. Obama avait rendu en Afrique du Sud un hommage personnel à Nelson Mandela, le héros de la lutte antiapartheid devenu le premier président noir de son pays, hospitalisé depuis le 8 juin.
Nelson Mandela, qui aura 95 ans le 18 juillet, était « toujours dans un état critique, mais stable » hier soir, selon la présidence sud-africaine.
(Source : AFP)

