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Melhem Khalaf membre de la Commission de l’ONU contre la discrimination raciale

Par Joseph OTAYEK
Lors de sa XXVe réunion le 4 juin 2013, l’Assemblée générale des Nations unies a élu Melhem Khalaf comme membre de la Commission contre la discrimination raciale de l’ONU. Cette commission, composée de 18 experts indépendants connus pour leur probité et leur éthique, surveille la mise en place de la Convention contre la discrimination raciale dans les États signataires.
Qui connaît Melhem Khaalaf comprendra aisément que l’organisation internationale ne pouvait mieux choisir et que nul plus que lui ne pouvait répondre aux critères fixés dans la charte de cette commission. Cependant, en y réfléchissant à deux fois, il comprendra que ce choix est aussi un hommage à un certain Liban. Le Liban message de Jean-Paul II, le Liban de Michel Chiha, le Liban d’Alfred Naccache, le Liban de Hussein el-Husseini, le Liban de Ghassan Tueni, le Liban de Charles Malek, le Liban de Hussein el-Oueyni, le Liban de l’entente et du compromis entre les communautés. Le Liban des libertés, de la culture, de la prospérité qui risque aujourd’hui de disparaître du fait de l’ignorance de ses habitants et du manque de scrupules et de l’avidité de ses dirigeants.
Nombreux sont ceux qui connaissent Melhem Khalaf fondateur, animateur et inspirateur d’Offre-Joie ; bien peu connaissent Melhem avant Offre-Joie. Depuis sa première adolescence, Melhem mène sa guerre contre la souffrance, contre l’injustice, contre la haine, contre la discrimination et contre la douleur des plus faibles. À 17 ans, il s’engage, avec le début de la guerre, à la Croix-Rouge libanaise. En 1981, il est dans les premières équipes qui brisent le siège de Zahlé pour aider la population et évacuer les blessés vers Beyrouth. En 1982, Il sert au centre de la rue Spears, et pendant le siège de Beyrouth, il refuse obstinément de sortir de la ville, au grand désespoir de son père.
Dès 1982, le besoin de rassembler les jeunes Libanais, toutes confessions confondues, autour d’un projet se faisait sentir et animait Melhem. Avec un groupe d’amis, il fonda Offre-Joie en pleine guerre. Pour lui, il s’agissait de dire non à la guerre, d’affirmer sa foi en ce Liban message qu’il voyait couler dans l’océan de la haine et de la discrimination communautaire.
En 1986, il se rendit en France pour obtenir son doctorat en droit, emmenant son Liban dans ses bagages, Offre-Joie France vit le jour et Montpellier allait vivre pendant plusieurs années à l’heure libanaise. Entre-temps Offre-Joie continuait de grandir et d’étendre ses activités aux personnes les plus vulnérables de la société avec toujours la même motivation, dépasser les schismes confessionnels, promouvoir le droit et le respect de la différence.
Saadnayel et Taalabaya, les frères ennemis de la Bekaa, ont attiré Offre-Joie, et chaque année, des colonies réunissent des enfants de ces deux localités qui se découvrent les uns les autres autour des mêmes jeux. Il en est de même pour Jabal Mohsen et Bab el-Tebbanneh.
En 2012, et suite à l’attentat à la voiture piégée à Achrafieh, Offre-Joie s’est mobilisée pour encore une fois réaliser le miracle libanais. De jeunes volontaires de Tyr, Saïda, Tarik Jdidé, de la Montagne, de la banlieue sud, du Kesrouan, du Metn, de la Békaa se sont retrouvés à Achrafieh pour mettre la main à la pâte et reconstruire le quartier dévasté.
C’est cela, le Liban de
Melhem. Ce modèle est celui qui est à développer et à exporter. Ce n’est pas seulement le Liban et les Libanais qui ont besoin de ce modèle, mais le monde entier. Offre-Joie et Melhem Khalaf n’ont pas attendu cette élection pour aller à la rencontre de tous ceux qui souffrent de leur différence, même au-delà des frontières. Offre-Joie Irak est née il y a deux ans. Depuis deux ans, des enfants irakiens de différentes confessions apprennent à apprécier le «vivre-ensemble» ; ils ont retrouvé, à travers le message d’Offre-Joie et l’exemple du Liban, qu’il était possible de vivre avec l’autre et de respecter sa différence. La reconnaissance de Melhem Khalaf par les Nations unies et son élection à un poste aussi important sont une valorisation de son combat et des valeurs qu’il n’a pas un jour arrêté de défendre, envers et contre tout.
Plus qu’un hommage à Melhem Khalaf, ce devoir de mémoire est adressé aux jeunes Libanais qui n’arrivent pas à trouver, entre tous les prétendus leaders, la figure emblématique qui leur redonnera espoir en leur patrie.
Lors de sa XXVe réunion le 4 juin 2013, l’Assemblée générale des Nations unies a élu Melhem Khalaf comme membre de la Commission contre la discrimination raciale de l’ONU. Cette commission, composée de 18 experts indépendants connus pour leur probité et leur éthique, surveille la mise en place de la Convention contre la discrimination raciale dans les États signataires. Qui connaît Melhem Khaalaf comprendra aisément que l’organisation internationale ne pouvait mieux choisir et que nul plus que lui ne pouvait répondre aux critères fixés dans la charte de cette commission. Cependant, en y réfléchissant à deux fois, il comprendra que ce choix est aussi un hommage à un certain Liban. Le Liban message de Jean-Paul II, le Liban de Michel Chiha, le Liban d’Alfred Naccache, le Liban de Hussein el-Husseini, le Liban de...
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