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Sport - Voile

Luc Alphand, hilarant apprenti sur trimaran

Skieur devenu copilote de rallye-raid, puis pilote aux 24 H du Mans et enfin marin, Luc Alphand navigue désormais, à bientôt 48 ans, sur un trimaran lancé dans la Route des Princes, course à étapes autour de l’Europe, et se raconte à Reuters.
Même son accident de moto sur un rallye où, de son propre aveu, il est « passé près de la correctionnelle », il y a quatre ans, n’a pas stoppé sa gourmandise d’horizons nouveaux avalés à grande vitesse.
« Immobilisé pour plusieurs semaines à la maison, quand j’ai rapidement dit à ma femme que j’allais faire de la voile, elle m’a dit que j’étais un grand malade », éclate de rire ce père de quatre enfants dont Estelle, la descendeuse qui monte en ski alpin.
À peine debout, le vainqueur du classement général de la Coupe du monde de ski en 1997 et vainqueur du Paris-Dakar en 2006 met donc les voiles.
« Par grande chance, je n’ai jamais eu le mal de mer : étonnant pour un montagnard », note l’homme de Serre-Chevalier où une piste noire porte son nom.
Quant à la malchance, il a failli l’apporter à son premier bateau.
« Un jour, pour être cool, je me suis pointé à bord avec de la terrine de lapin. Quand les mecs ont vu écrit lapin, ils l’ont jeté par-dessus bord comme s’il avait la peste. Je ne savais pas que le mot lapin à bord portait malheur... » explique-t-il.

« Comme les toutous »
Fin 2011, Luc Alphand s’était embarqué sur un monocoque 60 pieds dans la transat Jacques-Vabre avec Marc Thiercelin. Son abandon au bout de cinq jours ne l’a cependant pas freiné.
« Entre le virus chopé et la déception, je ne pouvais pas m’arrêter en si bon chemin. Et déjà dans ma tête germait l’idée de naviguer sur un trimaran, le nec plus ultra, dit-il. Avant de monter dessus, ma vision du bateau était celle de celui dessiné à l’école. Mais là, rien à voir : c’est un oiseau sur trois pattes, léger comme une plume et fin comme une lame qui fait vivre, vraiment, le vent. »
En le découvrant, sa première question fut de se « demander où dormaient les mecs sur cette unique étroite coque du milieu ».
Lui qui cherche le sommeil avec sa lampe frontale « parce qu’on se s’arrête pas la nuit en garant le trimaran comme une voiture », lui qui peine « à fermer l’œil sur 24 heures tant ça secoue grave dans un boucan d’enfer » constate celui qui a pris sa retraite de skieur à 32 ans. :
« À bord, les mecs font comme les toutous : en une seconde, ils font trois tours sur un endroit large comme un mouchoir de poche, se recroquevillent et s’endorment en un quart de seconde. De grands dingues. Et, entre deux dodos éclair, ils mangent du lyophilisé, comme les toutous. Du coup, quand ils font une boulette, terme employé en sport mécanique quand on fait une bêtise, je leur dis qu’ils ont fait une croquette. »
Aujourd’hui sur Actual, un trimaran de 50 pieds, l’équipier du skipper Yves Le Blévec est « le numéro un, celui qui envoie les voiles à l’avant, le bourricot qui se fait mouiller tout le temps ».
« D’un autre côté, quand ça navigue fort, il n’y a pas d’endroit, sauf le poste de barre où l’on est assis, où l’on est bien. Alors, on ne tient plus debout, on rampe », raconte « Lucho », hilare.
« Alors, c’est de la 3D, ça chasse, ça dérive latéral un peu comme les skis en haut de Kitzbühel », compare-t-il.

« Morts de rire »
Sans filière pour se rattraper « en cas de sortie de route », Luc Alphand campe, comme un poisson dans l’eau, sur ses acquis.
« Grâce à mes exercices sur trampoline quand j’étais skieur, mon sens de l’équilibre est un atout sur le trimaran où l’on vole, on est catapulté et on rebondit tout en veillant à ne pas se prendre les pieds dans tel ou tel truc piégeux serpentant partout à bord », dit-il.
Parfois à la barre, Luc Alphand reprend ses habitudes « de faire corps, comme avec des skis ou une bagnole, de piloter en regardant loin devant, de piloter souple et coulé en enroulant sans à-coups et de piloter comme en auto avec les vibrations ressenties dans les fesses ».
Sur son oiseau de neuf tonnes « capable de vous déborder en une demi-seconde à 30 nœuds », Luc Alphand avoue laisser son côté joueur aux vestiaires et l’explique.
« Un travers en ski ou en voiture, je freine et je contrôle. Là, si je pars en vrac, je suis à l’envers. Et pas de quille pour me remettre à l’endroit. Là, l’attaque, l’instinct, j’oublie. Là, au propre comme au figuré, j’apprends à glisser dans la sagesse, dit-il en avouant apprendre tous les jours. L’autre jour, j’étais à la barre et j’entends qu’un skipper adverse doit réparer. Alors, je m’efface pour le laisser passer. Et je me fais engueuler. Mais pour moi, réparer, c’était comme en auto, on laisse passer le mec en galère. Mais en voile, on dit réparer pour une pénalité. Du coup, ils étaient tous morts de rire. »
(Source : Reuters)
Skieur devenu copilote de rallye-raid, puis pilote aux 24 H du Mans et enfin marin, Luc Alphand navigue désormais, à bientôt 48 ans, sur un trimaran lancé dans la Route des Princes, course à étapes autour de l’Europe, et se raconte à Reuters.Même son accident de moto sur un rallye où, de son propre aveu, il est « passé près de la correctionnelle », il y a quatre ans, n’a pas stoppé sa gourmandise d’horizons nouveaux avalés à grande vitesse.« Immobilisé pour plusieurs semaines à la maison, quand j’ai rapidement dit à ma femme que j’allais faire de la voile, elle m’a dit que j’étais un grand malade », éclate de rire ce père de quatre enfants dont Estelle, la descendeuse qui monte en ski alpin.À peine debout, le vainqueur du classement général de la Coupe du monde de ski en 1997 et vainqueur du...
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