Dans les airs, le mouvement est suivi par 100 % des contrôleurs aériens, et malgré les réquisitions, la grève a entraîné l’annulation d’au moins un quart des trajets programmés. Dans un communiqué publié à la mi-journée, la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) a évoqué un « mouvement de grève exceptionnel suivi par près de 100 % des contrôleurs aériens » et annoncé des annulations supplémentaires s’ajoutant aux 1 800 vols déprogrammés préventivement sur l’ensemble du territoire. L’aviation civile, qui avait invité par avance les compagnies à réduire leur programme de 50 %, a demandé des annulations supplémentaires de 25 % sur les aéroports de Roissy, Orly, Beauvais, Lyon, Nice, Marseille, Toulouse et Bordeaux. Rien qu’à Roissy et Orly, 125 vols ont été supprimés en plus.
La DGAC avait prévenu que cette journée serait « plus compliquée », la quasi-totalité des organisations (CGT, CFDT, Unsa et FO) ayant rejoint le mouvement lancé la veille par le syndicat autonome des contrôleurs du trafic aérien (SNCTA).
Le trafic est également rendu plus difficile par les actions prévues dans dix autres pays européens. Tous les syndicats dénoncent le projet de Bruxelles, lancé il y a une dizaine d’années, de « ciel unique » européen. Un service minimum a été mis en place dans les centres de route de la navigation aérienne (Reims, Athis-Mons, Brest, Aix-en-Provence et Bordeaux) et au contrôle aérien de Roissy, Orly, Nice, Marseille, Bordeaux, Toulouse notamment, avec la réquisition de personnels. Le retour à la normale est prévu aujourd’hui.
Pour les habitués du rail, les déplacements s’annoncent aussi très compliqués. Les syndicats représentatifs CGT, Unsa, Sud-Rail et CFDT ont appelé à faire grève dès hier 19h00. Le mouvement, qui doit prendre fin demain à 8h00, sera « très suivi », a précisé la SNCF, avec seulement quatre TGV et TER sur dix en circulation. La compagnie souligne avoir mis en place « un plan massif d’information », notamment via son site Internet et un affichage en gare.
En outre, un million de mails devaient être envoyés aux clients abonnés et 500 000 tracts distribués pour indiquer les trains maintenus (sur quelque 15 000 circulant quotidiennement) et des « gilets rouges » mobilisés en nombre pour « aller au contact des clients » dans les gares.
Les voyageurs dont le train a été annulé pourront monter avec leur billet à bord de tout autre train sur la période, ou se le faire rembourser sans frais, précise la SNCF. Dans deux régions, les cheminots ont déjà commencé à débrayer, entraînant de légères perturbations sur des lignes TER (2 sur 3 en Nord-Pas-de-Calais et 3 sur 4 en Paca). Aujourd’hui, les TGV sud-est et province-province seront les lignes à grande vitesse les plus affectées avec 1 train sur 3 en moyenne, contre 4 sur 10 pour le TGV nord, 1 sur 2 sur la ligne Atlantique et 2 sur 3 pour le TGV est.
Sur les « Intercités », la prévision est de 3 trains sur 10, et au niveau régional, la SNCF annonce « plus de 4 services TER sur 10 ». En Île-de-France, le trafic sera également très perturbé : 1 train sur 3 sur les RER B et D, 1 sur 2 sur les RER C et E. Les interconnexions Nord-Sud Gare du Nord et Gare de Lyon ne seront pas assurées. Seul le RER A devrait être « proche de la normale ».
À l’international, le trafic sera diminué en direction de la Suisse (1 sur 2) et de l’Italie (1 sur 3) mais normal sur les lignes Eurostar (Londres), Thalys (Bruxelles, Amsterdam) et Alléo (Allemagne). Ce mouvement est une réaction à la future réforme du système ferroviaire qui, selon les syndicats, « suscite inquiétude et vigilance des cheminots ».
Pour Guillaume Pépy, le patron de la SNCF, « il s’agit de sauver le rail français ». « Sans cette réforme, le système français irait dans le mur », a-t-il déclaré hier dans Le Figaro, en expliquant que la réunion de la SNCF et de Réseau ferré de France (RFF), qui gère l’infrastructure, doit « permettre de gagner considérablement en efficacité ».
La SNCF emploie 150 000 personnes dans le secteur ferroviaire. La réforme voulue par le gouvernement vise à juguler en dix ans l’endettement du secteur qui atteint aujourd’hui les 30 milliards d’euros.
(Source : AFP)

