Le parquet de Lille a requis hier un non-lieu en faveur de Dominique Strauss-Kahn dans l’affaire de proxénétisme dite du Carlton, permettant à la défense de l’ancien directeur du FMI de marquer un point important dans cette bataille judiciaire. « Il n’existe pas de charges suffisantes » pour renvoyer DSK devant un tribunal, de même que l’ex-directeur régional Nord du groupe Eiffage, Jean-Luc Vergin, a estimé le parquet dans un communiqué. À la question de savoir si les 12 autres personnes mises en examen devaient comparaître devant une cour d’assises ou devant un simple tribunal correctionnel, le parquet a opté clairement pour la seconde option, après avoir étudié les 33 tomes du dossier d’instruction. Dodo la Saumure – alias Dominique Alderweireld –, le commissaire Jean-Christophe Lagarde et les autres personnes soupçonnées d’avoir fourni des prostituées à DSK ne sont passibles, aux yeux du procureur de Lille, que de « proxénétisme en réunion, ainsi que, pour certaines d’entre elles, d’escroquerie, abus de confiance, abus de biens sociaux ». Par conséquent, le parquet demande pour l’ensemble des 14 mis en examen un non-lieu pour la circonstance aggravante de « bande organisée », qui aurait pu justifier un renvoi devant les assises. Un non-lieu est également requis pour l’infraction d’association de malfaiteurs.
Les juges d’instruction sont libres de suivre ou non ces réquisitions et peuvent encore décider de renvoyer l’ensemble de l’affaire devant une cour d’assises ou en correctionnelle. Mais les avocats de Dominique Strauss-Kahn ont d’ores et déjà salué les réquisitions du parquet, estimant qu’elles confirmaient que les poursuites engagées contre lui n’avaient aucun fondement juridique. « Je suis content que le parquet soit du même avis que nous, à savoir qu’aucun élément constitutif de crime ou délit ne puisse être retenu » contre DSK, a déclaré Me Henri Leclerc. Selon un autre de ses avocats, Me Richard Malka, « DSK n’aurait jamais dû être poursuivi, jamais mis en examen, comme nous l’avons dit depuis le début, depuis un an et demi ». Les trois juges d’instruction vont maintenant communiquer le réquisitoire définitif aux parties, qui disposent d’un délai d’un mois pour faire des observations et demander des actes supplémentaires, par exemple des confrontations. Ils rendront ensuite une ordonnance stipulant leur décision, au plus tôt le 11 juillet. Les parties auront alors un délai de dix jours pour faire appel de cette ordonnance.
L’ancien ministre socialiste a toujours affirmé ignorer que les femmes présentes aux parties fines auxquelles il avait participé, notamment à Paris et Washington, étaient des prostituées, autrement dit qu’elles étaient rémunérées. Dominique Strauss-Kahn avait été mis en examen le 26 mars 2012 pour « proxénétisme aggravé en bande organisée », les juges le considérant comme auteur principal de l’infraction présumée, mais le parquet de Lille n’avait requis qu’une mise en examen pour « complicité ».
(Source : AFP)
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