La famille et les amis de Ghassan Tuéni réunis pour lui rendre hommage, un an après sa disparition, hier. Photo Marwan Assaf
La première commémoration annuelle du décès du journaliste, homme politique et diplomate Ghassan Tuéni a été célébrée hier en l’église Saint-Nicolas à Achrafieh. La messe a été présidée par le métropolite grec-orthodoxe de Beyrouth, Mgr Élias Audi, en présence du vice-Premier ministre démissionnaire, Samir Mokbel, représentant le président de la République Michel Sleiman et le président du Conseil Nagib Mikati ; le député Abdellatif Zein, représentant le président de la Chambre ; Mohammad Machnouk, représentant le Premier ministre désigné Tammam Salam ; ainsi que l’ancien président de la Chambre Hussein Husseini ; le député Atef Majdalani représentant le député Saad Hariri ; les ministres démissionnaires de l’Information et des Télécommunications Walid Daouk et Nicolas
Sehnaoui ; le nonce apostolique Gabriele Caccia ; l’ambassadeur d’Iran Ghadanfar Rokn Abadi ; les ambassadeurs du Maghreb et d’Espagne. Les députés Marwan Hamadé, Ghassan Moukheiber, Robert Ghanem, Mohammad Kabbani, Boutros Harb et Fouad el-Saad ; les anciens ministres Ziyad Baroud, Leila Solh Hamadé et Nayla Moawad ont également pris part à la messe, aux côtés de la famille du grand disparu, doyen d’an-Nahar, son épouse Chadia, son frère Sami et ses petites-filles Nayla, Michelle, Nadia et Gabriella, ainsi que Siham Tuéni, et Myrna Murr Abou Charaf, présidente de la Fédération des municipalités du Metn.
Requiem pour un « grand pays »
Prononçant une vibrante allocution en hommage à Ghassan Tuéni, « à l’esprit vivace, la pensée libre et la plume audacieuse », Mgr Audi a établi une comparaison entre le Liban de la démocratie, « du dialogue, des valeurs nobles, de la justice, du droit et de la souveraineté », rêvé, écrit et défendu par Ghassan Tuéni, et le Liban d’aujourd’hui. « Ce Liban que tu as aimé est devenu plusieurs pays, servant les étroits intérêts de chaque partie. » « Où est ta révolution, Ghassan Tuéni, contre l’ignorance et la soumission aveugle aux dirigeants ? » s’est encore demandé le dignitaire. « Ce citoyen dont tu as voulu ouvrir les yeux et l’esprit sur la vérité a choisi soit de se murer dans le silence, indifférent ou impuissant, soit de se laisser entraîner derrière les intérêts et derrière les leaders », a ajouté Mgr Audi. « Alors que tu rêvais d’un progrès ininterrompu de l’homme, nous nous trouvons dans une cascade de décadences », a-t-il déploré. Il a conclu, sur fond de sentiments mitigés, que Ghassan Tuéni est sans doute chanceux de se trouver aujourd’hui « là où la tristesse, la douleur et les soupirs n’existent pas. Et là où ses yeux ne pleureront pas la grande patrie rongée par les petits ».
Pour mémoire


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