Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Éclairage

Utilisation de sarin par le régime : et ensuite ? ...

Toute intervention militaire des grandes puissances reste purement théorique, selon des experts.

Paris et Londres ont annoncé pour la première fois avoir des preuves du recours au gaz sarin en Syrie. Mais après ? Même si, selon la France, la communauté internationale est tenue d’agir, ces déclarations sont plus un message politique qu’un prélude à une action concrète. « Nous avons apporté des éléments de preuve qui maintenant obligent la communauté internationale à agir », a déclaré hier le président François Hollande, sans dire dans quelle direction. « Nous ne pouvons agir que dans le cadre de la légalité internationale », a observé François Hollande. « Une ligne a été incontestablement franchie », avait déjà déclaré mardi son chef de la diplomatie Laurent Fabius après avoir révélé les résultats d’analyses françaises démontrant l’utilisation de gaz sarin par le régime syrien dans au moins un cas.
S’abstenant prudemment de parler de « ligne rouge », l’expression utilisée par le président américain Barack Obama en août 2012, M. Fabius a donné un éventail très large des « options » possibles, d’une absence de réaction jusqu’à des frappes ciblées sur les dépôts de gaz en Syrie. « On n’en est pas là », a-t-il cependant bien pris soin de souligner.
De fait, après avoir fait de l’usage d’armes chimiques une sorte de casus belli qui entraînerait « une réponse massive et foudroyante » (Laurent Fabius en septembre 2012), que peut et que veut faire la communauté internationale ? « On a parlé 20 fois de cette question d’armes chimiques. La France a confirmé leur utilisation, très bien. Mais c’est quoi, la prochaine étape, concrètement ? Il n’y a aucune volonté d’intervention » actuellement, se désole le docteur Obaida el-Moufti, porte-parole de l’UOSSM, un réseau de médecins agissant clandestinement en Syrie. L’UOSSM a recensé des dizaines de cas de blessés présentant des « signes cliniques » d’attaques à l’arme chimique. « Mais cela représente quoi dans un conflit qui a fait 100 000 morts ? Et des centaines de personnes sont mortes dans des bombardements de missiles Scud sans qu’aucune ligne rouge n’ait été fixée », accuse-t-il.

Message surtout politique
Toute intervention directe de la communauté internationale en Syrie reste donc purement théorique pour le moment. Paris et Londres ont réclamé avant tout un « accès immédiat et sans conditions » au territoire syrien des enquêteurs de l’ONU. Accès que Damas a toujours refusé et la mission d’enquête dirigée par le professeur Ake Sellström rendra un rapport intérimaire, probablement avant la fin juin, sans avoir pu mettre les pieds en Syrie. Une saisine du Conseil de sécurité de l’ONU est alors envisagée, selon une source diplomatique française. Pour obtenir, au minimum, une condamnation. Paris veut croire que Moscou, fidèle allié de Damas, rejoindra les Occidentaux sur la question des armes chimiques.
Qu’elles soient suivies ou pas de mesures concrètes, les annonces tonitruantes de la France et de la Grande-Bretagne constituent toutefois un pavé dans la mare, au moment où Washington et Moscou ont effectué un rapprochement et tentent de mettre sur pied une conférence internationale de paix sur la Syrie. « On veut laisser sa chance au processus politique », assure-t-on à Paris, tout en soulignant que le fait d’avoir rendu publiques des preuves est aussi « un moyen de pression sur la Syrie et ceux qui soutiennent le régime » de Damas.

Powell et sa fiole
 « C’est aussi une façon de faire pression sur Washington », ajoute Ziad Majed, professeur à l’Université américaine de Paris. « Il y a des divergences sur la conférence de paix. Washington est resté très ambigu, notamment sur le sort de Bachar el-Assad. Les preuves sur le gaz sarin sont une manière de rappeler à tous qu’il ne peut pas faire partie de l’avenir de la Syrie », dit-il. Les États-Unis ont estimé après l’annonce de la France qu’il fallait « davantage de preuves ». Au-delà des considérations diplomatiques, Washington traîne aussi le souvenir cuisant de la fiole de Colin Powell, rappelle le chercheur de l’IRIS Karim Emile Bitar. En février 2003, celui qui était alors le secrétaire d’État américain avait en effet exhibé devant l’ONU une fiole contenant soi-disant de « l’anthrax » irakien, pour tenter de justifier l’invasion américaine un mois plus tard. « D’une certaine façon, le peuple syrien paye aussi le prix de la guerre en Irak et des manipulations de l’époque », estime M. Bitar. Pour le chercheur du centre de réflexion londonien Chatham House Nadim Shehadi, « si une intervention est nécessaire en Syrie, il y a suffisamment de raisons avec les massacres que le régime commet »...
En attendant, le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a déclaré hier que les Nations unies devaient vérifier indépendamment les soupçons d’utilisation d’armes chimiques en Syrie, sur lesquels la France a annoncé mardi avoir des « certitudes ». « C’est extrêmement inquiétant, c’est pourquoi nous avons fait part au secrétaire général des Nations unies de plusieurs incidents lors desquels il y a eu un usage présumé d’armes chimiques », a ajouté le ministre. Il a néanmoins insisté sur le fait qu’il ne « s’empressait pas de tirer d’autres conclusions sur ce sujet », précisant : « La prochaine étape est une enquête des Nations unies. »
(Source : AFP)

Paris et Londres ont annoncé pour la première fois avoir des preuves du recours au gaz sarin en Syrie. Mais après ? Même si, selon la France, la communauté internationale est tenue d’agir, ces déclarations sont plus un message politique qu’un prélude à une action concrète. « Nous avons apporté des éléments de preuve qui maintenant obligent la communauté internationale à...

commentaires (1)

La prochaine étape est une enquête des Nations Unies...moi,ce qui m'interroge, c'est la gradation morale dans la façon de tuer les gens...égorgé, c'est bien, décapité, c'est bien, fusillé,c'est bien, mitraillé ,c'est bien, canonné,c'est bien, scudé, c'est va, bombardé par les airs,çà va...lapidé,pas de problème....mais alors gazé, çà va plus! Pourquoi? Le gazé est plus mort que les autres morts? et les napalmés,les agents orangés,les sous munitionnés,les dispersés, les fauchés comme des marguerites marguerites,les tapis de bombés...c'est acceptable? oui? non? rien va plus ,faites vos jeux... à ma droite,les morts "acceptables",à ma gauche,les morts "inacceptables"...ah ,j'oubliaais les mangés,çà va çà,les mangés?

GEDEON Christian

15 h 36, le 07 juin 2013

Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • La prochaine étape est une enquête des Nations Unies...moi,ce qui m'interroge, c'est la gradation morale dans la façon de tuer les gens...égorgé, c'est bien, décapité, c'est bien, fusillé,c'est bien, mitraillé ,c'est bien, canonné,c'est bien, scudé, c'est va, bombardé par les airs,çà va...lapidé,pas de problème....mais alors gazé, çà va plus! Pourquoi? Le gazé est plus mort que les autres morts? et les napalmés,les agents orangés,les sous munitionnés,les dispersés, les fauchés comme des marguerites marguerites,les tapis de bombés...c'est acceptable? oui? non? rien va plus ,faites vos jeux... à ma droite,les morts "acceptables",à ma gauche,les morts "inacceptables"...ah ,j'oubliaais les mangés,çà va çà,les mangés?

    GEDEON Christian

    15 h 36, le 07 juin 2013

Retour en haut