Le Suisse s’est lourdement incliné hier en quart de final (7-5, 6-3, 6-3). Incapable de contrer Tsonga, Federer a surpris par son jeu, accumulant les fautes directes même en coup droit, son point fort.
Solide et serein à la fois, il peut croire plus que jamais dans son destin, lui qui rêve de mettre fin à trente ans de disette française en grand chelem depuis la victoire de Yannick Noah à Roland-Garros en 1983.
Pour cela, il lui faudra d’abord battre vendredi l’Espagnol David Ferrer, n° 4 mondial, en demi-finales, avant de viser peut-être un nouvel exploit contre un champion comme Rafael Nadal ou Novak Djokovic, les seuls autres joueurs depuis 2004 à avoir battu Federer en trois sets dans un majeur.
« Je crois en mes chances, je vais donner 100 % de moi-même sur le prochain tour, après advienne que pourra », a-t-il réagi.
Déjà passé tout près l’année dernière lorsqu’il s’était procuré quatre balles de match face à Djokovic en quarts, Tsonga est devenu le premier Français depuis Monfils en 2008 à se hisser dans le dernier carré à Roland-Garros.
« Deux murs l’attendent »
La route est encore longue et il ne faudra surtout pas négliger son prochain adversaire qui avance dans l’ombre mais qui n’a, comme Tsonga, pas perdu un set dans le tournoi après sa démolition en règle (6-2, 6-1, 6-1) de Tommy Robredo.
« Maintenant il y a deux murs qui l’attendent, et la balle reviendra à chaque fois », prévient le futur DTN Arnaud Di Pasquale.
Mais la manière dont Tsonga a maîtrisé son sujet face à Federer, même en petite forme, ouvre de belles perspectives que sa première réaction ne fait que renforcer. « Là j’ai envie de crier, de sauter partout, d’aller embrasser ma famille. Mais il faut que je reste concentré », a dit Tsonga quelques minutes après son exploit, déjà tourné vers l’avenir.
Il venait pourtant de renverser le plus grand de tous avec Federer, même si celui-ci a été l’ombre du joueur qui a remporté 17 titres du grand chelem.
Mené 4-2 au premier set, Tsonga a complètement mis la main sur le match pour infliger au Suisse sa défaite en grand chelem la plus lourde, en termes de jeux encaissés, depuis sa finale perdue 6-1, 6-3, 6-0 face à Nadal en 2008.
Calme et déterminé, le n° 1 français a ensuite déroulé son jeu sans forcer sous les yeux d’un public partagé et presque gêné devant les erreurs de Federer.
Tsonga a rapidement remporté le deuxième set avant de faire le break d’entrée dans la troisième manche sur une double faute du n° 3 mondial.
C’est alors que le Manceau, souverain et précis jusque-là, s’est légèrement crispé pour permettre à Federer d’égaliser aussitôt. Mais quatre jeux plus tard, Federer a perdu une cinquième fois son service, sur un passing de revers un peu chanceux de Tsonga qui a touché la bande avant de s’écraser sur le flanc de Federer.
Abattu, le Suisse, après avoir subi tout le match, a alors rendu les armes pour encaisser sa deuxième défaite en grand chelem face à Tsonga après leur quart de finale à Wimbledon en 2011.
« Il a été meilleur que moi dans tous les compartiments du jeu, il m’a impressionné. Moi j’ai eu beaucoup de mal à trouver le rythme. Je suis déçu de la manière dont j’ai joué », a réagi Federer, qui n’a toujours pas gagné un titre cette année, une première depuis sa prise de pouvoir en 2003.
« Meilleur que moi »
« Il a été meilleur que moi dans tous les compartiments du jeu, il m’a impressionné. S’il continue à jouer un tennis offensif et avec l’appui du public, il peut y croire », au titre, a ajouté le Suisse, ajoutant cependant que l’occasion était « belle aussi pour David Ferrer ».
« Je ne peux pas rêver mieux pour le moment. Je joue super bien ! J’ai joué contre un champion qui a tout gagné. Aujourd’hui c’était mon tour », a tranché Tsonga, premier demi-finaliste français à Paris depuis Gaël Monfils en 2008.
Stoppé par Federer à l’époque, Monfils n’avait pas pu aller plus loin. Tsonga, tête de série n° 6 du tournoi comme Noah en 1983, a bien l’intention de ne pas s’arrêter là après avoir battu le n° 3 mondial en quarts de finale, comme Noah à l’époque (Ivan Lendl).
Alors que les derniers quarts de finale ont lieu aujourd’hui, on connaît aussi l’affiche de la première demi-finale dames. Elle opposera la n° 1 mondiale Serena Williams, mise en difficulté pour la première fois du tournoi par Svetlana Kuznetsova (6-1, 3-6, 6-3), à l’Italienne Sara Errani, qui a confirmé sa régularité face à la Polonaise Agnieszka Radwanska (6-4, 7-6).
La demi-finale aura lieu demain, un jour avant celle de Tsonga, attendu désormais par tout un pays à la Porte d’Auteuil.



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