L’interface Modern UI au démarrage du dernier Windows.
Le nouveau bouton «démarrer» aura la même apparence (le logo de Windows) et le même emplacement que l’ancien (en bas, à gauche de l’écran). Mais au lieu d’ouvrir comme avant une liste de fonctions dans un menu déroulant, il les affichera sous forme de gros boutons répartis sur tout l’écran.
«Non seulement Windows 8.1 répond aux retours des consommateurs, mais il va ajouter de nouvelles fonctions (...) qui font progresser le potentiel du tactile et de l’informatique mobile », affirme Antoine Leblond, un responsable de Windows, dans un message publié sur le blog officiel du groupe.
L’une des mises à jour élargit les recherches avec le moteur Bing aux applications et aux fichiers présents sur l’appareil, et dans le service de stockage en ligne de Microsoft, SkyDrive. L’utilisateur pourra aussi davantage personnaliser l’apparence de son écran, et des applications pour éditer ses photos ou écouter de la musique.
Microsoft affirme avoir vendu plus de 100 millions de licences pour Windows 8 en six mois, un niveau similaire à celui enregistré pour Windows 7 mais considéré comme un succès mitigé par les analystes qui relèvent que son adoption est lente sur les tablettes et qu’il n’a pas permis de relancer les ventes de PC.
Avec son dernier système, Microsoft avait pris une décision évitée par ses concurrents : fournir un même système sur PC et tablette. Pour cela, l’entreprise a fait cohabiter deux interfaces: la classique héritée des versions précédentes et l’interface Modern UI (ex-Metro) pour les tablettes, inspirée de celle présente sur Windows Phone et fondée sur des « tuiles » multicolores. La double-interface est imposée au démarrage aux utilisateurs, dont ceux sur ordinateur, qui doivent régulièrement naviguer d’un univers classique à un univers « tablette ».
« Fonctions cachées, capacité à découvrir réduite, surcharge cognitive à cause de deux environnements, des possibilités réduites par un environnement ne permettant qu’une seule fenêtre à la fois et une densité d’information basse. Vraiment dommage », résumait l’expert en ergonomie Jakob Nielsen en novembre. L’interface Modern UI pour tablette privilégie ainsi l’utilisation d’une seule application, permettant au mieux d’en afficher une autre sur un tiers de l’écran.
Avec Windows 8.1, le système permet d’utiliser jusqu’à trois applications par écran et réduit l’écart entre les deux interfaces, avec une présentation de toutes les applications ou en permettant de partager un même fond d’écran entre les deux univers. Windows 8 permettra surtout aux utilisateurs de démarrer directement sur le bureau classique, et non l’interface tablette, rapporte ZDNet. Un des points jugés les plus déroutants.
Le système sera globalement plus flexible et personnalisable. Le magasin d’applications Windows Store et certaines applications seront également améliorés, tout comme l’usage du clavier et de la souris. Windows 8 était surtout pensé pour les écrans tactiles, présents sur les tablettes et de nouveaux PC, délaissant par endroits les outils utilisés par la plupart des utilisateurs.
Si le groupe annonce avoir distribué 100 millions de licences de son système depuis octobre, les utilisateurs privilégient encore les versions précédentes. La dernière mouture ne compte ainsi que pour 3,8 % des PC connectés à Internet, écrasée notamment par Windows 7 sorti en 2009 (44,7 %) et Windows XP sorti en 2001 (38,3 %), selon NetMarketShare. Cette tendance a été appuyée par les mauvaises ventes des PC et tablettes équipés du système, avec lesquels les constructeurs espéraient pouvoir augmenter les prix.
En mars, le constructeur taïwanais Asus déclarait que l’accueil du système par les consommateurs « n’a pas été bon » sur son premier trimestre de vente. Samsung a pour sa part estimé que « Windows 8 n’est pas meilleur que Windows Vista », considéré comme un échec pour Microsoft. Le groupe a présenté des résultats supérieurs aux attentes en avril, avec un bond de 20 % des revenus de la division Windows d’année à année, malgré l’éviction de son directeur un mois après le lancement. Cela n’empêche pas la déception du côté des constructeurs, qui espéraient un rebond du marché PC grâce à Windows 8 et de nouveaux formats d’ordinateurs, qui ont peiné à convaincre les utilisateurs.

