Le secrétaire d’État américain John Kerry a lui-même douté, vendredi, que l’élection « change le calcul fondamental que fait l’Iran ». « Le dossier n’est pas entre les mains du nouveau président ou du président (Mahmoud Ahmadinejad). Il est entre les mains du guide suprême. C’est le guide suprême qui décide au bout du compte », a-t-il rappelé.
« Sans considération du candidat élu le 14 juin, les activités d’enrichissement de l’uranium se poursuivront sans peur des ennemis », a affirmé l’un des favoris du scrutin, Saïd Jalili. Ce conservateur est depuis 2007 le chef intransigeant des négociateurs iraniens face aux grandes puissances réunies dans le groupe 5+1 (Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne), et conseiller spécial du guide dans ce dossier. L’ancien ministre des Affaires étrangères Ali Akbar Velayati a assuré que l’Iran pouvait « résoudre cette question sans renoncer à la technologie nucléaire ». « Le guide suprême a dit de conserver (cette) technologie et celui qui est élu devra poursuivre cette politique », a souligné M. Velayati, actuel conseiller du guide pour les affaires internationales. Pour Hassan Rohani, conservateur modéré et ancien négociateur nucléaire sous la présidence du réformateur Mohammad Khatami, « l’enrichissement est notre droit légitime et les sanctions sont illégales ».
« Pas grand-chose... »
C’est surtout l’intransigeance de M. Jalili qui est dénoncée par ses concurrents. M. Velayati, fort de son expérience à la tête de la diplomatie (1981-1997), a égratigné M. Jalili, estimant que les négociateurs devaient « connaître la langue internationale pour que l’autre partie la comprenne ». « Jusqu’à présent les négociations ont mené à une intensification des sanctions », a affirmé le conservateur Mohsen Rezaï, appelant à un « changement d’orientation ». Un autre conservateur, Mohammad Bagher Ghalibaf, a assuré que s’il était élu, « le prochain gouvernement (poursuivrait) sa tâche mais de façon constructive, basée sur l’intérêt national et les valeurs révolutionnaires ».
Pour Alireza Nader, chercheur au centre de recherches américain RAND Corporation, « nous ne devons pas attendre grand-chose si l’un d’entre eux devient le prochain président ». Il faudra « voir si les pressions économiques sur l’Iran portent leurs fruits », ajoute-t-il, estimant qu’il « existe encore des chances que Khamenei soit plus flexible à cause de la pression ».
Manifestants arrêtés
Par ailleurs, plusieurs personnes ont été arrêtées samedi à Téhéran après que des portraits de l’opposant Mir Hossein Moussavi ont été brandis lors d’une réunion du candidat modéré à la présidentielle Hassan Rohani, ont rapporté hier des médias iraniens. Selon les sites Internet Nasimonline.ir et Alef.ir (conservateurs), plusieurs partisans et des membres de la campagne de M. Rohani ont été arrêtés lors de cette réunion à la mosquée Jamaran, dans le nord de Téhéran. Le site d’opposition Kaleme.com a parlé de sept personnes arrêtées et transférées à la prison d’Evine. Un porte-parole de la campagne de M. Rohani n’a pas confirmé les arrestations, expliquant que « quelques personnes ont tenté de perturber la réunion ». Les autorités ont averti dès le début de la campagne qu’aucune manifestation de contestation ne serait tolérée.
(Source : AFP)


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