« La Havane », cliché pris d’un taxi en 2009 (40 x 60 cm ; édition 12)
« Beyrouth, comme Buenos Aires, est une ville très inspirante, affirme Céline Villegas. Elle a une forte identité, un rapport au temps qui m’intéresse et des tas de facettes à découvrir. Cela faisait très longtemps que j’avais envie d’y venir, mais je ne voulais pas juste passer quelques jours en touriste. »
C’est donc dans le cadre d’un projet photographique que la jeune femme, qui « essaye d’en faire une profession », précise-t-elle, se retrouve au pays du Cèdre. Un changement de cap qui commence, si l’on peut dire, sous le ciel du Liban. Car jusqu’à ces derniers mois, cette petite brune typée au regard attentif et doux était encore conseillère en communication auprès d’un membre du gouvernement de Jean-Marc Ayraut.
Diplômée en sciences politiques, Céline Villegas avait entamé sa première carrière auprès de Danielle Miterrand au sein de la Fondation France-Libertés de l’ex-Première dame française, puis avait rejoint le ministère français des Affaires étrangères où, durant 4 ans, elle avait occupé le poste de chargée de communication d’abord à Buenos Aires ensuite à Paris. Tout à sa détermination carriériste, elle avait négligé les signes avant-coureurs de sa passion pour l’image.
« Ma mère est photographe. Ce qui fait que j’ai toujours eu une caméra entre les mains. J’ai des souvenirs de mon enfance où je développe des clichés avec elle dans une chambre noire installée dans la salle de bains. Plus tard, j’ai toujours pris beaucoup de photos, notamment en voyage, mais ma pratique était celle de tout le monde. C’est durant mon séjour en Argentine que le vrai déclic s’est produit. J’ai été très sensible à l’énergie de sa capitale, à sa poésie et sa mélancolie et c’est là que s’est déclenchée ma véritable passion pour la photo », raconte-t-elle en toute simplicité.
Cette même simplicité que l’on retrouve dans la technique et le cadrage de la vingtaine d’œuvres qu’elle présente donc à Beyrouth sur le thème de l’Amérique latine. Des scènes de rue essentiellement prises, au cours de son séjour là-bas entre 2008 et 2010, avec une caméra digitale mais présentant un regard différent, poétique, un brin mélancolique et souvent chargé d’émotion.
Des images qui, de la « Ville des bons vents » (évoquée par d’éloquents jeux de jambes de danseurs) aux petits villages perdus au fin fond du Mexique (racontés au moyen d’une série de portraits pittoresques en couleurs ou noir et blanc), en passant par La Paz, en Bolivie, une magnifique vue de La Havane (à la nostalgie captée de derrière la vitre d’un taxi) ou encore Rio de Janeiro (vues prises du Christ Roi un jour de pluie), entraînent le regardeur dans un voyage imaginaire.
Des photos impressionnistes de lieux, de personnages, d’instants particuliers, « de choses qui m’ont touchées », tient à souligner Céline Villegas. Laquelle, rattrapée par sa sensibilité génétique à l’image, ne compte pas s’arrêter là. La preuve : la série beyrouthine qu’elle prépare et qu’on espère découvrir, d’ailleurs, prochainement sur des cimaises libanaises !
*120, rue Pharaon, Mar Mikhaël. Tél. 01-570027.


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