Ryan C. Fogle. AFP/FSB
La Russie a annoncé mardi avoir arrêté en flagrant délit Ryan C. Fogle, un diplomate américain agent de la CIA qui tentait de recruter à Moscou un membre des services russes. Fogle cherchait des informations sur les suspects des attentats de Boston, selon « Kommersant ».
Mon nom est Fogle, Ryan Fogle. Pas le genre de patronyme avec lequel on va broder une saga en 30 épisodes.
Fogle, c’est mou, ça évoque plus la Forêt-Noire et le lederhose que la Tamise et Savile Row, ça ne ferait pas rêver la ménagère, qu’elle ait plus ou moins de 50 ans.
Fogle, c’est originellement allemand – Vogil et Fogel –, anglais, du vieil anglais du VIIe siècle – Fugel et Foul –, et un peu néerlandais aussi sur les bords. En gros, ça veut dire oiseau.
Je sais que ça vous démange, alors je vais le faire moi-même le jeu du mot, ça va détendre tout le monde. Oiseau, oiseau... Comme un pigeon, n’est-ce-pas ? Oui, comme un pigeon qui se serait fait gauler par les ruskov, c’est exactement ça.
Tu parles d’une humiliation. Exhibé à la télé russe aplati sur le bitume, le genou d’un agent entre les reins, menotté, ma perruque blonde de traviole et la casquette à l’envers. Si au moins je m’étais fait attraper en slip bleu Prada, le buste bronzé, musclé et mouillé, sortant d’une mer azur sur une plage des Bahamas...
Et mes effets personnels jetés en pâture, une pièce d’identité, ma photo avec la raie sur le côté, mes perruques, mon téléphone même pas smart, mon plan de poche de Moscou, mes billets tout propres de 500 euros, mon carnet de notes. Il n’y a que mon couteau pour relever le niveau. Ceux qui attendaient un sac autodestructeur, une Rolex sous-marine, de fausses empreintes digitales ou les clés d’une Aston Martin ont dû être déçus...
Je le reconnais, j’ai l’air d’une truffe. Évoquant mon arrestation, un expert russe a parlé d’« incident amusant » dans les colonnes de la Pravda. Autant dire que ce n’est pas moi qui vais relancer la guerre froide.
À ma décharge, j’ai suivi le manuel du parfait petit espion qui bosse à l’ancienne. Le cyber, la high-tech, ce n’est pas mon truc, moi je suis plus dans l’humain, le contact, le relationnel, les verres de vodka entrechoqués et le goulasch partagé. En témoigne mon style épistolaire, celui que j’utilise dans la lettre au type du FSB, une lettre exhibée elle aussi à la télé. Pour moi, il est inconcevable d’entamer une lettre sans les formules d’usage, là j’ai opté pour « Cher ami », c’est bien le minimum pour un agent russe qu’on veut un peu retourner. Pour tout avouer, j’ai failli la rédiger à la main cette missive.
On va se demander si je me suis fait piéger. Je me le demande aussi. Mais par qui ? Par le FSB ou par Langley ? Pendant qu’on fait tout ce barnum autour de moi, l’agent amateur sur la piste d’éventuels acolytes des frères Tsarnaev, qui sait ce que mes collègues font en Russie ?
Et si je n’avais été qu’un écran de fumée ?
Côté russe, mon arrestation est du pain bénit pour consommation interne, du grain à moudre pour Vladimir qui s’acharne à réveiller la ferveur nationaliste dans une tentative désespérée de masquer la débandade économique.
Un doute m’assaille, serais-je le dindon de la farce ?
Mon nom est Fogle, Ryan Fogle. Pas le genre de patronyme avec lequel on va broder une saga en 30 épisodes.Fogle, c’est mou, ça évoque plus la Forêt-Noire et le lederhose que la Tamise et Savile Row, ça ne ferait pas rêver la ménagère, qu’elle ait plus ou moins de 50 ans.
Fogle, c’est originellement allemand – Vogil et Fogel –, anglais, du vieil anglais du VIIe siècle – Fugel et Foul –, et un peu néerlandais aussi sur les bords. En gros, ça veut dire oiseau.Je sais que ça vous démange, alors je vais le faire moi-même le jeu du mot,...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef