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Nos lecteurs ont la parole

L’homme qui ne pouvait porter sa croix

Par Lina SINNO
Je discutais avec une copine de la vie et de ses vicissitudes, des claques que l’on reçoit, des petits bobos et des grands malheurs que l’on côtoie tout au long de ce parcours souvent pénible qu’est la vie. Elle me raconta, à l’occasion, une délicieuse histoire qui est très connue, l’on me dit par la suite, mais que je m’empresse quand même de partager avec vous. Bien entendu, la croix ici ne doit pas être prise au sens étroit, ni même au sens religieux, mais au sens métaphorique du terme.
Un groupe de personnes marchaient sans destination précise, portant chacun sa croix sur le dos. Plus ils marchaient, plus ils s’essoufflaient, plus leur dos se voûtait, plus le courage leur manquait. Mais ils avançaient quand même silencieusement, patiemment. Au bout d’un moment, désespéré, éreinté par le poids de son énorme croix, l’un d’eux s’arrête et, invoquant Dieu, Lui dit : « Je vous en supplie mon Dieu, je n’en peux plus, je suis brisé de fatigue, cette croix est trop lourde pour moi, je vais en scier un morceau pour pouvoir la supporter et poursuivre mon chemin en compagnie de mes amis. » Ce qu’il fait aussitôt, et le groupe reprit son chemin d’un pas de plus en plus lourd. Ce fardeau était vraiment accablant, mais chacun y mettait du sien et se démenait comme il pouvait pour pouvoir survivre et rester sur pied. Soudain, à bout de souffle, celui qui avait déjà amputé sa croix un bon bout tomba à genoux et se mit à hurler : « Mon Dieu, c’est trop de souffrance, je n‘arrive plus à supporter, cela est trop pénible pour moi, je ne sais plus quoi faire, le mieux serait que je coupe encore un bout de ma croix. » Il coupa un morceau de sa croix, pria Dieu de lui pardonner son acte et rejoignit ses amis lesquels, exténués, continuaient leur route tant bien que mal, sans se plaindre, d’un pas de plus en plus lent, de plus en plus lourd, jusqu’à ce qu’ils abordent quelques heures plus tard un ravin qu’il leur était évidemment impossible de traverser à pied. Les personnes qui avaient porté leur croix, courageusement, résolument, sans mot dire, l’installèrent en guise de pont entre les deux montagnes et purent passer aisément le ravin, et, lui, penaud, qui n’avait pas eu assez d’endurance et qui s’était empressé de raccourcir par deux fois sa croix, se retrouva piégé sur place !
Aussi insoutenable que soit le fardeau, aussi aiguë que soit la souffrance, ne s’agit-il pas dans la vie de prendre stoïquement sur soi ? De ravaler dignement ses larmes ? De vaincre tête haute la douleur ?
D’accepter courageusement son sort ? De se pardonner avant de pardonner aux autres ?
D’abdiquer humblement son ego ? De ne jamais perdre la foi ni l’espoir ? De réfléchir inlassablement sur soi, pour ne pas se retrouver dans l’impasse de celui qui n’arrive pas à assumer et qui flanche en cours de route, optant pour la facilité et les raccourcis ? Ne s’agit-il pas de pouvoir surmonter vaillamment le ravin pour mériter, après avoir tant peiné, le salut, à l’ombre de « l’autre versant de la montagne » ?
Je discutais avec une copine de la vie et de ses vicissitudes, des claques que l’on reçoit, des petits bobos et des grands malheurs que l’on côtoie tout au long de ce parcours souvent pénible qu’est la vie. Elle me raconta, à l’occasion, une délicieuse histoire qui est très connue, l’on me dit par la suite, mais que je m’empresse quand même de partager avec vous. Bien entendu, la croix ici ne doit pas être prise au sens étroit, ni même au sens religieux, mais au sens métaphorique du terme. Un groupe de personnes marchaient sans destination précise, portant chacun sa croix sur le dos. Plus ils marchaient, plus ils s’essoufflaient, plus leur dos se voûtait, plus le courage leur manquait. Mais ils avançaient quand même silencieusement, patiemment. Au bout d’un moment, désespéré, éreinté par le poids de...
commentaires (3)

Faut dire ,que dans l'éventualité... bien sûr improbable ou dieu n'existerait pas ...nous pouvons tout de même penser ....que les gens graviraient mieux les montagnes sans croix...

M.V.

20 h 10, le 15 mai 2013

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Commentaires (3)

  • Faut dire ,que dans l'éventualité... bien sûr improbable ou dieu n'existerait pas ...nous pouvons tout de même penser ....que les gens graviraient mieux les montagnes sans croix...

    M.V.

    20 h 10, le 15 mai 2013

  • C'est toujours un plaisir de te lire Lina :)

    Tina Chamoun

    10 h 23, le 15 mai 2013

  • "Si c'est Dieu qui fait les croix, c'est lui aussi qui fait les épaules, et nul ne l'égale dans l'art des proportions"

    Yves Prevost

    07 h 14, le 15 mai 2013

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