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Économie - Italie

Rome cherche la voie de la reprise face à une équation budgétaire serrée

L’un des principaux écueils que Letta doit affronter immédiatement est l’IMU, une taxe foncière et d’habitation très impopulaire.

Enrico Letta cherche à résoudre la difficile équation budgétaire et empêcher, selon ses propres paroles, que le pays, en récession depuis l’été 2011, « ne se meure par la faute de la seule austérité ».

L’arrivée aux manettes de l’Italie du gouvernement d’Enrico Letta a apporté une bouffée de stabilité bienvenue dans un pays en pleine crise de confiance, mais sa marge de manœuvre reste étroite entre promesses de relâchement de l’austérité, respect des engagements budgétaires européens et turbulences dans sa majorité.
Depuis sa nomination fin avril, M. Letta cherche à résoudre la difficile équation budgétaire et empêcher, selon ses propres paroles, que le pays, en récession depuis l’été 2011, « ne se meure par la faute de la seule austérité ». L’un des principaux écueils qu’il doit affronter immédiatement est l’IMU, une taxe foncière et d’habitation très impopulaire, dont l’abolition et même le remboursement furent le fer de lance de Silvio Berlusconi lors de sa campagne pour les législatives de février. Cette promesse lui a permis d’obtenir un score suffisant pour placer, après deux mois de bras de fer politique, son bras droit, Angelino Alfano, au poste de numéro deux du gouvernement de M. Letta. Il a clairement conditionné le soutien de son parti, le PDL, à une abolition de l’IMU.
Mais le gouvernement, après avoir promis sa suspension, a pris un faux départ, en repoussant in extremis la semaine dernière l’adoption du décret-loi en question, qui devait aussi réduire symboliquement les émoluments des ministres. Un texte est attendu dans les prochains jours, mais les vraies décisions sur la refonte de l’impôt semblent désormais renvoyées à septembre. Ce report, jugé peu glorieux pour un gouvernement qui se veut ambitieux, a été suivi de tensions entre MM. Letta et Alfano dimanche suite à la participation du second à une manifestation de soutien à Silvio Berlusconi, face à ses ennuis judiciaires. De quoi réveiller l’inquiétude des milieux d’affaires, qui réclament à cor et à cris des réformes pour sauver l’économie, mise à mal par les plans d’austérité et la longue période d’incertitude politique. « La situation de l’économie réelle est si grave que tout le temps qui n’est pas consacré à affronter les vrais problèmes est du temps perdu », a lancé le président du mouvement patronal Confindustria, Giorgio Squinzi.
« Il est très difficile de prédire quand l’Italie sortira du marais dans lequel elle se trouve car maintenant le recul de la croissance affecte toute l’Europe ». Jusqu’à récemment, « tout le monde pensait que l’on repasserait dans le vert dans la seconde moitié de l’année ; maintenant, ce n’est plus le cas », a-t-il ajouté, espérant que cela le soit l’année prochaine. Ni Confindustria ni le Fonds monétaire international, où l’on dit aussi espérer voir l’Italie baisser les impôts, ne se hasardent cependant à intervenir dans le brûlant débat de l’IMU.
Pour Gianluca Spina, président de l’école d’économie de l’institut Politecnico de Milan, l’ultimatum imposé par le PDL sur l’IMU est « une très grave erreur ». L’exécutif serait bien mieux inspiré d’abaisser les taxes pesant sur le travail, qui, à leur niveau actuel « découragent les entrepreneurs d’embaucher et favorisent le travail au noir. Aujourd’hui, en Italie comme ailleurs en Europe, il vaut certainement mieux détaxer le travail et taxer le patrimoine », estime-t-il. Cédric Thellier, analyste de la banque Natixis, estime pour sa part que M. Letta a avant tout cherché dans l’immédiat à « redonner confiance », tant aux Européens qu’aux Italiens, après « un processus électoral pour le moins chaotique », d’où la quasi-absence de mesures concrètes dans son discours, si ce n’est en ce qui concerne l’IMU et la TVA, dont le gouvernement souhaite bloquer une hausse d’un point prévue en juillet.
L’Italie a beaucoup à gagner, au moins « symboliquement », de la suspension espérée à la fin du mois de la procédure européenne pour déficits excessifs dont elle fait l’objet depuis 2009,
estime-t-il. Ce geste « va donner aux politiques italiens plus de crédibilité sur la santé des finances publiques, même s’il reste des progrès à faire », indique-t-il, déclarant d’ailleurs s’attendre à ce que Rome déborde légèrement son objectif de déficit cette année (à 3,2 % contre 2,9 %). Il n’exclut pas cependant que l’Italie marche à terme sur les traces de l’Espagne et de la France, et demande à son tour un report du retour à 3 % de déficit.
Le professeur Spina s’attend pour sa part dans les prochains mois à « un peu de ballet, de déclarations », mais sur le fond à une politique plutôt « attentiste » d’ici aux législatives allemandes en septembre. Une fois ce cap passé, à condition que le résultat soit clair et durable, l’Italie, la France et l’Espagne pourront tenter d’obtenir que Berlin fasse des concessions sur la rigueur « sans trop devoir tenir compte des maux de ventre de l’électorat allemand », estime-t-il.

(Source : AFP)
L’arrivée aux manettes de l’Italie du gouvernement d’Enrico Letta a apporté une bouffée de stabilité bienvenue dans un pays en pleine crise de confiance, mais sa marge de manœuvre reste étroite entre promesses de relâchement de l’austérité, respect des engagements budgétaires européens et turbulences dans sa majorité.Depuis sa nomination fin avril, M. Letta cherche à résoudre la difficile équation budgétaire et empêcher, selon ses propres paroles, que le pays, en récession depuis l’été 2011, « ne se meure par la faute de la seule austérité ». L’un des principaux écueils qu’il doit affronter immédiatement est l’IMU, une taxe foncière et d’habitation très impopulaire, dont l’abolition et même le remboursement furent le fer de lance de Silvio Berlusconi lors de sa campagne pour les...
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