Condamné en décembre 2011 à la réclusion à perpétuité pour ces attentats, Carlos, 63 ans, a indiqué avoir interdit à ses avocats de venir le représenter, à défaut de financement vénézuélien. « Je n’ai aucune intention de saboter le procès », a dit le natif de Caracas devant la cour d’assises spéciale de Paris. « On n’a pas les moyens, mes avocats ne peuvent pas payer de leurs poches les frais, » a-t-il ajouté. « C’est de la faute des traîtres du Venezuela (...) Ils vont payer de leur sang. » Au cours du week-end, l’avocat de Carlos, Me Francis Vuillemin, avait déjà dénoncé des tentatives de « sabotage » au plus haut niveau de l’État vénézuélien après la mort de Hugo Chavez, soutien du « Chacal ». Les frais de défense de l’ancien ennemi public n° 1 des années 1970 et 1980, qui a demandé son transfèrement vers son pays natal, devaient être pris en charge par Caracas, disait-il. Un représentant de l’ambassade du Venezuela, présent à l’audience dans la matinée, s’est refusé à tout commentaire.
Dans la matinée, Carlos a demandé à ce qu’un avocat, « si possible catholique », soit commis d’office. Me Francis Szpiner, avocat des parties civiles, a dénoncé les propos de celui qui est surnommé « Le Chacal ». « En France, on ne distingue pas les avocats, ou les magistrats d’ailleurs, par leur origine », a-t-il déclaré, disant ne « rien attendre » de l’accusé, qu’il a qualifié de « praticien habitué de la cour d’assises ».
Vêtu d’une chemise blanche et d’un costume noir, avec pochette et foulard bleu marine, l’accusé s’est montré souriant et a dit être un « révolutionnaire professionnel ». « Je suis en vacances prolongées aux frais de l’État français », a-t-il ironisé. Carlos est emprisonné depuis 19 ans en France, où il purge une condamnation à perpétuité prononcée en 1997 pour les assassinats, en 1975 à Paris, de deux policiers français de la DST et de leur informateur. Le président de la Cour, qui l’a repris à plusieurs reprises, lui demandant notamment de retirer les mains de ses poches et d’arrêter d’appeler les avocats par leurs prénoms, lui a conseillé d’éviter la « provocation ». « Il s’amuse avec la Cour, il s’amuse avec les parties adverses, c’est insupportable », a réagi l’une des victimes.
Carlos dirigeait un groupe d’activistes d’extrême gauche qui fut soutenu, armé et hébergé par le bloc communiste d’Europe de l’Est, notamment la RDA, la Hongrie et la Roumanie, mais aussi protégé par la Syrie, l’Irak, le Yémen. Il s’est fait connaître dans le monde entier avec l’enlèvement, en décembre 1975 à Vienne, de onze ministres de l’OPEP.
(Source : Reuters)


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