Premier ministre à deux reprises dans les années 90, à une époque où le Pakistan ne souffrait pas au quotidien d’attentats, Nawaz Sharif avait suggéré dans la campagne électorale la tenue de pourparlers avec les talibans pakistanais. Roberto Schmidt/AFP
Premier ministre à deux reprises dans les années 90, à une époque où le Pakistan ne souffrait pas au quotidien d’attentats, Nawaz Sharif avait suggéré dans la campagne électorale la tenue de pourparlers avec les talibans pakistanais du TTP, responsable de la mort de milliers de personnes depuis six ans. Le TTP a d’ailleurs revendiqué une cascade d’attentats meurtriers pendant la campagne électorale contre les membres laïcs de la coalition sortante au pouvoir à Islamabad. La Ligue musulmane (PML-N) de Nawaz Sharif a, quant à elle, été épargnée par ces attaques, ce qui a facilité l’organisation de ses rassemblements, mais aussi soulevé des questions sur une possible proximité avec des groupes islamistes armés. Mais le principal intéressé a rapidement assuré de son soutien aux États-Unis dans leur « guerre contre le terrorisme ». « Le plus important est de ne jamais permettre à ce que notre sol puisse être utilisé par qui que ce soit pour créer des problèmes dans un autre pays du monde », a dit M. Sharif, cité dimanche dans le quotidien britannique Sunday Telegraph. Et le président américain Barack Obama a affirmé que Washington allait travailler avec le gouvernement de M. Sharif comme des « partenaires égaux ».
Selon Jonah Blank, ancien directeur du comité des Affaires étrangères du Sénat sur l’Asie du Sud, la rhétorique antiaméricaine de Nawaz Sharif pendant la campagne ne mènera pas à une politique de confrontation avec Washington. « Il n’y a rien pour étayer l’idée qu’il est un chef extrémiste ou que sa rhétorique, antiaméricaine ou pro-islamiste, se traduira par une politique d’affrontement » avec Washington, dit-il.
(Source : AFP)

