Cette étape est passée, et près de 99 pour cent du territoire occupé ont été libérés. Entre-temps, le Hezb est devenu un maillon inévitable du tissu libanais et il fait partie prenante, avec ses partenaires, du directoire officiel du pouvoir. Celui-ci doit donc veiller à la stabilité du pays, à sa croissance et à son épanouissement. De ce fait, il porte une plus grande responsabilité des déboires qui peuvent surgir suite à des prises de position irréfléchies et incontrôlables.
Devant l’insistance de nombreux groupes et partis libanais demandant au Hezb de déposer les armes et de les livrer à l’État, pour devenir ainsi un parti politique comme les autres et ne plus avoir cette auréole d’autorité suprême, que fait le Hezb ? Il accroît sa supériorité et dévoile ses nouveaux plans : libérer la Palestine, protéger et défendre notre gaz naturel encore en mer et détruire Israël avec le nombre incalculable de ses missiles qu’il détient.
Cette surenchère dans les revendications et cet étalage des nouveaux projets ne sont que des raisons sournoises et cyniques pour montrer que les armes qu’il détient sont toujours indispensables.
Mais le comble a été cette prise de position médiatique et militaire qu’il a prise en faveur du régime d’Assad, contrairement à la position de neutralité totale que le Liban avait décidée en Conseil des ministres, se mettant ainsi en nette opposition et en conflit avec la grande communauté sunnite du monde arabe et du Liban.
Tout en comprenant la volonté du Hezb de défendre un régime qui lui a toujours apporté un appui inconditionnel, les Libanais se demandent si le Hezb, avec sa direction présidée par un pur Libanais intelligent, clairvoyant et charismatique, avait bien réfléchi au risque immense qu’il fait courir au Liban. À quoi aurait servi cette aide au régime syrien si en contrepartie on risque de déstabiliser le Liban ?
Par ailleurs, les Israéliens, qui n’ont pas encore digéré leur défaite cuisante de 2006 face au Hezbollah, sont en train de se préparer et de s’armer intensivement dans l’intention de prendre leur revanche et, cette fois-ci, d’occuper le Liban-Sud et d’arriver en fin de compte à l’eau du Litani dont ils ont tant besoin et qu’ils convoitent depuis bien longtemps. Ainsi, ils pourront respirer grâce aux deux poumons qu’ils auront acquis injustement au Golan syrien et dans le Sud libanais et qu’ils ne voudrons plus jamais quitter.
Là aussi, à quoi auront servi ces surenchères si en contrepartie on risque de perdre une partie du Liban ? Qu’aurons-nous gagné en détruisant le Liban pour faire le bonheur des autres ?
Émile SFEIR
Ingénieur


Merci M. Sfeir d'avoir explique en details ma reaction d'aujourd'hui concernant la decision de Sayyed Hassan Nasrallah de s'attaquer au Golan. J'ai toujours ete une fervente admiratrice du Sayyed a cause de son refus du partage de la region par les Americains et les Israeliens mais la, je trouve qu'il n'est plus egal a lui-meme: il a toujours ete d'une sagesse exemplaire et, pour moi, c'est le meilleur leader politique au Liban. Il me semble qu'il soit en train de sortir des rails.... Esperons qu'il reviendra a la raison...
14 h 08, le 10 mai 2013