Le nouveau cabinet posant aux côtés du président Mohammad Morsi au Caire, hier. Egyptian Presidency/HO/AFP
Neuf nouveaux ministres, dont au moins deux font partie des Frères musulmans, ont été nommés hier en Égypte dans le cadre d’un remaniement destiné à faire face aux graves problèmes économiques mais qui ne répond pas aux demandes de l’opposition d’un gouvernement d’union nationale.
Ce remaniement, qui comprend notamment le poste-clé des Finances, « se concentre largement sur les ministères liés à l’économie », a indiqué le Premier ministre Hicham Qandil lors d’une conférence de presse. « La création d’emplois, l’augmentation des investissements et le fait de fournir un environnement légal nécessaire à cela » seront parmi les principales missions du gouvernement, a-t-il ajouté, estimant qu’il « y a des signes de stabilité et de calme dans la rue (...), qui aideront ce gouvernement ».
Le président Mohammad Morsi avait annoncé ce remaniement en avril après des mois de pression de l’opposition. Il avait alors affirmé que « l’objectif est de réaliser l’intérêt général » au moment où les problèmes économiques se doublent de tensions politiques, avec de multiples accrochages meurtriers entre partisans et adversaires du président ces derniers mois.
Parmi les ministères concernés figurent le portefeuille-clé des Finances et ceux du Pétrole, de l’Agriculture et de la Planification. Les nouveaux ministres ont prêté serment devant M. Morsi dans la matinée. Parmi eux figurent deux membres du Parti de la liberté et de la justice (PLJ), la branche politique des Frères musulmans : Amr Darrag dirigera le ministère de la Planification et de la Coopération internationale et Yahya Hamed a été nommé à l’Investissement, selon les médias locaux. Les membres des Frères musulmans comptent au total pour un peu moins du tiers des 35 ministres du cabinet Qandil.
Le ministre des Finances al-Morsi al-Sayyed Hegazi, qui menait les négociations difficiles avec le Fonds monétaire international (FMI) pour un prêt de 4,8 milliards de dollars assorti d’un programme de réformes économiques, a été remplacé par Fayyad Abdel Moneim Hassanein, un expert en finance islamique. Le ministre de la Justice Ahmad Mekki, qui a récemment démissionné dans un contexte de crise entre le pouvoir judiciaire et le gouvernement, a, lui, été remplacé par Ahmad Souleimane.
Amr Moussa, ancien chef de la Ligue arabe et l’un des leaders de l’opposition, a dénoncé le remaniement comme « un autre pas vers un contrôle global par les Frères musulmans. Un nouveau remaniement sera nécessaire à l’avenir proche, en appelant de nouveau à un gouvernement d’union nationale ».
Un porte-parole du gouvernement a indiqué que M. Morsi avait parlé avec certains partis pour établir une liste de candidats, qui a ensuite été transmise au Premier ministre Hicham Qandil. Mais les partis de l’opposition qui avaient conditionné leur participation au gouvernement au départ de M. Qandil n’ont pas été consultés, a assuré un haut responsable du parti libéral Wafd. M. Qandil, accusé de ne pas avoir su faire face à la grave crise économique par l’opposition qui réclame son départ, avait dit lundi que le remaniement concernerait 11 ministères, mais son porte-parole a indiqué qu’il s’était ensuite mis d’accord avec M. Morsi pour limiter les changements à neuf.
L’opposition fait du limogeage de M. Qandil, un technocrate sans affiliation politique mais jugé proche des islamistes, une condition sine qua non pour participer aux législatives qui pourraient avoir lieu à l’automne.
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Ce remaniement, qui comprend notamment le poste-clé des Finances, « se concentre largement sur les ministères liés à l’économie », a indiqué le Premier ministre Hicham Qandil lors d’une conférence de presse. « La création d’emplois, l’augmentation des investissements et le fait de fournir un environnement légal nécessaire à cela » seront parmi les principales missions du gouvernement, a-t-il ajouté, estimant qu’il « y a des signes de stabilité et de calme dans la rue (...), qui aideront ce gouvernement ».
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Pauvre Egypte ! Non seulement par le fait que les Frères musulmans ont dérobé la révolution du peuple et le pouvoir, mais aussi celui qu'ils y ont placé le président le plus médiocre que l'on puisse imaginer.
04 h 20, le 08 mai 2013