Ils sont nombreux, les étudiants à témoigner de ta patience, de ton écoute, de ta compréhension, de ta bonté, de ton humanité. Ils sont unanimes, les collègues à témoigner de ta droiture. Mais te rends-tu compte du séisme que tu as causé en nous quittant ? Toi qui étais si réservé, te rends-tu compte des torrents de larmes que tu nous as fait verser ?...
Je sais que tu appartiens à la catégorie des justes, ceux-là à qui le Royaume est donné en héritage. Si la faculté, l’Hôtel-Dieu et l’USJ te rendent solennellement hommage, cela est bien naturel. Mais tu serais surpris de lire ce que les étudiants écrivent. Leur émotion, leur gratitude, leurs pleurs mêlés aux nôtres, n’est-ce pas là le véritable hommage à l’enseignant, au pédagogue ? Malgré ton regret de ne pas avoir achevé toutes les tâches que tu t’étais imposées et d’avoir quitté trop tôt ta famille, tes amis, tes collègues, tu persistes sans doute à sourire avec ce mélange de candeur et de malice qui sont ta marque déposée, avec tes yeux qui pétillent, en disant comme à ton habitude, d’une voix posée, que tout va bien. Tu ajouteras peut-être : « Je ne suis pas loin, juste de l’autre côté du chemin. »
Je vais m’arrêter là de « peur que tu ne pleures pour noyer de pudeur mes pauvres lieux communs ». Il y a tant de gens qui t’aiment, Alex, que la mort n’y pourra rien. Comme le rappelle saint Paul aux Corinthiens, l’amour ne meurt jamais. Vendredi soir, du fond de la détresse, terrassés et incrédules, on se disait entre amis, d’une voix brisée par les sanglots, que tu étais un rayon de soleil, notre rayon de soleil. Nous sommes tous persuadés, malgré notre désarroi, que même depuis l’autre rive, tu continueras certainement à nous réchauffer. Nous en avons besoin ; dehors, il n’a cessé de pleuvoir. « Il pleure dans nos cœurs comme il pleut sur la ville. »
Pr Roland TOMB
Doyen de la faculté de médecine de l’USJ
Extraits de l’allocution prononcée
aux obsèques le lundi 22 avril 2013

