Colère au Bangladesh après l’effondrement d’un immeuble
Des heurts opposent des manifestants à la police ; le bilan de la catastrophe s’alourdit à plus de 300 morts.
OLJ /
le 27 avril 2013 à 00h11
Des heurts ont opposé hier au Bangladesh la police à une foule immense de manifestants qui ont attaqué des usines, après l’effondrement d’un immeuble construit illégalement. La police a tiré des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes contre la foule en colère à Savar, dans la banlieue de la capitale Dacca, où le Rana Plaza, un immeuble de huit étages, s’est effondré mercredi comme un château de cartes. Il s’agit du pire accident dans l’histoire industrielle du Bangladesh, un pays pauvre d’Asie du Sud qui a fait de la confection le pivot de son économie. « La situation est très instable. Des centaines de milliers d’ouvriers participent à la manifestation », a déclaré M. Asaduzzaman, un responsable de la police. Des ouvriers ont attaqué des usines, renversé des véhicules, brûlé des pneus sur la route et essayé de mettre le feu à des échoppes le long du parcours de la manifestation de masse, selon un responsable de la police locale. Ils ont aussi obligé des usines textiles à fermer. « Ils exigent l’arrestation et l’exécution des propriétaires des ateliers et du bâtiment qui s’est effondré à Savar », près de Dacca, a-t-il affirmé. Le bilan de la catastrophe s’est d’ailleurs encore alourdi, dépassant pour la première fois le cap des 300 morts, dont une grande proportion de femmes. « Le bilan est de 304 morts », a déclaré un porte-parole de l’armée, Shahinul Islam, précisant que plus de 2 300 personnes avaient été sorties vivantes des décombres depuis l’accident. Les sauveteurs ont en outre découvert hier soir une cinquantaine de survivants supplémentaires au troisième étage de l’immeuble, a annoncé Sheikh Mizanur Rahman, chef adjoint des pompiers. Dans la journée, quelque 80 personnes avaient déjà été sorties vivantes des décombres. « L’odeur est fétide, cela donne parfois envie de vomir. Il est difficile de travailler ici plus de 20 minutes d’affilée », a témoigné Mohammad Tareq, employé d’un atelier qui s’est joint aux centaines de volontaires à pied d’œuvre jour et nuit. En attendant, des plaintes et des appels à l’aide de victimes ensevelies guidaient l’épuisant travail des secours au milieu d’un site évoquant les dévastations d’un puissant séisme. Les ambulances continuaient d’amener des blessés à l’hôpital situé à un kilomètre du site de la catastrophe où les accueillaient des étudiants en médecine en blouse blanche et des infirmières portant des poches de sang. La catastrophe a relancé la polémique sur la sécurité dans l’industrie textile fournissant des marques occidentales. L’immeuble abritait cinq ateliers de confection notamment liés à la marque espagnole Mango et au britannique Primark, seules enseignes à avoir confirmé leurs relations avec des ateliers du Rana Plaza où travaillaient quelque 3 000 personnes, dont de nombreuses étaient toujours portées disparues. Des ouvriers s’étaient publiquement inquiétés la veille de fissures mais leurs responsables ont ignoré les mises en garde, leur enjoignant d’embaucher normalement le jour suivant. Le Premier ministre du Bangladesh a promis jeudi que le propriétaire de l’immeuble, en fuite, serait arrêté et puni. (Sources : agences)
Des heurts ont opposé hier au Bangladesh la police à une foule immense de manifestants qui ont attaqué des usines, après l’effondrement d’un immeuble construit illégalement. La police a tiré des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes contre la foule en colère à Savar, dans la banlieue de la capitale Dacca, où le Rana Plaza, un immeuble de huit étages, s’est effondré mercredi comme un château de cartes. Il s’agit du pire accident dans l’histoire industrielle du Bangladesh, un pays pauvre d’Asie du Sud qui a fait de la confection le pivot de son économie. « La situation est très instable. Des centaines de milliers d’ouvriers participent à la manifestation », a déclaré M. Asaduzzaman, un responsable de la police. Des ouvriers ont attaqué des usines, renversé des véhicules, brûlé des pneus sur...
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