Ainsi, après qu’un habitant de la banlieue de Waterfront, sorti fumer une cigarette, eut alerté la police car il avait vu une traînée de sang menant au bateau où se cachait le suspect, la technologie a pris la relève. Un hélicoptère a de suite examiné à l’aide d’un système thermique (opérant à la manière des rayons X) l’intérieur du bateau et a obtenu l’image d’une forme humaine étendue à l’intérieur. Puis, grâce à un rayon laser, il a tracé la direction à la police qui est alors entrée en jeu et a appréhendé le jeune homme.
Tout le monde a applaudi. Mais que s’est-il passé par la suite ? Là doit commencer un travail aussi ardu, si ce n’est plus, qu’une chasse à l’homme. Connaître le pourquoi de cet acte meurtrier. Va alors entrer en jeu un système aussi sophistiqué que celui de la capture, mais basé sur des données et un savoir-faire psychologique qui est le fort de ce qui a été appelé le « High Value Detainee Interrogation Group ». On pourrait aussi l’appeler le « Dream Team du président Barack Obama » qui, en 2009, en a recommandé la création dans le cadre d’un groupe de travail sur la détention et l’interrogatoire en matière de terrorisme. Selon sa charte établie l’année suivante, il implique une coopération entre le FBI, la CIA et le département de la Défense. Il lui est notamment demandé de fournir des recherches et des documentations sur des présumés terroristes et possède des équipes spécialisées dans diverses régions. Ces équipes sont composées d’analystes, de psychologues, de professionnels des interrogatoires et des linguistes. Son champ d’action peut d’étendre au-delà des États-Unis et il peut interroger aussi bien des citoyens américains qu’étrangers.
Dans le cas du jeune Tchétchène, ils vont, certes, chercher à connaître ses motivations et s’il a des complices, le parcours de son frère, etc. Mais ils seront également préoccupés de savoir si d’autres attaques du genre sont en préparation.
Néanmoins, on demande aujourd’hui aux responsables de la sécurité américaine pourquoi ils n’ont pas suivi le conseil donné, deux ans auparavant, par le président russe Vladimir Poutine de suivre de près le frère aîné Tamerlan Tsarnaev. Leur réponse : ils l’auraient mis sous surveillance, dans un premier temps, l’auraient interrogé puis relâché, après n’avoir pas détecté chez lui l’intention d’entreprendre une action nuisible. Son jeune frère, qui lui a survécu, ne pourra même pas exercer son droit au « Miranda Act », car il est considéré comme pouvant porter préjudice à la sécurité publique, seule raison pour laquelle on peut interdire à toute personne qui vient d’être arrêtée par la police de se voir confirmer ses droits ainsi énoncés : « Vous avez le droit de ne rien dire. Tout ce que vous direz pourra et sera utilisé contre vous devant la cour. Vous avez le droit à un avocat pour vous représenter pendant l’interrogatoire. Si vous ne pouvez pas vous en payer un, il vous en sera commis un d’office. Avez-vous compris ces droits ? »

