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Économie - Indicateur

L’économie allemande, encore poussive, espère rebondir au printemps

Le pays peut compter sur un marché intérieur solide tant au niveau de l’emploi que de la consommation.

Angela Merkel a répété hier son opposition ferme à un salaire minimum généralisé dans son pays.    Ohn MacDougall/AFP

L’économie allemande, encore poussive, devrait rebondir au printemps, selon les principaux instituts économiques du pays, confortant Angela Merkel dans sa ligne d’austérité pourtant critiquée dans le reste de l’Europe.
Après une nette contraction de l’économie fin 2012, et un début d’année en demi-teinte, les instituts Ifo à Munich, IfW à Kiel, IW à Halle et RWI à Essen ont revu en baisse leur prévision de croissance pour 2013 à 0,8 %, contre 1 % attendu jusqu’à présent. Cela marquerait tout de même un petit rebond par rapport au 0,7 % de croissance enregistré en 2012. Surtout, ils se montrent plus optimistes que le gouvernement allemand et l’agence de notation Moody’s, qui attendent 0,4 %, ou bien que le FMI, qui a augmenté sa prévision à 0,6 % mardi. Mais « une tendance à la hausse refait surface dans l’économie allemande au printemps 2013 », affirment ces instituts représentant divers courants de pensée. Et ce rebond devrait se poursuivre encore en 2014, avec une croissance du produit intérieur brut (PIB) attendu à 1,9 %.
Les instituts n’en soulignent pas moins que « les risques restent considérables », et, en premier lieu, celui d’une résurgence de la crise en zone euro. S’ils n’ont pas anéanti les améliorations récentes, l’impasse politique en Italie et les négociations mouvementées autour du plan d’aide de Chypre sont venus rappeler la fragilité de la situation. Le redressement de l’Allemagne n’est pas intervenu, comme espéré, dès le début d’année, comme l’ont montré récemment plusieurs indicateurs décevants. L’idée que la contraction du PIB fin 2012 n’était qu’un accident de parcours très temporaire a été ébranlée par un nouveau déclin des exportations allemandes, une des forces du pays, tandis que la confiance des entrepreneurs et des investisseurs était en berne le mois dernier.
Pour Sylvain Broyer, économiste chez Natixis, le premier trimestre, dont les chiffres seront connus mi-mai, n’est, certes, « peut-être pas sensationnel ». « Les exportations souffrent, mais l’Allemagne de 2013 n’est plus l’Allemagne de 2005 », qui vivait avant tout de ses exportations, explique-t-il, en prévoyant aussi du mieux pour le reste de l’année.
Le pays peut en effet compter sur un marché intérieur solide tant au niveau de l’emploi que de la consommation. Le marché du travail allemand devrait rester « robuste » avec un nombre de chômeurs à 2,9 millions en 2013, à peine plus élevé que l’année précédente, puis une diminution à 2,7 millions en 2014, d’après les instituts. « Les Allemands vivent aujourd’hui sur une autre planète », résume le très optimiste économiste de Natixis, pour qui Berlin mène une politique « de croissance à long terme ».
Moody’s a aussi mis en avant hier « l’économie développée, diversifiée et extrêmement compétitive du pays, de même qu’une politique macroéconomique du gouvernement orientée depuis longtemps vers la stabilité ». L’agence a ainsi fait taire des rumeurs de marché sur un possible abaissement de la note du pays, l’un des derniers européens encore détenteurs du fameux « Aaa ».
Ces commentaires devraient conforter Berlin, toujours le bon élève du Vieux Continent en matière de finances publiques, dans sa politique économique de stricte consolidation budgétaire, que le gouvernement se refuse à nommer politique d’austérité. Malgré les critiques croissantes, l’Allemagne ne semble pas partie pour dévier d’un iota de sa ligne. Elle n’a pas donné suite aux appels du pied des États-Unis, il y a quelques jours, et encore du FMI cette semaine à soutenir la croissance.
« On ne parle pas assez du fait qu’on dépense plus qu’on a. (...) Il semblerait que l’idée s’est répandue qu’on peut faire cela mais, à la longue, cela ne fonctionne pas », a de nouveau déploré la chancelière Angela Merkel. Hier, elle répétait son opposition ferme à un salaire minimum généralisé dans son pays.
Son ministre de l’Économie, le libéral Philipp Rösler, a d’ailleurs estimé que le pays « devait encore pousser plus loin le redressement » budgétaire, notamment à cause du vieillissement de la population allemande. « À moins que la croissance se révèle bien inférieure aux attentes, il est peu probable qu’il y ait un changement de paradigme avant les élections allemandes » de septembre, ont estimé les analystes de Barclays, dans une note publiée cette semaine.
(Source : AFP)
L’économie allemande, encore poussive, devrait rebondir au printemps, selon les principaux instituts économiques du pays, confortant Angela Merkel dans sa ligne d’austérité pourtant critiquée dans le reste de l’Europe.Après une nette contraction de l’économie fin 2012, et un début d’année en demi-teinte, les instituts Ifo à Munich, IfW à Kiel, IW à Halle et RWI à Essen ont revu en baisse leur prévision de croissance pour 2013 à 0,8 %, contre 1 % attendu jusqu’à présent. Cela marquerait tout de même un petit rebond par rapport au 0,7 % de croissance enregistré en 2012. Surtout, ils se montrent plus optimistes que le gouvernement allemand et l’agence de notation Moody’s, qui attendent 0,4 %, ou bien que le FMI, qui a augmenté sa prévision à 0,6 % mardi. Mais « une tendance à la hausse refait...
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