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Moyen Orient et Monde - Tensions

Pyongyang exige rien moins que... le retrait des sanctions de l’ONU

Les demandes nord-coréennes rendent peu probable une reprise des négociations.
La Corée du Nord a posé ses conditions hier pour une reprise du dialogue avec Séoul et Washington, exigeant notamment le retrait des sanctions de l’ONU. La commission de Défense nationale a ainsi appelé au « retrait des résolutions du Conseil de sécurité concoctées pour des raisons grotesques ». Elle a également exigé la fin des manœuvres militaires conjointes conduites par Washington et Séoul dans le sud de la péninsule. Ces derniers effectuent depuis quelques semaines ces exercices conjoints annuels, attisant comme chaque année la colère de Pyongyang, qui y voit la répétition générale d’une invasion de son territoire.
« Les demandes de la Corée du Nord sont totalement incompréhensibles. C’est absurde », a réagi Cho Tai-young, le porte-parole du ministère sud-coréen des Affaires étrangères. « Nous demandons instamment au Nord d’arrêter d’émettre des demandes aussi incompréhensibles et de faire des choix judicieux, comme nous l’y avons encouragé à plusieurs reprises. »
Les conditions d’une reprise du dialogue sont désormais le thème dominant, après plusieurs jours passés dans la crainte d’un nouveau tir de missile par le Nord, aux alentours du 101e anniversaire de la naissance du fondateur du pays, grand-père du dirigeant actuel Kim Jong-un, le 15 avril. Le conseiller à la sécurité à la présidence sud-coréenne, Kim Jang-soo, estime que tout tir de missile, s’il y en a, sera dirigé vers la mer de l’Est (ou mer du Japon), entre la péninsule coréenne et le Japon. L’armée nord-coréenne s’est pour le moment bornée à lancer un ultimatum à Séoul ajoutant que si la Corée du Sud souhaitait vraiment le dialogue et les négociations, « elle devrait présenter des excuses pour toutes les actions hostiles à la Corée du Nord ».
Des analystes notent que le thème du dialogue a peu à peu remplacé ces derniers jours les menaces de frappes nucléaires dans la rhétorique, souvent enflammée, de Pyongyang. « Je ne crois pas que Pyongyang s’attende à ce que ses conditions soient remplies », déclare Yang Moo-jin, professeur à l’université des études nord-coréennes à Séoul. « C’est un moyen de montrer sa force au début, dans une lutte acharnée, mais cela signale qu’au final, il y a un désir de dialogue. » Daniel Pinkston, expert sur la Corée du Nord chez International Crisis Group, estime au contraire que Pyongyang n’a aucune intention d’assouplir sa position. Pour le Nord, seule vaut sa reconnaissance en tant que puissance nucléaire, un statut rejeté par Washington et ses alliés, selon l’analyste. « Alors de quoi parleraient-ils ? » s’interroge-t-il. « Le Nord s’est engagé. Il a brûlé ses dernières cartouches. Toute volte-face ne s’effectuerait qu’à un coût immense pour le régime sur le plan intérieur », a-t-il ajouté. « Nous sommes toujours dans une situation qui mène à une collision. Cela ne va pas bien finir. »
La nouvelle présidente sud-coréenne Park Geun-hye et le secrétaire d’État américain John Kerry, lors de sa récente visite en Asie du Nord-Est, ont tous deux souligné qu’une reprise du dialogue ne se ferait que si le Nord « changeait son comportement » et respectait ses obligations internationales, notamment sur son programme nucléaire. Park Geun-hye avait promis lors de sa campagne électorale d’assouplir la position du Sud vis-à-vis du Nord après des années de politique intransigeante conduite par son prédécesseur. Mais son arrivée officielle à la tête du pays a coïncidé avec le test nucléaire nord-coréen, étouffant dans l’œuf ses velléités de main tendue.
La Corée du Nord est incapable de mettre à exécution la plupart de ses récentes menaces, a estimé pour sa part depuis Vienne l’Américain Siegfried Hecker, expert nucléaire. Pyongyang « aboie, mais ne mord pas », selon ce spécialiste, qui a visité dans le passé à plusieurs reprises des installations nucléaires nord-coréennes, notamment en 2010.
(Source : AFP)
La Corée du Nord a posé ses conditions hier pour une reprise du dialogue avec Séoul et Washington, exigeant notamment le retrait des sanctions de l’ONU. La commission de Défense nationale a ainsi appelé au « retrait des résolutions du Conseil de sécurité concoctées pour des raisons grotesques ». Elle a également exigé la fin des manœuvres militaires conjointes conduites par Washington et Séoul dans le sud de la péninsule. Ces derniers effectuent depuis quelques semaines ces exercices conjoints annuels, attisant comme chaque année la colère de Pyongyang, qui y voit la répétition générale d’une invasion de son territoire.« Les demandes de la Corée du Nord sont totalement incompréhensibles. C’est absurde », a réagi Cho Tai-young, le porte-parole du ministère sud-coréen des Affaires étrangères....
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