Le général Michel Aoun a présidé hier à Rabieh la réunion de son bloc parlementaire.Photo Nasser Traboulssi
Au cours de la conférence de presse qu’il a tenue à Rabieh, au terme de la réunion du bloc parlementaire du Changement et de la Réforme qu’il préside, le général Michel Aoun a renouvelé ses critiques contre le chef de l’État et pris à partie en même temps le Premier ministre désigné, Tammam Salam, accusant les deux de ne pas respecter la Constitution. « Que veut dire un gouvernement neutre ? Les lois sont claires : un ministre et un député se valent, sachant que nous avions été les premiers à réclamer que les députés ne soient pas nommés ministres. Mais mettre en place un gouvernement apolitique est illégal parce qu’aucune loi n’en fait état », a-t-il dit.
« À quoi servent d’ailleurs les consultations engagées par le président puis par le Premier ministre désigné ? Est-ce pour dire aux députés : racontez ce que bon vous semble, je n’en ferai qu’à ma tête ? Les prérogatives des deux pôles de l’exécutif ne leur donnent pas le droit de priver les gens du droit de vote ou d’exercer le pouvoir. Ils ne peuvent pas déterminer qui peut ou ne peut pas se présenter aux élections législatives. L’autorité exécutive relève du gouvernement dans son ensemble. Qu’ils (MM. Sleiman et Salam) respectent la Constitution. Je ne sais pas quand ils apprendront à s’y conformer », a poursuivi M. Aoun.
Siniora « l’idiot »...
Également opposé à un gouvernement restreint, souhaité par M. Salam, le chef du CPL a ironisé sur ce point en affirmant : « Il est certain qu’un gouvernement léger, comme “ils” le souhaitent, ne sied pas au général Aoun. » Il s’est dit ouvert à « toutes options justes et équitables », en faisant remarquer qu’une équipe ministérielle « constituée en violation de la Constitution ne peut pas obtenir la confiance du Parlement ». « Ils ignorent de nombreux points constitutionnels ainsi que le concept de gouvernement neutre. Elle représentera qui, cette équipe ? » a-t-il encore insisté en s’interrogeant sur le point de savoir comment les représentants du peuple participeront au pouvoir et comment « il est possible de former un gouvernement pour préparer et superviser les élections alors qu’une loi électorale n’a toujours pas été approuvée ».
Le général Aoun a démenti les informations de presse selon lesquelles son parti s’oppose à un retour du ministre Marwan Charbel au cabinet, avant de traiter le chef du bloc parlementaire du Futur, Fouad Siniora, d’« idiot » et de s’étonner de ce qu’il ait « pu proposer une alternance à la tête des ministères dans un gouvernement dont la durée de vie est de 3 à 4 mois ».
Au sujet de la loi électorale, il a de nouveau plaidé pour l’application de la formule proposée par le Rassemblement orthodoxe d’Élie Ferzli, en relevant que la sous-commission ad hoc ne représente que les partis et que personne n’a proposé hier un nouveau texte pour étude. « Nous restons ouverts à toute formule électorale juste et équitable pour les chrétiens. Nous attendons les réunions de jeudi et de vendredi pour voir sur quoi les députés tomberont d’accord », a indiqué M. Aoun qui a par ailleurs critiqué « les faux hommes politiques qui promettent sans agir ». Selon lui, si les ministres de son bloc sont très critiqués, « c’est parce qu’ils ont réalisé en six mois et demi ce que leurs détracteurs n’ont pas pu faire en 25 ans ». « Ils ont travaillé sans relâche pour assurer non seulement les services de base, comme l’électricité et l’eau, mais également des projets fondamentaux, comme la prospection pétrolière », a affirmé le général Aoun.


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14 h 51, le 17 avril 2013