Pour la commémoration du 13 avril, le 14 Mars et la Jamaa islamiya ont organisé un sit-in près « l’immeuble jaune » dans le quartier Sodeco sur le thème « Plus jamais ! ». Photo Hassan Assal
Pour la commémoration du 13 avril 1975, les appels se sont multipliés à « tirer leçon » des événements passés et à coopérer pour bâtir le Liban de demain.
Le chef de l’État, Michel Sleiman, a ainsi appelé à « percevoir ce qui se passe dans la région » afin de réaliser le besoin urgent pour toutes les parties « de coopérer et de faire des concessions pour que le Liban reste à l’abri » des événements régionaux et pour qu’il « ne paie pas une nouvelle fois le prix des guerres des autres, non seulement sur sa terre, mais sur leur terre aussi ».
De son côté, le Premier ministre démissionnaire, Nagib Mikati, a appelé les jeunes « à refuser d’être un instrument au service de combats stériles qui ne mènent qu’à davantage de désespoir et d’émigration, mais à prendre leur destin en main et à œuvrer pour bâtir le Liban de l’avenir ». M. Mikati a de même constaté que les expériences passées « ont prouvé que nul ne peut éliminer l’autre ».
L’uléma Ali Fadlallah a, quant à lui, insisté sur la nécessité de « profiter du calme en cette période pour trouver un climat propice au dialogue qui aura pour but de renforcer la paix civile » et d’éviter que la guerre en Syrie ne se répercute sur le pays, d’autant que « des Libanais sont impliqués » dans ces combats « d’une manière ou d’une autre ».
Pour sa part, le cheikh Akl druze Naïm Hassan a mis l’accent sur la nécessité d’être « conscients des dangers qui menacent le pays en cette période difficile, où la conjoncture est semblable à celle qui a précédé la guerre civile ». Cheikh Hassan a en outre appelé les responsables politiques à œuvrer de manière à « empêcher les tensions », à « contrôler la sécurité », à « consolider les institutions publiques, notamment l’armée, les forces de sécurité et la justice ».
Enfin, le Parti national libéral a souligné dans un communiqué que « le 13 avril 1975 ne sera pas un simple souvenir, malgré les années qui passent ».
Événements commémoratifs
La commémoration du 13 avril a été également marquée par une série d’événements organisés dans différentes régions.
La famille Abou Assi et le parti Kataëb ont ainsi fait célébrer une messe en l’église Mar Nohra à Furn el-Chebback pour commémorer le souvenir du premier martyr Joseph Abou Assi, tué à Aïn el-Remmaneh peu de temps avant l’affaire de l’autobus.
Le 14 Mars et la Jamaa islamiya ont quant à eux organisé un sit-in près « l’immeuble jaune, témoin de la guerre » dans le quartier Sodeco sur le thème « Plus jamais ! ». Les allocutions ont insisté sur l’attachement à la paix civile.
À Corniche el-Mazraa, l’association CitiAct, avec la collaboration de plusieurs autres ONG, a organisé une chaîne humaine sur ce que fut la ligne de démarcation entre Barbour et Tarik Jdidé. Sur une des pancartes que brandissaient des élèves, on pouvait lire « Un seul 13 avril nous suffit ».
À Tripoli enfin, des militants de la société civile ont allumé des bougies sur le rond-point Abdel Hamid Karamé, brandissant des drapeaux libanais et des banderoles sur lesquelles on pouvait lire des slogans rejetant les tueries à Tripoli.
Témoignages
13 avril 1975 : nos lecteurs se souviennent
De son côté, le Premier ministre démissionnaire, Nagib Mikati, a appelé les jeunes « à refuser d’être un instrument au service de combats stériles qui ne mènent qu’à davantage de désespoir et d’émigration, mais à prendre leur destin en main...

