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Économie - Dette

Dos au mur, Lisbonne ne jure que par la troïka et les marchés

Le ministère des Finances a décidé de geler toutes les dépenses publiques non essentielles afin de « renforcer le contrôle de l’exécution budgétaire ».

Le Premier ministre Pedro Passos Coelho a annoncé son intention « d’accélérer et intensifier » des coupes déjà en préparation dans les domaines de la Sécurité sociale, la santé et l’éducation. Jose Manuel Ribeiro/Reuters

Au risque d’aggraver la récession, le chômage et son isolement politique, le gouvernement portugais continue de parier sur l’austérité recommandée par ses bailleurs de fonds afin de regagner la confiance des marchés financiers et éviter un deuxième plan de sauvetage.
« Cette méthode n’est pas la bonne mais un changement de stratégie ne peut se faire qu’au niveau européen », a expliqué René Defossez, stratégiste obligataire chez Natixis, jugeant que « le Portugal n’a pas les moyens politiques d’abandonner le discours de l’austérité ». Le soutien de la zone euro et du FMI « serait mis en cause si le gouvernement n’avait pas la volonté et la capacité de respecter les objectifs de son programme », a abondé l’agence de notation financière Standard and Poor’s.
Sanctionné vendredi dernier par un verdict de la Cour constitutionnelle qui menaçait de faire dérailler le plan d’aide financière conclu il y a près de deux ans avec l’Union européenne et du Fonds monétaire international, le gouvernement de centre-droit s’est empressé de réaffirmer son engagement à ramener le déficit public à 5,5 % du PIB à la fin de l’année. Pour compenser le rejet de mesures inscrites au budget de l’État pour 2013 représentant environ 1,3 milliard d’euros d’économies sur un effort de 5,3 milliards, le Premier ministre Pedro Passos Coelho a annoncé son intention « d’accélérer et intensifier » des coupes déjà en préparation dans les domaines de la Sécurité sociale, la santé et l’éducation.
Le ministère des Finances a décidé de geler toutes les dépenses publiques non essentielles afin de « renforcer le contrôle de l’exécution budgétaire », a révélé la presse hier alors que la « troïka » UE-BCE-FMI représentant les créanciers du pays y est attendue la semaine prochaine pour une visite exceptionnelle.
Face aux critiques de plus en plus virulentes de l’opposition de gauche, des syndicats et même du patronat, qui appellent à une inversion de la politique qui a provoqué l’an dernier la plus profonde récession depuis 1975 et un taux de chômage record, M. Passos Coelho persiste et signe. « L’alternative à l’application du programme serait nous soumettre à un autre programme, en prolongeant la dureté et la pénibilité des sacrifices » imposés au Portugais et « la réduction du déficit constitue une condition indispensable pour le maintien du Portugal dans la zone euro », a-t-il déclaré dimanche afin de dramatiser l’enjeu.
La Commission européenne a, elle aussi, rappelé au Portugal ses engagements, soulignant que « tout écart des objectifs du plan d’aide ou leur renégociation neutraliserait les efforts déjà accomplis par les citoyens portugais ou prolongerait leurs difficultés ». « Le Portugal a fait de gros progrès ces dernières années et est en train de regagner l’accès aux marchés financiers. Mais le Portugal doit maintenant (...) prendre de nouvelles mesures », a prévenu de son côté le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaüble.
Pour le gouvernement portugais comme pour la « troïka », la première priorité reste ce retour aux marchés privés de la dette, qui doit permettre au pays de retrouver son autonomie financière afin de conclure son plan de redressement en juin 2014 comme prévu. Cet objectif pourrait être facilité par un allongement des délais de remboursement des prêts octroyés par l’UE, une question que les ministres des Finances des 27 devront aborder lors de leur réunion informelle vendredi et samedi à Dublin.
La détermination affichée par le gouvernement portugais lui a permis de conserver de « bonnes chances d’obtenir une extension des maturités » et cela rendrait « à nouveau plausible » le lancement d’un premier emprunt à dix ans depuis le sauvetage du pays, a estimé Paula Carvalho, économiste à la banque BPI.
« Le Portugal s’est légèrement et temporairement écarté du camp des “bons élèves” mais reste plus proche de l’Irlande que du cas de la Grèce », a-t-elle résumé.
(Source : AFP)
Au risque d’aggraver la récession, le chômage et son isolement politique, le gouvernement portugais continue de parier sur l’austérité recommandée par ses bailleurs de fonds afin de regagner la confiance des marchés financiers et éviter un deuxième plan de sauvetage.« Cette méthode n’est pas la bonne mais un changement de stratégie ne peut se faire qu’au niveau européen », a expliqué René Defossez, stratégiste obligataire chez Natixis, jugeant que « le Portugal n’a pas les moyens politiques d’abandonner le discours de l’austérité ». Le soutien de la zone euro et du FMI « serait mis en cause si le gouvernement n’avait pas la volonté et la capacité de respecter les objectifs de son programme », a abondé l’agence de notation financière Standard and Poor’s.Sanctionné vendredi dernier par...
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