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Moyen Orient et Monde - Révolte

Les chabbiha formés en Iran comme les combattants du Hezbollah

Le chef des renseignements israéliens et un diplomate occidental estiment que l’Iran contribue à l’entraînement d’au moins 50 000 personnes et vise un objectif de 100 000.

Des combattants pro Assad dans le vieux souk d'Alep, le 21 février 2013. REUTERS/George Ourfalian

Le gouvernement syrien envoie des membres de ses milices se former aux techniques de la guérilla dans une base secrète en Iran, afin de renforcer son armée affaiblie par deux années de combats et de défections. Quatre miliciens ont ainsi raconté avoir suivi cet entraînement près de Téhéran et des opposants disent aussi avoir réuni des éléments sur cette filière.


« C’est une formation à la guérilla urbaine qui dure quinze jours. Les formateurs disent que c’est le même entraînement que celui des combattants du Hezbollah », raconte Samer, membre chrétien d’une milice pro-Assad qui combat dans la campagne autour de Homs, dans le centre de la Syrie. « On enseigne les éléments importants de la guérilla, comme différentes manières de tenir un fusil et de tirer, et les méthodes pour se préparer contre des attaques surprises. »


Le chef des renseignements israéliens et un diplomate occidental estiment que l’Iran, principal soutien du régime de Bachar el-Assad, contribue à l’entraînement d’au moins 50 000 miliciens et vise un objectif de 100 000, mais n’indiquent pas où se déroule cette formation. Côté iranien, les responsables du gouvernement ont démenti à plusieurs reprises toute implication militaire dans le conflit syrien, affirmant ne fournir qu’une aide humanitaire et un soutien politique à M. Assad. Quant au gouvernement syrien, il dément lui aussi. « Nous formons nos propres forces spéciales pour ce type de combat. Depuis 2006, nous avons des unités formées à la guérilla. Pourquoi aurions-nous besoin d’envoyer des gens en Iran ? » dit-on de source proche des services de sécurité.


L’entraînement de miliciens syriens en Iran reflète la régionalisation croissante du conflit syrien, bien au-delà de la bataille pour le pouvoir que se livrent le clan Assad et l’opposition. L’Iran, rival chiite des monarchies sunnites du Golfe qui soutiennent la rébellion, considère la Syrie comme un pilier de son influence régionale. C’est par son territoire que transite l’aide iranienne au Hezbollah. Les combattants concernés semblent venir surtout des minorités religieuses qui soutiennent M. Assad contre un soulèvement majoritairement sunnite, ce qui pourrait encore exacerber la dimension religieuse du conflit. Selon ces combattants interrogés à Homs, la plupart des miliciens qui suivent cet entraînement sont des alaouites. On compte aussi des druzes et des chrétiens.
« Les Iraniens nous répétaient que ce n’est pas une guerre contre les sunnites, mais pour le bien de la Syrie. Mais les alaouites qui étaient avec nous continuaient à dire qu’ils voulaient tuer les sunnites et violer leurs femmes en représailles », ajoute Samer. Les habitants des zones contrôlées par l’armée où les milices progouvernementales en Syrie ont noté que les forces irrégulières avaient été « régularisées » ces derniers mois. Ces groupes se baptisent désormais « Armée de défense nationale » et semblent opérer parallèlement à l’armée.

 

(Lire aussi : La Ligue arabe manque de légitimité, estime Assad)

« Maintenant je touche ma cible 90 fois sur 100 »
Depuis les premières manifestations pacifiques de mars 2011, les forces de sécurité ont mis sur pied des « comités populaires » chargés de rondes dans les quartiers, qui sont devenus ensuite des chabbiha. Selon certains de ces miliciens, l’Iran soutient déjà les chabbiha en territoire syrien, mais le fait que la République islamique prenne en charge des combattants sur son territoire reflète une méfiance croissante entre Téhéran et l’armée syrienne.
Nabil, un combattant chrétien, raconte que les instructeurs iraniens leur ont fait la leçon sur le pillage, un crime largement perpétré par les combattants des deux bords. « Dès notre premier jour d’entraînement, l’officier iranien chargé de notre formation nous a dit : “Je sais parfaitement ce qui se passe en Syrie” et je veux vous dire une chose : “Si vous rejoignez l’armée de défense nationale pour piller et pas pour défendre votre pays, vous mourrez d’une mort atroce et irez en enfer”. »


Les miliciens interrogés disent avoir été divisés par groupes, certains formés au maniement des fusils d’assaut et aux canons antiaériens, d’autres comme tireurs embusqués.
Ces groupes ont tous été acheminés par avion de l’aéroport de Lattaquié, fief du clan alaouite sur la côte méditerranéenne, à l’aéroport international de Téhéran, puis conduits en autocar vers un endroit tenu secret. « Dès qu’on est arrivé, on a été mis dans des bus avec les fenêtres couvertes par des rideaux qu’on n’avait pas le droit d’ouvrir, dit Samer. On a roulé pendant une heure et demie environ avant d’atteindre le camp. C’était direct de l’aéroport au camp. On n’a rien vu d’autre que le camp. »


Ces quatre combattants, venus de différentes villes et différentes milices, ont séparément décrit la même expérience. Ils étaient généralement regroupés par unités de soixante. « Il y avait des groupes du Hezbollah qui s’entraînaient sur la même base, mais il n’y avait pas de communication avec nous. (...) Je pense que leur entraînement était plus dur que le nôtre », déclare Samir. Les combattants jugent avoir plus appris qu’en Syrie.
« Avant, je touchais mes cibles une fois sur deux, maintenant je peux toucher une cible 90 fois sur 100 », explique Samer. « En Syrie, la priorité était de défendre l’endroit où nous étions, quel qu’en soit le prix. En Iran, ils nous ont dit de sauver nos vies. Si vous perdez votre position mais que vous survivez, vous pouvez contre-attaquer et reprendre le site le lendemain. »

 

Reportage

Jour de mariage dans une brigade rebelle syrienne

Le gouvernement syrien envoie des membres de ses milices se former aux techniques de la guérilla dans une base secrète en Iran, afin de renforcer son armée affaiblie par deux années de combats et de défections. Quatre miliciens ont ainsi raconté avoir suivi cet entraînement près de Téhéran et des opposants disent aussi avoir réuni des éléments sur cette filière.
« C’est une formation à la guérilla urbaine qui dure quinze jours. Les formateurs disent que c’est le même entraînement que celui des combattants du Hezbollah », raconte Samer, membre chrétien d’une milice pro-Assad qui combat dans la campagne autour de Homs, dans le centre de la Syrie. « On enseigne les éléments importants de la guérilla, comme différentes manières de tenir un fusil et de tirer, et les méthodes pour se préparer contre des...
commentaires (4)

Article vraiment idiot. Que veut exactement son rédacteur?

GEDEON Christian

18 h 52, le 05 avril 2013

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Commentaires (4)

  • Article vraiment idiot. Que veut exactement son rédacteur?

    GEDEON Christian

    18 h 52, le 05 avril 2013

  • Cet article puisé de je ne sais quelle agence de presse étrangère est de la pure "intox". Guerre psychologique d'une part et surtout pour "ancrer" le confessionnalisme dans la guerre en syrie. Pour l'instant, nous étions "alaouite" "sunnite".. Là, cet article introduit le facteur "chrétien"..A lire l'article, ces combattants seraient quasiment tous chrétiens?? Entre le "Samer" et le "nabil", chrétiens, insiste cet article Il pue la confessionalisation et l'incitation tacite, subliminale presque à la haine. Il va pousser les anti assad à detester "les chrétiens", les pro assad à leur remonter le moral..Tout est là pour faire durer cette guerre en syrie pour que le conflit perdure sans vainqueur et ni vaincu , avec de nouveaux venus dans ce conflit => "des chrétiens de syrie".... combattants de surcoit... Lisez entre les lignes, vous comprendrez...Merci.

    jean-Pierre EL KHOURY

    14 h 03, le 05 avril 2013

  • Ce serait une bonne nouvelle.. bien que je crois qu'elle ne soit point exacte dans ses détails, puisque ces Syriens dits chabbihas péjorativement, qui aiment leurs pays et le défendent avec passion devraient combattre de manière ordonnée et professionnelle des terroristes et la racaille de souche islamiste venus de tous les coins des arabies démocratiques et de l'occident démocratique, lui aussi mais que pour lui-même, de notre planète, soutenus et envoyés par la racaille et les haineux de ce monde.

    Ali Farhat

    11 h 52, le 05 avril 2013

  • Des fanatiques, extrémistes Sunnites, de tous les pays Islamiques, inclus Qaëda et Nosra combattent dans les rangs des insurgés Syriens. De l'autre côté des fanatiques extrémistes Chiites des mêmes pays Islamiques combattent dans les rangs gouvernementaux avec les Chabbi7as. Leur nombre se situe pour le moment en une dizaine de millier de chaque côté, mais il grimpe dangereusement. On va VOIR des Sunnites et des Chiites des mêmes pays se combattre sur terre syrienne. La guerre Sunnito/Chiite, en Syrie, si l'Iran et l'Arabie Saoudite ne se réunissent pas urgemment pour l'arrêter ( et je ne vois pas qu'ils le feront ) va s'étendre à tous les pays de la région, et non uniquement Iran et Arabes, à la grande JOIE des Instigateurs des prétendus printemps et du rêve de NOUVEAU MOYEN ORIENT ( CHAOTIQUE ET ANARCHIQUE )... LE COMPLOT A RÉUSSI !

    SAKR LEBNAN

    08 h 44, le 05 avril 2013

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