Depuis mon enfance, je me souviens des belles histoires de Talolo. Ses paroles éloquentes sortaient tout droit d’un roman et arrivaient à me transporter dans un autre univers et dans son passé. Je vivais ses souvenirs d’enfance, de jeunesse et de femme mariée à travers plein d’anecdotes sur ses parents, ses frères et sœurs qu’elle adorait et bien sur sa famille chérie : Jeddo Jamil et leurs trois fils Claude, Maroun et Joy, qu’elle tenait en fierté. Sa famille formait son univers et je sais qu’elle nous aimait tous « à égalité » bien sûr. Lorsqu’elle me racontait ses belles histoires elle me disait souvent : « Dis moi si je parle trop, si je t’ai déjà raconté cette histoire » et je répondais : « Non, non, s’il te plaît continue, j’adore t’écouter. »
Talolo lisait beaucoup et s’intéressait à tout – des arts à l’économie. C’était une femme intelligente de cœur et de tête. J’étais souvent épatée comment elle était au courant de tout et pouvait converser sur n’importe quel sujet. D’ailleurs, elle est restée consciente et alerte jusqu’à la fin. Elle me disait ces dernières semaines qu’elle était faible de corps mais forte d’esprit, et j’admirerai toujours sa force de caractère et sa ténacité.
Elle restera pour nous tous, j’en suis sûre, une femme exemplaire. Elle est restée digne et positive jusqu’à la fin. C’est d’ailleurs Talolo qui me disait depuis que j’étais petite qu’il fallait toujours être positive – « positive thinking » comme elle le disait si bien. Elle me répétait souvent sa philosophie en m’expliquant que la santé et la chance étaient les choses les plus importantes dans la vie. J’en rigolais bien en tant que petite fille, mais c’est en grandissant que j’ai appris qu’elle avait raison et que j’ai adhéré à la philosophie de Talolo.
Talolo était une femme coquette et élégante, toujours vêtue de belles couleurs vives et elle adorait les imprimés. Elle avait un mot gentil pour chacun de nous et on se sentait comme des rois et des reines en sa compagnie.
Talolo était une sainte femme et sa foi prenait une place très importante dans sa vie. Elle a transmis cette foi à sa famille et je sais que nous avions chacun une place dans ses prières. Elle aimait saint Maron de tout son cœur et me disait de le prier parce qu’il est bon. Ce sont cette foi et cette force de caractère qui l’ont aidée à surmonter ces dernières semaines difficiles. L’Évangile et l’image de saint Maron ne l’ont pas quittée à l’hôpital et elle nous rassurait qu’elle n’avait pas peur de partir tant elle était sûre que l’au-delà serait paisible et magique. C’est d’ailleurs très significatif qu’elle soit partie le jour de Pâques. C’était comme si elle attendait ce moment-là.
Talolo, tu vas tous nous manquer. Nous avons perdu notre unique Talolo, mais là haut ils ont gagné un ange, notre ange, qui veillera sur nous.
Carina BOULOS


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