Photo de famille des dirigeants des Brics à la clôture du sommet. Rogan Ward/Reuters
L’Afrique du Sud, qui forme les Brics avec le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, espérait beaucoup de la création d’une banque de développement, censée financer une partie des immenses besoins en infrastructures de sa région, une initiative déjà annoncée l’an dernier au précédent sommet en Inde. Mais les cinq pays se sont contentés d’annoncer le lancement officiel de négociations, même si le communiqué final dit : « Nous avons décidé de créer la New Development Bank. » « Nous avons décidé d’ouvrir des négociations formelles pour fonder une nouvelle banque de développement menée par les Brics, destinée à nos propres besoins en infrastructures qui sont considérables, environ 4 500 milliards de dollars ces cinq prochaines années, mais aussi pour coopérer avec les autres marchés émergents et les pays en développement à l’avenir », d’après le président sud-africain Jacob Zuma. « Nous sommes satisfaits par le fait que la création d’une nouvelle banque de développement est viable », a-t-il sobrement noté, sans un mot sur le siège de ce futur établissement que revendique son pays. Les « Cinq » referont le point en marge du G20 de Saint-Pétersbourg en septembre, a-t-il ajouté.
Le ministre russe des Finances, Anton Silaunov, a pour sa part relevé que les pays devaient encore s’accorder sur le montant que chacun est prêt à apporter au capital et sur la répartition des voix. La nouvelle banque devait être selon les études dotée d’un capital de départ de 50 milliards de dollars, soit 10 milliards par pays. Et alors que de nombreux Sud-Africains commençaient à se demander comment réunir une telle somme, environ 2,5 % de leur PIB, ce sont les Russes qui freinent, proposant une mise de départ de 2 milliards chacun. « Nous croyons que les projets de développement doivent se faire pas à pas », a ainsi indiqué le représentant russe pour l’Afrique, Mikhaïl Marguelov. « La banque des Brics doit être une banque de développement, et je crois qu’il est préférable de parler des projets. Et après, nous parlerons des sommes nécessaires », a-t-il souligné. Jacob Zuma a sobrement évoqué hier un capital « substantiel et adéquat ».
« La banque de développement des Brics ouvre les portes vers de nouvelles initiatives de coopération, s’est néanmoins félicité le Premier ministre indien Manmohan Singh. Aujourd’hui, notre forum est devenu plus cohérent et plus pertinent. »
Pour le quotidien économique sud-africain Business Day, la banque de développement des Brics sera surtout « symbolique », quand elle sera enfin créée. Et bancale, compte tenu de l’hétérogénéité des Brics. « Le plus gros problème avec ce concept, c’est qu’il semble émaner au moins autant du désir de rivaliser avec la Banque mondiale que de celui d’une institution favorisant les infrastructures supportant le commerce. (...) Et cette décision idéologique est enracinée dans une approche étatiste du développement », a-t-il écrit dans un éditorial.
Quant au pot commun dans lequel les cinq pays doivent mettre une partie de leurs réserves de change pour se protéger des retournements de la conjoncture, il se montera à 100 milliards de dollars, selon M. Zuma, soit deux fois moins que prévu.
L’ambition des Brics est de créer des institutions ou des équipements permettant aux cinq pays de s’affranchir de la domination des pays occidentaux. La banque de développement doit leur permettre de se passer de la Banque mondiale et des réserves de change du Fonds monétaire international (FMI).
M. Zuma a encore évoqué hier un câble sous-marin de 28 400 km de long pour Internet à haut débit qui les relierait entre eux et « va supprimer la dépendance envers les points de connexion des pays développés ».
Mais de nombreux pays émergents craignent que les institutions des Brics n’assoient un peu plus la domination des Chinois. Le PIB chinois est de 25 % supérieur à ceux de ses quatre partenaires combinés, et la Chine est de plus en plus présente, en particulier en Afrique.
Le prochain sommet des Brics, le sixième, aura lieu l’an prochain au Brésil.
(Source : AFP)


Les BRICS, c'est l'eau avec l'huile, avec le mazout et avec le méthane... de la MERDIOTE !
14 h 21, le 28 mars 2013