Plus d’un millier de jeunes se sont mobilisés hier contre le plan de sauvetage, scandant notamment : « Ceux qui ont volé notre argent doivent payer et aller en prison. » Patrick Baz/AFP
Après s’être rassemblés devant le Parlement, les manifestants se sont dirigés vers le palais présidentiel pour protester contre les mesures du plan de sauvetage européen en scandant : « Ceux qui ont volé notre argent doivent payer et aller en prison. »
« Mon père travaille pour la Bank of Cyprus. À cause du plan de sauvetage, il va être viré. Je voulais étudier à l’étranger, mais je ne sais pas ce qui va se passer maintenant », affirme de son côté Andreas, 15 ans, dans un anglais hésitant. « Nos parents vont perdre leur emploi, ils vont devoir retirer leurs enfants des écoles privées et les mettre dans des écoles publiques », déplore pour sa part Sophia Brown, jeune Anglo-Chypriote de 16 ans qui fréquente un lycée privé anglophone.
Après des années de prospérité, grâce en partie au secteur bancaire et aux services financiers qui y sont liés, l’île s’attend désormais à des années difficiles. « Notre génération a eu de la chance, nous avons eu des opportunités sur le plan économique et sur le plan de l’éducation que les générations à venir n’auront peut-être pas », reconnaît Marios Iracleos, 33 ans, employé dans le secteur des services. Lucia, retraitée de 67 ans, a décidé de faire un bout de chemin avec les jeunes par solidarité : « Je suis triste pour eux. Leur avenir va être très difficile. Encore plus difficile qu’en Grèce. »
À quelques rues de là, installés aux terrasses des cafés clinquants d’une artère animée de la capitale, certains Chypriotes estiment cependant que la partie sera beaucoup plus difficile pour ceux qui arrivent sur le marché du travail ou qui vont devoir se battre pour garder leur emploi. « Notre génération est dans une situation plus difficile. Nous travaillons et nous sommes directement concernés. Leur génération a encore quatre ou cinq années d’études » devant elle, affirme Ploutarchos Christodoulou, 25 ans, employé par l’agence de chasseurs de tête de son père. Pour lui, ce sont surtout les jeunes de 22-25 ans aujourd’hui qui vont avoir du mal à rester dans l’île.
Son ami, Panayiotis Placotas, 28 ans, chimiste dans une usine de dessalement, est également optimiste pour les lycéens : « D’ici à leur entrée sur le marché du travail, dans quatre ou cinq ans, la situation se sera améliorée. Et puis nous avons le gaz maintenant », souligne-t-il, en référence aux importants gisements de gaz naturels récemment découverts au large de Chypre.
(Source : AFP)


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