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Liban - Communautés

Samir Abillama, nouveau président de la Ligue maronite

Les élections des président, vice-président et quinze membres du conseil exécutif de la Ligue maronite ont abouti à des résultats serrés : 388 voix à l’ancien bâtonnier Samir Abillama, 351 à l’ancien bâtonnier Antoine Klimos et 76 à Talal Doueihi.
C’est dans une ambiance de convivialité, qui n’a pas caché les tensions latentes, que la Ligue maronite a élu samedi son nouveau président, l’ancien bâtonnier Samir Abillama, et son second, l’ancien juge Maurice Khawam. La liste de Me Abillama a remporté 12 des 15 sièges disputés, les trois autres ayant été décrochés par la liste de l’ancien bâtonnier Antoine Klimos. La troisième liste, incomplète, de Talal Doueihi, appuyée par l’ancien ambassadeur Abdallah Bou Habib qui s’était retiré de la course, n’a obtenu aucun siège. Il en va de même du candidat à la présidence de la Ligue, Rami Chidiac, qui a mené sa campagne en solo. Les quinze nouveaux membres du conseil de la Ligue sont : (les candidats élus de la liste gagnante) l’avocat Farès Abi Nasr ; le général retraité des FSI Ibrahim Jabbour ; le chirurgien-dentiste Fadi Gergès ; l’avocat Walid Khoury ; l’ingénieur Maroun Romanos; l’avocat Michel Comaty ; le chirurgien Maroun Serhal ; l’avocat Jihad Torbey ; l’avocate Carla Chehab ; l’ancien journaliste Antoine Constantine ; (les trois candidats de la liste opposée d’Antoine Klimos) l’académicien Souhail Matar ; les avocats Laurent Aoun et Nada Abdel Sater.
Les résultats, bien que serrés (388 voix pour Abillama; 351 pour Klimos ; 76 pour Doueihi), étaient quelque peu prévisibles, étant donné l’association de plusieurs figures influentes en faveur de la liste de Samir Abillama (« Je suis rassembleur », avait-il lancé d’ailleurs à L’OLJ) : l’on en retient notamment l’appui déclaré du député aouniste
Nehmetallah Abi Nasr, membre de le Ligue depuis 38 ans et dont le fils, l’avocat Farès Abi Nasr, fait partie de la liste Abillama. L’importance de cet appui est liée au nombre non négligeable de voix dont l’ancien député du Kesrouan dispose au sein de la Ligue, où il avait occupé, il y a plusieurs années, le poste-clé de secrétaire général. Un autre soutien, implicite, est celui du gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, parent par alliance d’Abillama; et le soutien non déclaré de l’ancien président de la Ligue maronite Joseph Torbey. La liste d’Antoine Klimos était soutenue notamment par le président de l’Association des industriels Nehmat Frem.

« Un grand jour pour les maronites »
Un autre élément déterminant pour le scrutin, l’absence de tout parrainage officiel d’un parti politique en faveur d’une liste en particulier. Chaque politique faisait son entrée au Forum de Beyrouth sans manquer de saluer les candidats. Un aparté de plusieurs minutes a pu être observé par exemple entre le candidat Antoine Klimos et le député Ibrahim Kanaan.
Les listes rivales étaient respectivement formées de membres proches de courants politiques différents. Le député Hadi Hobeiche a révélé à L’Orient-Le Jour son appui à Samir Abillama ; le candidat Talal Doueihi, qui ne cache pas sa proximité du courant Marada, a confié à L’OLJ qu’il n’avait pas l’appui du député Sleimane Frangié; l’ancien ministre de la Justice Chakib Cortbawi s’est contenté de déclarer qu’il s’agit là d’un « grand jour pour la démocratie et pour les maronites »... Cette expression était d’ailleurs réitérée par quasiment tous les candidats et par les figures politiques, sociales et économiques présentes au Forum de Beyrouth. L’accent a été mis sur « le caractère non partisan de la Ligue maronite », valorisant une fierté partagée d’appartenir à une entité, qui se veut, en dépit des rechutes, autonome, capable de convertir les positions de Bkerké en actes sur le terrain civil et politique. C’est ce qui expliquerait également la tendance au panachage, exprimée par plus d’un électeur. « Les élections de la Ligue ne sont pas celles d’un parti », a-t-on pu entendre à plusieurs reprises.
Cette tendance a été confirmée notamment par le nombre de voix recueillies par le vice-président Maurice Khawam (420), surpassant ainsi le résultat accompli par le président Abillama lui-même (388 voix). Ancien juge et octogénaire, Maurice Khawam est respecté en partie pour sa contribution au sein du comité exécutif, formé à l’initiative de Bkerké en 2003 et présidé par l’ancien ministre Michel Eddé, pour résoudre les divisions qui avaient éclaté au grand jour au sein de la Ligue.

Des signes de compromissions ?
« Ces élections, qui sont un accomplissement en soi au milieu des circonstances actuelles, ont pu produire des résultats représentatifs et surtout éloigner la Ligue maronite de la politique », a affirmé à L’OLJ hier soir le membre nouvellement élu, Antoine Constantine, rappelant que le taux de participation aux élections a été de 87 % (830 électeurs sur 951 membres inscrits). « Il existe certes une présence politique, puisque les membres de la Ligue sont des personnalités de poids, notamment politiques et économiques, mais l’appui politique n’est pas la politisation », a-t-il ajouté. Pourtant, le risque de compromission se profilerait déjà, à en croire certains milieux de la Ligue, qui rapportent que le président Abillama aurait donné sa parole au député Nehmetallah Abi Nasr de faire élire son fils, Farès Abi Nasr, au secrétariat général de la Ligue, en contrepartie de l’appui du député à la liste. Une information catégoriquement démentie par Antoine Constantine, mais que seule l’éventuelle répartition des fonctions entre les différents membres du comité exécutif est susceptible de confirmer.
Un rappel s’impose enfin : deux initiatives avaient été tentées par Bkerké avant le scrutin, dans la perspective d’obtenir un consensus entre les différents candidats. Mais ce derniers auraient préféré l’exercice démocratique. Parallèlement à ces efforts de conciliation, le nombre des membres ayant payé leur cotisation annuel a quasiment doublé un mois avant les élections. Alors que le nombre total de membres de la Ligue est de 1 216, 950 ont réglé leur inscription annuelle, parmi lesquels près de 400 juste avant le vote, ces derniers ayant bénéficié d’un ultime « coup de pouce » de la part des trois candidats rivaux. Le signe d’un engagement sain, ou de partis pris qui risquent de dénaturer le rôle de la Ligue ?
C’est dans une ambiance de convivialité, qui n’a pas caché les tensions latentes, que la Ligue maronite a élu samedi son nouveau président, l’ancien bâtonnier Samir Abillama, et son second, l’ancien juge Maurice Khawam. La liste de Me Abillama a remporté 12 des 15 sièges disputés, les trois autres ayant été décrochés par la liste de l’ancien bâtonnier Antoine Klimos. La troisième liste, incomplète, de Talal Doueihi, appuyée par l’ancien ambassadeur Abdallah Bou Habib qui s’était retiré de la course, n’a obtenu aucun siège. Il en va de même du candidat à la présidence de la Ligue, Rami Chidiac, qui a mené sa campagne en solo. Les quinze nouveaux membres du conseil de la Ligue sont : (les candidats élus de la liste gagnante) l’avocat Farès Abi Nasr ; le général retraité des FSI Ibrahim Jabbour...
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