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Les législatives 2013 à l’UPA : des tribunes libres... pour les jeunes

L’Université antonine remet ses pendules à l’heure électorale. Objectif : soumettre au suffrage estudiantin, non l’honorabilité des projets politiques véhiculés en période de soldes parlementaire, mais l’authenticité des usages médiatiques et publicitaires, vecteurs de propagande et promoteurs de candidats. Le verdict est unanime : « Non aux manœuvres ! »

La faculté de publicité et de médias inscrit au nombre de ses desseins pour l’année académique 2012-2013 un projet ambitieux intitulé : « Les campagnes électorales : stratégies d’information, de communication et de publicité des candidats, des médias et des agences de publicité ». Autrement dit, soumettre à un examen didactique assidu, les performances des candidats et des partis politiques, enjolivées au prisme des médias – presse écrite, radio, télévision, site électronique, etc. –, agrémentées de slogans d’occasion et soumises à d’éventuelles critiques. Mais aussi souligner les dissonances et les clivages opposant le discours de ces acteurs lors du processus électoral, et leurs actions en amont et en aval de cette parenthèse politique circonstancielle.
Si les « invités », représentant des partis politiques – le parti Vert, le Courant patriotique libre, les Kataëb, les Marada, le Bloc national, les Forces libanaises, le Parti progressiste socialiste, le Parti national libéral, le Parti communiste, le Tachnag, le courant du Futur et le mouvement Amal –, des médias – NBN, MTV, New TV, Future TV, OTV, Manar, Télé-Liban, al-Akhbar, al-Joumhouria, an-Nahar, as-Safir, L’Orient-Le Jour, la Voix du Liban, la Voix du Liban libre, la Voix du peuple, le site Anba’a, Lebanon files – et des agences de publicité, pensaient que leur gageure était remportée d’avance, ils furent mis à rude épreuve.

Débats houleux
En effet, les lignes de conduite du forum sont d’emblée définies par le père Germanos Germanos, recteur de l’UPA. « Il s’agit de réfléchir la dimension paralégale des élections, celle de la culture démocratique et du droit à la connaissance », affirme-t-il. Le père Germanos s’interroge sur la dialectique suivante (ou serait-ce le dilemme) : les médias, arène politique ou instrument de pouvoir, sur le discours acéré des candidats, la classification irrévocable des protagonistes entre « anges » et « démons », les devises intimidantes aux relents de « trahison » et de « traîtrise ». À se demander : fécondité créative, complot ou bêtise ? Autant d’interrogations que les étudiants adressent aux représentants des partis politiques et des médias, mettant en doute les motivations des uns et des autres et allant jusqu’à les accuser de manipuler l’opinion publique. Certains étudiants entreprenants se lancent même dans une diatribe hasardeuse, commentant la campagne publicitaire d’un parti adverse. Les débats glissent alors dans les virages dangereux de la politique politicienne. Et le Dr Mirna Abou Zeid, doyen de la faculté de publicité et de médias, de rectifier la trajectoire de la discussion et de la ramener vers des horizons intellectuels plus « cléments ». « L’information délivrée au citoyen influe sur ses choix électoraux. C’est en fonction de ce principe fondamental que les campagnes médiatiques et électorales sont planifiées, en vue de maximiser le soutien populaire à chaque candidat et de majorer donc les votes qui lui sont accordés. » D’où l’énorme responsabilité qui incombe aux médias. Et ceux-ci d’objecter que la loi électorale, désuète et arbitrairement restrictive, ne laisse point le champ libre aux initiatives innovantes en matière d’examen des projets en lice. Au contraire, des secrétaires de rédaction représentants de chaînes de télévision – notamment Sanaa Salamé de la New TV – affirment que l’ultime performance des médias se réduit à chronométrer le temps d’antenne alloué aux candidats ou à mesurer l’espace réservé à leurs déclarations dans le journal, et ce afin de ne pas déroger aux injonctions du Conseil national de l’information. Pourtant, ils admettent que le véritable problème des médias se profile ailleurs : gagner le pari de préserver leur crédibilité malgré les tentations de renflouer leurs caisses grâce aux « contributions » financières de prétendants aux avant-postes politiques.
Un tel problème ne s’impose pas aux agences publicitaires sollicitées par les demandes contradictoires de camps rivaux. Bien que désireuses de maximiser leurs profits tout en relevant le pari de provoquer des vagues de fond populaires favorables à leur(s) candidat(s)-client(s), elles caressent le désir de délivrer des messages patriotiques, constitutifs d’une conscience nationale actuellement en veilleuse.
Et beaucoup d’admettre : la relève ne sera assurée que par des jeunes exempts de labels partisans. Les étudiants de l’UPA, vivement sollicités par les factions politiques, sont réfractaires à toute « monopolisation », « instrumentalisation » ou « exploitation » de leur voix. Ils huent les « députés phagocytés par les calculs et intérêts », prônent la liberté, la justice et la démocratie, et plébiscitent un Liban plus magnanime, sans cependant voter en faveur d’une action, d’une voie !
La faculté de publicité et de médias inscrit au nombre de ses desseins pour l’année académique 2012-2013 un projet ambitieux intitulé : « Les campagnes électorales : stratégies d’information, de communication et de publicité des candidats, des médias et des agences de publicité ». Autrement dit, soumettre à un examen didactique assidu, les performances des candidats et des partis politiques, enjolivées au prisme des médias – presse écrite, radio, télévision, site électronique, etc. –, agrémentées de slogans d’occasion et soumises à d’éventuelles critiques. Mais aussi souligner les dissonances et les clivages opposant le discours de ces acteurs lors du processus électoral, et leurs actions en amont et en aval de cette parenthèse politique circonstancielle. Si les « invités », représentant...
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