Au sein de la sphère des activités politiques libanaises, un nombre impressionnant de problèmes se pose brutalement aux dirigeants. La recherche de solutions adaptées reste compliquée, elle se heurte à des enjeux complexes, confus et, pour le moins qu’on puisse dire, débouche souvent sur des impasses. L’imprévu des événements, les renversements d’alliances et les exigences qu’elles suscitent peuvent d’ailleurs se dissimuler derrière un jargon significatif, ce qui équivaut à être bloqué au cœur de la vague.
Pour l’heure, c’est l’impasse, née du déficit autoritaire au niveau de la gouvernance du pays. Une situation de crise complexe dont la nature complique les processus de résolution des problèmes. Face à ce paysage de tour de Babel, ces moments tragiques nécessitent une capacité de transcender l’ordre politique, de garder notre esprit ouvert à tout ce qui nous entoure et à tout ce qui existe, et pas seulement à ce qui nous préoccupe. Restons, alors, dans un état de pleine conscience.
Quoi qu’il en soit, aux yeux de la plupart d’entre nous, la sagesse est un chemin que l’on voudrait emprunter pour résoudre nos problèmes. On voudrait se sentir progresser vers quelque chose de meilleur, ainsi nos erreurs et nos errances auraient un sens, celui de nous rapprocher du mieux, c’est-à-dire de moins de souffrances.
Mais la sagesse n’est pas seulement un discours, elle est aussi une pratique. Ayons recours à cette sagesse pratique pour sortir de l’impasse au niveau de la gouvernance politique. Faisons preuve de prudence avec les certitudes, les « toujours » et les « jamais ». Acceptons la complexité et l’incertitude et agissons quand même. Évitons les références à la catégorisation binaire (les amis et les ennemis, le 14 et le 8 Mars, le désirable et l’indésirable...).
Beaucoup de Libanais pensent que transcender la crise politique reste possible dans la mesure où les acteurs agissent avec sagesse et humanisme. Ce courant de pensée qui prend pour but et pour valeurs prioritaires la personne humaine, son épanouissement et respecte surtout le « droit des gens ». L’initiative qui répond à cette quête de sagesse et d’humanisme consiste à aider les citoyens à réaliser leur destinée, chacun poursuivant son bien particulier (profession, vocation, etc) et parvenant à coexister dans un esprit de dialogue avec toutes les composantes de la société.
Le rôle de l’État libanais est de mettre en œuvre les moyens de rechercher un bien utile à tous. Ce but général, c’est le bien commun, une réalité complexe qui dépend du degré de civilisation et de développement de l’ensemble du pays. Pour obtenir cet essor dans le domaine culturel, il faudrait forcément prodiguer un service éducatif et d’enseignement de qualité, proposant les valeurs qui méritent d’être défendues et transmises. Le bien commun appelle donc une rationalisation des rapports humains au sein de la société pour les rendre harmonieux.
Charles AZAR
Membre du Cirdic

