Sur le terrain, Washington prévoit de déployer 14 intercepteurs de missiles supplémentaires en Alaska, s’ajoutant aux 30 déjà en place le long de la côte ouest américaine. Pyongyang a menacé son voisin sud-coréen d’un conflit armé en réponse aux nouvelles sanctions qui lui ont été infligées par l’ONU à la suite du troisième essai nucléaire de la Corée du Nord en février et de manœuvres militaires conjointes entre la Corée du Sud et les États-Unis. Par ailleurs, l’installation en Turquie d’un radar TPY-2 conçu pour détecter les lancements de missiles balistiques et leur trajectoire est toujours prévue, de même que le déploiement d’ici à 2018 de 24 missiles intercepteurs SM3-IIA en Roumanie et autant en Pologne. « Tout ce qui concerne les incertitudes stratégiques liées au déploiement du bouclier antimissile des États-Unis et de l’OTAN reste inchangé », a jugé M. Riabkov.
Lancé en 2010, le projet de bouclier antimissile de l’OTAN, basé essentiellement sur une technologie américaine, vise à déployer progressivement des intercepteurs de missiles et de puissants radars dans l’est de l’Europe et en Turquie. Les États-Unis et l’OTAN affirment que ce système ne vise pas la Russie mais une menace venant du Moyen-Orient, en particulier d’Iran. Moscou le considère néanmoins comme une menace pour sa sécurité et exige d’être associé au système ou, à défaut, de recevoir des garanties que celui-ci ne vise pas sa capacité de dissuasion.
Poursuivre la relance
Pour discuter de ces problèmes, M. Riabkov doit rencontrer aujourd’hui à Genève la sous-secrétaire d’État américaine chargée du contrôle des armements, Rose Gottemoeller. « Nous poursuivrons notre dialogue et œuvrerons pour un accord juridiquement contraignant, attestant que le bouclier antimissile américain en Europe n’est pas dirigé contre les forces stratégiques russes », a souligné M. Riabkov. Des responsables américains ont indiqué que la Pologne et la Roumanie avaient été informées par Washington avant l’annonce du Pentagone. Mais la Russie n’aurait pas été mise au courant préalablement, selon des médias.
Les experts russes sont partagés sur l’interprétation de l’annonce du Pentagone. Il s’agit d’un « signal indiquant que les États-Unis veulent coopérer » avec Moscou et que le président Barack Obama entend « poursuivre la relance » des relations entre les deux pays, a déclaré l’analyste du Centre des études politiques de Russie, Evgueni Boujinski. Mais pour le moment, la Russie « reste sur ses positions. L’administration Obama a dit beaucoup de choses sur la défense antimissile. Nous voulons voir quelle est sa position maintenant », a ajouté M. Boujinski. Pour sa part, l’analyste Viktor Kremeniouk estime que les États-Unis n’ont pas annoncé une restructuration du bouclier antimissile « au profit de Moscou » mais plutôt en vue de réorienter leur système vers l’Extrême-Orient. « Les Américains réalisent leurs projets indépendamment de ce que va dire Moscou, cela les intéresse peu », a déclaré M. Kremeniouk.
La restructuration du bouclier américain est « une simple correction de projets existants de création d’un système global de défense antimissile », a déclaré le chef du magazine russe Défense nationale, Igor Korotchenko, auprès de l’agence Ria Novosti, soulignant que « l’objectif stratégique des États-Unis était inchangé ».
(Source : AFP)


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