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Dernières Infos - Liban

Enterrement au Liban d'un combattant du Hezbollah tué en Syrie

Le corps d'un combattant du Hezbollah, tué récemment en Syrie, a été mis en terre tôt dimanche au Liban-sud, ont indiqué plusieurs habitants à l'AFP.

"Les funérailles de Hassan Nimr Chartouni, 25 ans, ont eu lieu ce matin (dimanche) à Mays al-Jebel, après l'arrivée de la dépouille de Syrie, où il a été tué hier (samedi) dans des combats", a affirmé un habitant.
Deux autres habitants, qui ont refusé d'être identifiés, ont confirmé ses dires.

Le Hezbollah a enterré ces derniers mois au Liban plusieurs de ses combattants tués en Syrie sans jamais indiquer quand et où ils avaient trouvé la mort. Des sources proches du mouvement se sont chaque fois bornées à dire que les combattants ont été tués en "en menant le jihad".

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait affirmé en 2012 que des membres de son parti combattaient les rebelles syriens, mais à titre individuel et sans mandat de sa formation.

L'organisation a également reconnu que certains de ses membres vivant dans des villages syriens sur la frontière avec le Liban avaient participé à des combats d'auto-défense "contre des groupes armés". Mais le Hezbollah a refusé de répondre aux allégations des rebelles faisant étant de l'envoi de combattants pour défendre le régime de Bachar el-Assad.

 

Le conflit en Syrie divise le Liban et y suscite des tensions confessionnelles, le camp mené par le Hezbollah chiite soutenant le régime, tandis que le mouvement du 14 Mars est partisan de l'opposition. Ces derniers mois, plusieurs jeunes sunnites libanais ont par ailleurs cherché à rejoindre les rebelles syriens.

 

Face à cette situation, le président Michel Sleiman a affirmé samedi que le Liban doit empêcher les combattants de franchir la frontière pour entrer en Syrie. Le chef de l'Etat a fait cette déclaration lors d'une réunion avec la communauté libanaise de Côte d'Ivoire durant une visite officielle, selon un communiqué publié samedi par la présidence à Beyrouth.

 

La stabilité du Liban est l'affaire "de nous tous...", a-t-il poursuivi, ajoutant : "Il ne faut pas envoyer des militants en Syrie et (il ne faut) pas en recevoir (...) Nous devons maintenir notre neutralité" dans le conflit syrien.

Il a souligné avoir donné l'ordre à l'armée libanaise "d'arrêter tout homme armé ayant l'intention (d'aller) combattre (en Syrie) qu'il appartienne à l'opposition ou pas".

 

Le Premier ministre libanais, Nagib Mikati, a, lui aussi, affirmé samedi avoir donné l’ordre à l’armée d’empêcher toute violation de la frontière libano-syrienne. M. Mikati a aussi appelé "toutes les parties à respecter la politique de distanciation du gouvernement et à empêcher que le Liban soit entraîné dans un conflit externe".

 

Le bureau du Premier ministre a indiqué que M. Mikati s'est entretenu avec le chef de l'armée "des mesures prises par les militaires libanais (...) sur la frontière avec la Syrie pour prévenir les infiltrations des militants et les opérations de contrebande d'armes". Des témoins ont affirmé avoir vu un renforcement des troupes syriennes le long de la frontière avec le Liban.

 

Jeudi, le ministère syrien des Affaires étrangères a menacé de frapper en territoire libanais les "bandes armées" passant clandestinement en Syrie. "Les forces syriennes font preuve de retenue en ne frappant pas ces bandes à l'intérieur du territoire libanais (...) mais cela ne durera pas indéfiniment", a-t-il averti dans une lettre aux Affaires étrangères libanaises.

L'armée syrienne a déjà tiré à de multiples reprises, la dernière fois pas plus tard que vendredi soir, sur des zones frontalières au Liban, mais c'est la première fois que la Syrie menace officiellement et publiquement de frapper son petit voisin libanais, divisé entre partisans et adversaires du régime Assad.

 

Pour Nikolaos van Dam, spécialiste de la Syrie, "les menaces syriennes doivent être prises très au sérieux. Si le régime syrien pense que cela va servir ses intérêts, il ne va pas hésiter à attaquer les forces de l'opposition syrienne en territoire libanais".

 

Sous couvert de l'anonymat, un haut responsable libanais a affirmé samedi à l'AFP que le gouvernement prenait la mise en garde "très sérieusement", ajoutant que "des consultations intensives sont en cours pour trouver le meilleur moyen pour protéger la frontière".

L'opposition libanaise, hostile au régime Assad, a appelé au déploiement de l'armée le long de la frontière pour empêcher le passage d'armes et de combattants et pour protéger le territoire libanais.

 

Le Liban a adopté une politique de "distanciation" vis-à-vis du conflit chez son voisin et ancienne force tutélaire.

 

 

Pour mémoire

L’ONU craint que le Liban soit entraîné dans la guerre civile syrienne 



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