Zoom sur une partie des députés présents hier à la réunion hebdomadaire du bloc du Futur. Photo Dalati et Nohra
Tout en « se félicitant du climat de discussion, de dialogue et de bonnes dispositions en vue de parvenir à une formule adéquate qui serait en phase avec les aspirations des Libanais et ferait l’objet d’un consensus entre l’ensemble des parties », le bloc souligne dans un communiqué son « attachement au déroulement des élections à la date prévue ».
Il impute au gouvernement la responsabilité du retard survenu sur ce plan « parce qu’il ne s’est pas acquitté de sa tâche qui lui commandait de mettre au point un projet de loi électorale à caractère non vindicatif et qui prend en compte les points de vue des diverses parties dans le pays ».
Le communiqué note l’existence d’une prise de conscience « chez un certain nombre de parties » de « la nécessité de faire preuve d’ouverture dans la recherche d’un projet de loi qui serait à mi-chemin entre tous les protagonistes, de façon à permettre à l’échéance électorale de se dérouler sans aucun retard ».
« On est arrivé à cette conclusion lorsque la plupart des parties se sont rendues compte que le projet Ferzli (la proposition dite « orthodoxe ») pose un grave problème et menace la coexistence entre les Libanais et que de grandes composantes du peuple libanais y sont opposées », ajoute le communiqué du Futur.
De son côté, le président de la Chambre, Nabih Berry, a justifié hier, dans une interview au journal as-Safir, son intention de ne pas convoquer les députés à une séance plénière du Parlement tant qu’il n’y aura pas au préalable un consensus sur la loi électorale.
« Cette attitude est inspirée de mon interprétation du préambule de la Constitution qui, à mes yeux, a plus de force juridique que les articles de la Constitution proprement dits », souligne M. Berry.
Selon lui, « le préambule incarne le Pacte national par excellence et son amendement nécessiterait l’unanimité, sinon un référendum. Or il stipule que tout pouvoir contraire à la coexistence serait dépourvu de légitimité. De là ma détermination à faire en sorte que toutes les composantes libanaises prennent part à la mise au point d’une loi électorale, même si théoriquement celle-ci n’a besoin que d’une majorité parlementaire ».
Par ailleurs, deux députés membres du bloc des Forces libanaises, Fady Karam et Joseph Maalouf, ont fait savoir hier que les FL ne sont pas attachées à la proposition « orthodoxe » et qu’elles sont ouvertes à la discussion.
Quant à l’ancien vice-président du Conseil, le général Issam Abou Jamra, il a poursuivi en ces termes sa campagne contre le projet « orthodoxe » : « Il est vrai que cette formule libère un certain nombre de députés chrétiens de la dépendance à l’égard de chefs de file musulmans (...), mais il reste les questions suivantes : Qu’en est-il des députés orthodoxes, grecs-catholiques ou protestants qui se mettent sous la dépendance d’un chef de parti maronite ? Et qu’en est-il de la dépendance du chef maronite après les élections à l’égard d’un autre chef, musulman ? Et la dépendance du chef maronite à l’égard d’un autre pays, musulman aussi ? »

