C’est pour cette raison que je tiens, d’entrée de jeu, à préciser que je suis résolument pour l’instauration d’une institution de mariage civil, qui resterait cependant facultative. Il appartiendrait ainsi à chacun de faire son choix, sans que nul ne se sente lésé ni mal perçu.
Cela dit, attaquons-nous au mariage ultramédiatisé des jeunes Khouloud et Nidal, en passe d’être légalisé par les autorités libanaises.
C’est donc l’histoire de deux jeunes gens qui, croyant dur comme fer à leur droit de procéder à un mariage civil sur le sol libanais, décident de sceller leur union auprès d’un notaire. Le geste aurait pu, et dû d’ailleurs, rester dans les annales comme un geste hautement symbolique, courageux, militant.
À quelques mois des législatives, il était cependant trop tentant pour les responsables en place de laisser passer l’aubaine : être ceux qui auraient légalisé le premier mariage civil au Liban et inscrire ainsi leur nom en lettres d’or sur l’une des pages les plus importantes de l’histoire de ce pays.
Ce serait là un bien bel épilogue à la lutte de toute une génération de Libanais qui ne se reconnaissent plus, depuis belle lurette, dans les mariages coûteux et trop souvent contraignants, contractés auprès de leurs communautés religieuses respectives.
Sauf que voilà, la réalité juridique est que Khouloud et Nidal ne sont mariés au « civil » que par la forme. Et encore. Même pour la forme, le jour où, par malheur, surgira un problème entre les deux époux, c’est encore à la loi religieuse de statut personnel de l’époux qu’il faudra retourner. Tout simplement faute de législation adaptée...
En d’autres termes, « légaliser » l’union civile de Khouloud et Nidal n’aura été que de la poudre aux yeux. Aucun texte de droit commun ne permet de gérer les effets d’un tel mariage. Ni la filiation, ni la pension alimentaire, ni l’adoption, ni les obligations respectives des époux, ni la séparation, ni le divorce, ni l’annulation du mariage n’ont de réponse dans un quelconque texte de droit commun libanais, comme c’est le cas dans tous les pays du monde qui ont instauré l’institution du mariage civil.
Cette « légalisation » de la première union civile libanaise n’aura été, au final, qu’un spectaculaire coup d’épée dans l’eau. Une façon comme une autre de s’attirer les faveurs d’un peuple décidément demandeur de modernisation, mais un peu crédule tout de même...


Allez....çà va venir...pas de panique...
14 h 05, le 27 février 2013