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Nos lecteurs ont la parole

La République citoyenne verra-t-elle enfin le jour ?

Par Salim F. DAHDAH
Ouf quel bol d’oxygène ! Après trente-sept ans de frustration, un rayon de soleil transperce enfin le ciel nuageux et gris du pays du Cèdre. Deux jeunes gens appartenant à cette société multicommunautaire libanaise ont décidé de se marier civilement sur le territoire national. Ils vont de ce fait sortir de sa torpeur un establishment pris en étau depuis soixante-dix ans par un système confessionnel implacable et donner sa chance à une société civile en quête de reconnaissance citoyenne. Merci donc à eux et à tous les juristes, les politiques et hommes de religion qui adhèrent à ce chantier national de la réhabilitation et de l’intégration des citoyens au sein d’un État considéré mondialement comme un véritable laboratoire socioculturel. Au moment où les représentants des différents partis se réunissent, toutes tendances confondues et malgré les divisions profondes qui les opposent, pour essayer de s’accorder autour d’une loi électorale acceptable pour tous, selon les critères confessionnels en vigueur, l’initiative civile de ces deux citoyens appartenant à des communautés différentes est un véritable pied de nez à tout le système politique actuel. Elle doit réussir coûte que coûte, parce qu’elle pavera largement la voie aux premiers pas d’une République citoyenne tant souhaitée. Elle inaugurera une nouvelle ère d’égalité des chances de tous les citoyens face à la seule loi nationale civile et participera à l’édification des premières fondations d’un État civil. 
Dans ce même registre, je voudrais saisir l’occasion pour signaler que nombre de politologues, d’observateurs et d’analystes politiques cherchent à étudier les causes du blocage chronique de nos institutions et à trouver les moyens les plus adéquats pour éviter que ne se perpétue l’incapacité nationale à légiférer, gérer, et surtout développer positivement les infrastructures de l’État. La question essentielle est de réussir ce bouleversement sans naturellement remettre en question les bases fondamentales de la Constitution, la sigha et l’équation politique qui détermine les modalités de la gestion des affaires au sein de l’État et des institutions. Rester à l’écoute des besoins quotidiens des citoyens et les aider à mieux réaliser leurs objectifs exige en effet une démarche simple, transparente, juste et équitable, loin de toutes les pressions et les interdits qui sont la conséquence d’un système archaïque, négatif et réactionnaire. 
Dans le cadre de ces efforts, il serait utile de porter à l’aimable attention de nos concitoyens une initiative engagée il y a plus d’un an par un avocat et analyste politique, Me Hassane Rifai, qui a eu la délicatesse de m’associer à sa réflexion. Après une étude approfondie de son objet, nous avons décidé de l’exprimer sous la forme d’un pamphlet titré : « Je m’engage ». M. Michel Hadjigeorgiou nous a fait l’amitié de se joindre à nous ensuite, et nous a soutenus par ses conseils et par une campagne de mobilisation et de sensibilisation qu’il a menée auprès d’un grand nombre de personnes pour tester les réactions. Les destinataires de ce document, à qui il sera demandé de signer cet engagement, sont les élus du peuple à l’Assemblée nationale, tous les responsables politiques, militaires, religieux et cadres de la fonction publique, les représentants des partis politiques et des organisations de la société civile. Malgré donc la situation explosive que traverse cette région du Moyen-Orient et les retombées de la guerre syrienne tant à l’intérieur que par rapport au Liban, la société civile et les citoyens libanais poursuivent leurs combats et leurs défis, avec où sans leurs leaders et quelquefois contre eux pour essayer de prendre le relais et réhabiliter des structures nationales vétustes et paralysées depuis si longtemps. 
Voici le texte en question :
 – Je m’engage à ne pas impliquer le clergé et les institutions religieuses dans la vie politique, à ne pas les associer à mes réunions et cérémonies politiques, partisanes et électorales, et à ne pas utiliser leurs tribunes à des fins politiques.
 – Je m’engage à ne pas impliquer les institutions militaires et sécuritaires dans la vie politique. Je ne les associerai pas à mes réunions et cérémonies politiques, partisanes et électorales.
 – Je m’engage à prendre part à l’élaboration et au vote d’une loi sur le mariage civil facultatif sans conditionner celle-ci par l’instauration de la laïcité, la suppression du confessionnalisme politique ou tout autre prétexte. 
– Je m’engage à participer à l’élaboration et au vote des législations nécessaires pour garantir l’égalité entre l’homme et la femme et à soutenir toutes les mesures pouvant faciliter la réalisation concrète de ce principe.
 – Je m’engage à prendre part à l’élaboration et au vote des législations appropriées et nécessaires pour que les immunités accordées par la loi du secret bancaire ne puissent profiter à toute personne occupant une fonction publique, député, ministre, magistrat ou fonctionnaire du service public.
Avec l’espoir que cet engagement trouvera un accueil positif de la part de ceux à qui il s’adresse et qu’il participera lui aussi, à sa façon, à tracer la voie en vue de la construction d’une République citoyenne, à laquelle aspirent toutes les jeunes générations de la nation (toutes les remarques ou les observations citoyennes seraient les bienvenues).
Ouf quel bol d’oxygène ! Après trente-sept ans de frustration, un rayon de soleil transperce enfin le ciel nuageux et gris du pays du Cèdre. Deux jeunes gens appartenant à cette société multicommunautaire libanaise ont décidé de se marier civilement sur le territoire national. Ils vont de ce fait sortir de sa torpeur un establishment pris en étau depuis soixante-dix ans par un système confessionnel implacable et donner sa chance à une société civile en quête de reconnaissance citoyenne. Merci donc à eux et à tous les juristes, les politiques et hommes de religion qui adhèrent à ce chantier national de la réhabilitation et de l’intégration des citoyens au sein d’un État considéré mondialement comme un véritable laboratoire socioculturel. Au moment où les représentants des différents partis se réunissent,...
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