L’après-Castro a commencé à Cuba, avec la confirmation par le président Raul Castro qu’il quitterait bientôt le pouvoir et la désignation d’un successeur, Miguel Diaz-Canel. « Historique », a lui-même affirmé Raul Castro dimanche à l’issue de la séance inaugurale de la nouvelle Assemblée nationale qui s’est conclue – en présence de Fidel Castro – par la nomination d’un successeur désigné à la génération historique. Et la succession pourrait intervenir avant 2018, terme de la législature. Car, même si c’était sur le ton de la plaisanterie, Raul Castro a entrouvert la possibilité d’une retraite anticipée, deux jours avant de confirmer que le mandat de cinq ans qu’il a reçu dimanche était son « dernier ». « Je vais démissionner. Je vais avoir 82 ans, j’ai le droit de me retirer. Vous ne croyez pas ? » a-t-il lancé vendredi.
C’est la première fois depuis la révolution cubaine de 1959 qu’est désigné un numéro deux du régime, qui n’est pas issu des rangs de ceux qui ont combattu aux côtés de Fidel Castro. Raul Castro avait été le numéro deux, derrière son frère Fidel, son aîné de cinq ans, jusqu’à ce que la maladie écarte ce dernier du pouvoir en juillet 2006. Nommé officiellement président du Conseil d’État, organe suprême de l’exécutif, en février 2008, il avait lui-même choisi en tant que numéro deux un compagnon de lutte, José Ramon Machado Ventura, aujourd’hui âgé de 82 ans et relégué parmi les cinq vice-présidents du Conseil d’État.
La nomination de Miguel Diaz-Canel au poste de premier vice-président du Conseil d’État marque donc « le début de l’ère post-Castro », a assuré l’analyste cubain Arturo Lopez-Levy, de l’université de Denver aux États-Unis. « Il se différencie pour trois raisons : son âge, il est né après le triomphe de la révolution et a été éduqué dans le système, son cheminement vers le pouvoir, pas à pas, il a gravi les échelons de l’appareil du parti sans avoir participé à l’épopée révolutionnaire, et c’est un civil, avec peu d’expérience militaire », a souligné M. Lopez-Levy. Né le 20 avril 1960, Miguel Diaz-Canel, ingénieur en électronique, n’a jamais fait de vagues. Discret et affable, il s’est hissé vers le sommet du pouvoir à la manière préférée de Raul Castro : « Doucement, mais sûrement », le leitmotiv du président cubain.
Un changement de président sans une ouverture démocratique à Cuba est insuffisant, ont réagi hier les États-Unis après l’annonce de son possible départ anticipé à la retraite.
(Source : AFP)
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