Grâce à un patch Bluetooth, le navigateur Bastian Hauck surveille en temps réel sa glycémie sur son smartphone.
Le dernier Salon électronique CES de Las Vegas fourmillait d’appareils pour surveiller sa forme, détecter des problèmes médicaux et y apporter des solutions. Une tendance consiste à s’inspirer des jeux vidéo en donnant des points et des récompenses pour améliorer la santé et réduire les coûts des soins.
L’assureur-santé UnitedHealthcare avait ainsi annoncé une initiative conjointe avec un acteur du jeu vidéo, Konami Digital Entertainment, pour réduire l’obésité infantile en lançant des défis aux jeunes pour les faire danser, tout en surveillant leur indice de masse corporelle ou les calories
qu’ils brûlent.
L’aspect ludique vise à augmenter l’engagement des jeunes, souligne Ariane Hoyland, qui produit des jeux pour l’assureur. Celui-ci a d’autres programmes utilisant des applications mobiles pour encourager les femmes enceintes à se rendre aux visites médicales prénatales, en leur offrant des bons cadeaux.
«Il s’avère que rendre ludique la santé fonctionne vraiment», juge James McQuivey, analyste du cabinet de recherche Forrester. «Les gens ont besoin de compétition, souligne-t-il, ils veulent la reconnaissance de leurs pairs, ils veulent dépasser les autres.»
La société HealthyWage.com organise pour sa part des compétitions de perte de poids pour des groupes, avec 10000 dollars de récompense à la clé. Elle dit avoir vu l’année passée un bond de la demande venant d’entreprises, de sociétés du secteur de la santé ou encore d’écoles.
D’autres utilisent des applications mobiles pour améliorer les soins. Le groupe de logiciels allemand SAP parle ainsi d’une application développée par un de ses salariés pour coordonner les soins entre de multiples spécialistes pour un enfant ayant un problème médical important.
«Ça contourne la question de la protection des données, car c’est contrôlé par un parent», souligne Rishi Diwan, un responsable produit de SAP, qui précise que l’application peut aider les personnes ayant des besoins spécifiques et que le groupe travaille pour la promouvoir auprès des associations s’occupant de malades d’alzheimer ou du cancer du sein.
Pour l’instant, SAP ne cherche pas à en retirer de l’argent, mais « nous réfléchissons à des moyens de travailler sur les dossiers médicaux électroniques», dit encore M. Diwan.
Une série d’exposants au dernier CES avaient montré des brassards pour les sportifs ou une série d’autres gadgets permettant de surveiller le pouls, la tension, la glycémie ou l’alimentation.
Beaucoup de ces appareils utilisent des technologies de transmission sans fil pour transmettre leurs données à un smartphone, un don du ciel pour Bastian Hauck, un navigateur atteint d’un diabète de type 1, qui s’emploie à promouvoir l’association Continua Health Alliance, soutenant l’usage des technologies mobiles dans le domaine de la santé.
M. Hauck explique à l’AFP qu’un patch Bluetooth transmet des données à son smartphone, l’aidant à surveiller sa glycémie en temps réel et à déterminer les meilleurs moments pour manger et prendre de l’insuline. «Traiter le diabète est comme un jeu de devinettes, dit-il, et vous devez le faire 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, il n’y a pas de répit».
Le joueur de football américain Matt Hasselbeck évoque aussi une calotte conçue par la société MC10, qui se place sous le casque d’un sportif et mesure l’impact des coups reçus sur la tête, avec l’objectif de mieux repérer les risques de blessures. «Cela n’empêche pas la commotion cérébrale, mais c’est une autre paire d’yeux sur l’athlète», a-t-il commenté.

